SCÈNE IV
PHARÂSMÂNE, ZÉNOBIE, sotulenomd'IéKU»;
MITRANE, HYDASPE, PHÉNICE, gardes.
ZENOBIE.
Et de quel droit votre jalouse flamme Prétend-elle à ses vœux assujettir mon âme ?
Vous m'offi*ez vainement la suprême grandeH^: Ce n'est pas à ce prix qu'on obtiendra mon cœur. D'ailleurs^ que savez-vous, seigneur ^ si l'hyménée N'auroit point à quelque autre uni ma destinée ? Savez-vou^ si le sang à qui je dois le jour Me permet d'écouter vos vœux et votre amour ?
PHAKASMANE.
le ne sais en effet quel sang vous a fait naître :
Mais, fôit-il aussi beau qu'il mérite de l'être.
Le nom de Pharasmane est assez glorieux
Pour oser s'allier au sang même des dieux.
En vain à vos rigueurs vous joignez l'artifice :
Vains détours, puisque enfin il faut qu'on m'obéisse.
Je n'ai rien oublié pour obtenir vos vœux ;
Moins en roi qu'en amant j'ai fait parler mes feux :
Mais mon cœur, irrité d'une fierté si vaine,
Fait agir à son tour la grandeur souveraine;
Et, puisqu'il faut çn roi m'expliquer avec vous,
3o6 RHADAMISTHE ET ZÉNOBIE.
Redoutez mon pouvoir , ou du moins mon courroux, Et sachez que , malgré t^anoui" et sa puissance^ Les rois ne sont point faits à tant de résistance; Quoi que de mes transports vous vous soyez promis, Que tout, jusqu'à l'amour, doit leur être soumis , J'entrevois vos refus : c'est au retour d'Arsamé Que je dois le mépris dont vous payez ma flamme; Mais craignez que vos pleurs, avant la fin du jour^ D'un téméraire fils ne vengent mon amour.