‹ Œuvres de CrébillonChapitre 127 sur 158 · EGISTHE · texte numérisé non relu

EGISTHE

Un intérêt trop cher s'oppose à ce départ :

ACTEU, SCENE IV. si3

Argot perdrait en tous son plos ferme rempart.

Des bérof tels que tous, sitôt qu'on les possède,

Spnt , pour les pins grande rois , d'un prix à qui tout cède<

Heureux si je ponTais , par les plus forts liens ,

Attacher pour jamais vos intérêts aux miens I

Je TOUS dois le salut de tonte ma famille ,

Et ne yeux poipt sans tous disposer de ma fille.

TT9U » à part.

Ciel 1 ah tend ce discours 7

«aiaiva.

Oui, Seigneur, c'est en Tain Qu'arec la paix un roi me demande sa main :

Quelque éclatant que soit un pareil byménée , An sort d'un autre époi^x ma fille est destinée; Sûr de vaincre avec tous , je crains peu désormais Tout le péril que suit le refus de la paix.

Il ne tient pins qu'à tous d'affermir ma pnissaoce. J'ai besoin d'une main qui serve ma Teugeance , Kt qui fasse tomber dans l'étemelle nuit L'ennemi déclaré que ma haine poursuit , Qui me poursuit moi-même , et que mon eceur déteste* Pointd'bymen, quel qu'il soit, sans la tète d'Oreste : Ma fille est à ce prix s et cet effort si grand , Ce n'est que de tous seul que ma haine l'attend.

TTt»BB.

De moi ? Seigneur? de moi ? juste ciel !

iGÏSTHS.

De Tous-méme« Calmes d« c« tranaporl la Tiol«BC« e»tr4|ne.

ai4 ELECTRE.

Quelle horreur vona inspire un si juste dessein i

Je demande un Ten|[eur, et non un assassin.

Lorsque, pour détourner ma mort qu'il «jurée,

J*exige tout le sang du petit-fils d*Atrée ,

Je n*ai point prétendu , Seigneur, que votre bras

Le fit couler ailleurs qu'au milieu des combats.

Oreste roit partout voler sa renommée ;

La Grèce en est remplie, et TÀsie alarmée;

Ses exploits seuls devraient vous en rendre jaloax;

C'est le seul ennemi qui soit digne de tous.

Courez donc l'immoler ; c'est la seule victoire ,

Parmi tant de lauriers , qui manque à votre gloire.

Dites un mot , Seigneur ; soldats et matelots

Seront prêts avec vous à traverser les flots.

Si ma fille est un bien qui vous paraisse digne

De porter votre cœur à cet effort insigne ,

Pour vous associer à ce rang glorieux

Je ne consulte point quels furent vos aïeux.

Lorsqu'on a les vertus que vous faites paraître ,

On est du sang des dieux , on digne au moins d'en être*

Quoi qu'il en soit. Seigneur, pour servir mon courroux

Je ne veux qu'un héros , et je le trouve en vous.

Me serais-je flatté d'une vaine espérance ,

Quand j'ai fondé sur vous l'espoir de ma vengeance ?

Vous ne répondez pointi Ah ! qu'est-ce que je voi ?

TTDix. La juste horreur du coup qu'on exige de moi.

Mais il faut aujourd'hui , par plus de confiance , I^ayer de v«tro««Bur l'affreuse confidence.

Page 1