SCÈNE V
IDOMÉNÉE, IDAMANTE.
IDAMA|fTE.
Malgré l'aflreux péfil du plw3 cr\iel naufi^age , On dît que vos vaisseaux vont quitter le rivage : Quoique de ces apprêt* ^lO^ coç^r soit alarmé , Je ne viens point, seigneur, pour en être informé ; Je sais de vos secrets respecter le mystère , Et l'on ne m'en fait plus l'heijreux dépositaire.
. ACTE III, SCÈUE V. 91
Mon cœur , que ce reproche accuse de changer , Vous tait des maux qu'il craint de vous voir partager. Il en est cependant dont il faut vous instruire.
(à pan)
Ces v^i^sç^uic..,. 1^ a{^rét$.... Ciel ! que lui vaîsrjedire ? Âh ! loon fiU I... Bfon^ mon eœur n'y sauroit consentir.
IDAMANTE. ^
Dieux ! que vous m'alarmez !
IDOMÉNl^E.
Mon fil$ ^ il faut partir.
IDAMA.NTE.
Qui doit partir ?
ipOMENEE.
]^Qi l Ciel ! qii'fiîitqiidsrie ?
IDOHÉNXE.
Vous-même.
Il falloit accepter l'offre du diadème.
Fuyez, mon fils, ftiyez un ciel trop r%eureux, Un rivage perfide, un père malheureux.
IDAMAKTE.
ciel ! qui m'a préparé cette horrible disgrâce ? La mort même entre nous ne peut mettre un espace. N'accablez point mon cœur* d'un pareil désespoir. Je goûte à peine, hélas ! le bien de vous revoir.... Pourquoi régner? pourquoi faut-il que je vous quitte? Quel «st donc le projet que votre âme médite ?
ga IDOMÉNÉE.
Voyez par quels périls vos jours sont menacés : Fuyez, n'insistez plus; je crains, c'en est assez. Jugez par mon amour de ce que je dois craindre , Puisqu'à nous séparer ce soin m'a pu contraindre ; Jugez de mes frayeurs.... Ah ! loin de ces climats Allez chercher des dieux qui ne se vengent pas.
Eh ! que pourroit m'offrir une terre étrangère. Que des dieux ennemis , si je ne vois mon père ? Vos dieux seront les miens : laissez-moi, près de vous, De ces dieux irrités partager le courroux.
IDOMENEE.
Ah ! fuye^moi.... fuyez le ciel qui m'environne. Fuyez , mon fils , fuyez.... puisque enfin je l'ordonne; Et, sans vous informer du secret de mes pleurs. Fuyez , ou redoutez le comhle des horreurs.
Avec vous à Samos conduisez Érixène.
IDAMANTE.
Seigneur.. ••
Ce ne doit plus être un bhjet de haine :
Des crimes de son père immolé par nos lois La fille n'a point dû porter l'injuste poids. Adieu : peut-être un jour le destin moins sévère Vous permettra , mon fils , de revoir votre père. Dérobez cependant à des dieux ennemis Une princesse aimable, un si généreux fils....
IDAMANTE.
Enxene ! eh I pourquoi compagne de ma fuite?