ACTE in, SCÈNE V
Expliquez. ••• Mais je vois que votre âme est instruite. Erixène, seigneur, m'est un présent bien doux ; Mais tout cède à l'horreur de m'éloigner de vous, A ce triste départ quel astre pouiroit luire? Voyez le désespoir où vous m'allez réduire.
En vain sur cet exil vous croyez me tenter :
Plus vous m'ofifrèz , seigneur , moins je puis vous quitter. Je vous dois trop, hélas !... Quelle tendresse extrême ! M'offrir en même jour et sceptre et ce que j'aime ! Non.... ^ *
IDOMÉNis.
Ce que vous aimez ?
IDAMANTE.
Ah ! pardonnez, seigneur; Je le vois, vous savez les secrets de mon cœur. Pardonnez : j^en ai fint un coupable mystère ; Non que pour vous tromper je voidusse m'en taire.... Mais d'un feu qu'en mon sein j'avois cru renfermer. Eh ! qui, seigneur, encore a pu vous informer? Ah ! quoiqu'il soit trop vrai que j'adore Érixène....
Poursuivez, dieux cruels ! ajoutez à ma peine : Me voilà parvenu , par tant dé niaux divers , A pouvoir défier le ciel et les enfers.
Je ne redoute plus votre courroux funeste , Impitoyables dieux ! ce coup en est le reste. Sur mon peuple à présent signalez vos fureurs; Et si ce n'est assez , versez-les dans nos cœurs. Voyez-nous tous les deux saisis de votre rage. Égorgés l'un par l'autre , achever votre ouvrage.
Par de nouveaux dangers arrachezrmoi des vœux :
Me ferez-yous jsutnais un sort plus malheureux?
IDAltANTE^
Où s'égare , seigneur > votre ânie furieuse?
Érixène cessoit de votis être odiefuse , Disie^-vous ; et pour elle un reste de pitié Séïnbloit vous dépouiller de toute inimitié.
Haïriez-vous toujours cet objet adorable ?
IDOMENEE*
Si je le haïssois , seriez-vous si coupable ?
Oh ! de tous les malheurs malheur le plus Ëital !
IDAMANTE^
Seigneur •...
Ah ! fils cruel, vous êtes mon rival !
IDAMANTE.
Ociel!
iùoménéé.
i)e quelle inaiA part le tt-aît qtii me bïesse ! Réserviez-vous, mon fils, ce prix à ïna tendi^esse? Je ne verrai donc plus dans mes tri^te^ étàti Que des dieux ennemis et des hommes ingrats ! Quoi ! toujours du! destin la* barbare injustice De tout ce qui m'est cher fei^a donc mon supplice ! Imprudent que j'écois ! et j'allois couronner Ce fils qu'à ma fiirc^ je dois abandonner î Mais c'en est fait, f amour de mon devoir décide.
lt)AMANTE.
Mon père....
O nom trop doux pour un fils si |>ei*fide ,