‹ Œuvres de Crébillon (volume 2)Chapitre 266 sur 287 · ACTE IV, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE V

Vous ne la voyez pas, seigneur; votre grand cœur S'est fait un soin cruel d'en mépriser l'horreur : Mais moi, de vos mépris instruite par les larmes Qu'arrachent de mon cœur mes secrètes alarmes. Je crois déjà vous voir , le couteau dans le flanc , Expirer à mes pieds , noyé dans votre sang, Fuyez j épargnez-moi le terrible spectacle De vous voir dans mes bras égorger sans obstadie : Fuyez ; ne souillez point d'un plus long attentat Ces lieux oii vous devez n'entrer qu'avec éclat. Je vous dirai bien plus : quoique je la respecte , Votre vertu commence à m être ici suspecte.

Allez m'attendre ailleurs; laisse^ à mon amour Le soin de vous rejoindre et de fuir de la cour : Surtout n'exposez plus une si chère vie. -

DARIUS

Ma princesse , eh ! comment voulez^vow que je fuie? De ce palais sacré j'ignore les détours ; Et quand je les saurois, quel odieux recours ! Dût le ciel irrité lancer sur moi la foudre , A vous abandonner rien ne peut me résoudre.

C'est pour vous enlever de ces funestes lieux Qu'à mille affreux périls je ferme ici les yeux. Dussé-je contre moi voir s'armer ma princesse, J'attendrai qu'Artaban me tienne sa promesse : Après ce qu'il a fait et ce qu'il m'a promis , Nul soupçon de sa foi ne peut m'être permis.

AM^STK^S.

Malheureux ! à l'objet ^ue vous voyez paroître , Reconnoissez les soins que vous gardoit le traître.

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