SCÈNE VL ' ARTAXERCE, DARIUS, AMESTRIS
ARTAXERCE
Sur des avis secrets, peu suspects à ma foi.
En vain je m'attendois à* voir ce que je voi.
Au milieu de la nuit une telle entrevue,
En des lieux si sacrés, étoit si peu prévue.
Que , malgré le courroux dont mon cœiu' est saisi ,
J'ai peine à croire encor ce que je vois i«i.
Depuis quand aux humains ces lieux inaccessibles
Prêtent-ils aux amants des retraites paisibles ?
Ignore-t-on encor que ce lieu redouté
Est le séjour du trône et de la majesté ?
C'çst pousser un peu loin l'audace et l'imprudence ,
Que d'oser de vos feux lui faire confidence.
Qui jamais eût pensé qu'un prince vertueux.
Devenu moins soumis et moins respectueux.
N'écoutant désormais qu'un désespoir injuste ,
Eût osé violer une retraite auguste ,
Braver son père*, avoir un odieux recours
A ceux qu'il a chargés de veiller sur ses jours ?
Avec un tel appui, que prétendez-vous faire?
Qui vous fait en ces lieux mettre un pied téméraire?
DARIUS
Cesse de t'informer où tendent mes projets , Et ne pénètre point jusque dans- mes secrets. Crois-moi : loin d'abusier d'une injuste puissance^