SCÈNE III
PHARASMANE, ZÉNOBIE, «cas le nom dlsMéniH;
ARSAME, MITRANE, HYDASPE, PHÉNICE,
CARDES
ph;^rasma.n£.
Que vois-jé? c'est mon fils! Dans Artanisse Arsame ! Quel dessein l'y conduit? Vous vous taisez^ madame! Arsame près de vous, Arsame dans ma cour.
Lorsque moi-même ici j'ignore son retour !
De ce trouble confus que faut-il que je pense?
(àArfame.)
Vous à qui j'ai remis le soin de ma Vengeance , Que j'bonorois enfin d'cm choix si glorieux , Parlez, prince; quel soin vous ramène en ces lieux? Quel besoin, quel projet a pu vous y conduire , Sans ordre de ma part, sans daignar m'en instruire?
ARSAME. \
Vos ennemis domtès , devois-je présumer Que mon retour, seigneur, pourroit vous alarmer? Ah ! vous connoissez trop et mon cœur et mon zèle^ Pour soupçonner le soin qui vees vous me rappelle. Croyez , après l'emploi que vous m'avez commis , Puisque vous me voyez, que tout vous est soumis. Lorsqu'au prix dç mon sang je vous couvre de gloire.
3o4 RHADAMISTHE ET ZÉNOBIE.
Lorsque tout retentit du bruit de ma victoire , Je lavoûrai , seigneur , pour prix de mes exploits , Que je n attendois pas l'accueil que je reçois. J'apprends de toutes parts que Rome et la Syrie , Que Corbulon armé menacent l'iberie :
Votre fils se flattoit^ conduit par son devoir. Qu'avec plaisir alors vous pourriez le revoir : Je ne soupçonnois pas que mon impatience Dût dans un cœur si grand jeter la défiance.
J attendois qu'on ouvrît pour m'offrir à vos yeux , Quand j'ai trouvé , seigneur, Isménie en ces lieux.
PHARASMANE.
Je crains peu Corbulon , les Romains , la Syrie : Contre ces noms fameux mon âme est aguerrie ; Et je n'approuve pas qu'un si généreux sqin Vous ait, sans mon aveu, ramené de si loin.
D'ailleurs, qu'a fait de plus, qji'a produit ce grand zèk, Que le devoir d'un fils et d'un sujet fidèle ? Doutez-vous, quels que soient vos services passés, Qu'un retour criminel les ait tous effacés?
Sachez que voire roi ne s'en souvient encore * Que pour ne point punir des projets qu'il i^ore. Quoi qu'il en soit, partez avant la fin du jour, Et courez à Colchos étouffer votre amour.
Je vous défends surtout de revoir Isménie.
Apprenez qu'à mon sort elle doit être unie ; Que l'hymen dès ce jour doit couronner mes feux ; Que cet unique objet de mes plus tendres vœux N'a que trop mérité la grandeur souveraine ; Votre esclave autrefois , aujourd'hui votre; reine :