ACTE I, SCÈNE II. i4i
Son fbrÊilt mit au jour un prince mallieureux ; Il faut , par uii forfait , les en priver tous deux. Thyeste est sans soupçons , et son âme abusée Ne me croit occupé que de l'isle d'Eubée :
Je ne suis en effet descendu dans ces lieux 'Que pour mieux dérober mon secret à ses yeux- Âthèues , disposée à servir ma vengeance , Avec n^i dès long-temps agit d'intelligence ; Et son roi , craignant tout de ma juste fureur, ^ De son nom seulement cherche à couvrir l'honneur. Du jour que mes vaisseaux menaceront Athènes , De ce jour tu verras Thyeste dans mes chaînes : Ma flotte me répond de ce qu'on m'a promis j Je répondrai bientôt et du père et du fils.
EURISTHÈNE.
Eh bien ! sur votre frère épuisez votre haine ; Mais du moins épargnez les vertus de Plisthèrtfe.
ATRÉE
Plisthène, né d'un sang au crime accoutumé, Ne démentira point le sang qui l'a formé; Et comme il a déjà tous les traits de sa mère , U auroit quelque jour les vices de son père.
Quel peut être le fruit d'un couple incestueux ? Moinnême j'avois cru Thyeste vertueux :
Il m'a trompé ; son fils me tromperoit de même. D'ailleurs il lui faudroit laisser mon diadème ; Le titre de mon fils l'assure de ce ra;ig :
En faudra-t-il pour lui priver mon propre sang? Que dis-je ? pour venger l'affront le pins funeste, En dépouiller mes fils pour le fils de Thyeste ?
i42 ÂTRÉE ET THYESTE.
C'est ma seule fureur qui prolonge ses jours j Il est temps désormais qu elle en tranche le cours* Je veux , par les forfaits où ma haine me livre. Me payer des moments que je l'ai laissé vivre. Que l'on approuve ou non un dessein si fatal , Il m'est doux de verser tout le sang d'un rival.... Mais Plisthène paroit. Soqge que ma vengeance Renferme des secrets consacrés au silence*