‹ Œuvres de CrébillonChapitre 123 sur 158 · ACTE II , SCENE I. ao · texte numérisé non relu

ACTE II , SCENE I. ao

Mais apprends des malheurs qui te feront frémir. Des malheurs dont Tydée à jamais doit gémir.

Entraîné , malgré moi , dans ce palais fnneste Par un désir secret-tle voir la sosar d*Oreste, Hier, ayant la nuit, j'arrire dans ces lieux. La superbe Mycène offre un temple à mes yeux : Je cours y consulter le dieu qu'on y révère»

Sur moù sort , sur celui d'Oreste et de mon père. Mais à peine aux autels je me fus prosterné, Qii*à mon abord fatal tout parut consterné :

Le temple retentit d'un funèbre murmure ; (Je ne suis cependant meurtrier ni parjure.) J'embrasse les autels , rempli d'un saint respect; Le prêtre épouvanté recule à mon aspect , Et, sourd à mes souhaits , refuse de répondre : Sous ses pieds et les miens tout semble se confondre. L'autel tremble ; le dien se voile à nos regards, Et de pAles éclairs s*arme de toutes parts :

L'antre ne nous répond qn*à grands coups de tonnerre^ Que le ciel en courroux fait gronder sous la terre. Je l'avoue, Anténor; je sentis la frayeur.

Pour la première fois , s*emparer de mon cœur. A tant d'horreurs fBpUi succède un long silence. Du dieu qui se voilait 3,'implore l'assistance : «( Ecoute-moi , grand dieu ; sois sensible à mes cris: D'un ami malheureux, d'un plus malheureux fila. Dieu puissant , m'écrisi-je , exauce la prière ; Paigne sur ce qu'il craint lui prêter ta lumière. » Alors , ptnni les pleurs et parmi les sanglots ^

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«)8 ËLECTHÉ.

Une Infjfulsre rmx fit entendre ces mots :

«I Gesse de me presser sur le destin d*Oreste ;

l*oar en être éclairci tu m'implores en rafn :

Jamais destin ne Ait pins triste et pins funeste.

Redoute pour toi-même un semblaltle destin.

Apaise cependant les mânes de ton père :

Ton bras seul doit renger ce héros malhearenx

B*aoe main qui lui fut bien fatale et bien chère ;

Mais crains , en le rengeant, le sort le plus afifireax. «

Une main qui lui fut bien fatale et bien chère !

Ma mère ne vit plus » et je n'ai point de frère.

Juste ciel ! et sur qui doit tomber mon courroox ?

De ces lieux cependant fuyons, arrachons-nouf.

Allons trouver le roi... Mais je vois la princesse.

Ahl fuyons; mes malheurs» mon devoir, tout m*en pretfc:

Partons « dérobons-nous la douceur d'tin adieu.

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