ACTE I , SCENE II. a
lie ciel Toaliit ea Tain ne rendre furienz ; lit nature à so« tour Ût taire tona lea diemc. Sophronyme, qni reut peut braver leur poiatance; Mais ne peut pas qui veut éviter leur Tengeauce. ^A peine de la Crète ens-je touché les borda , Qne je la vis remplir de mouraoa et de morts. En vain j'adresse au ciel une {Mainte importune ; J*ai trouvé tous les dieux du parti de Neptune.
sopHnomniB.
QuVspérex-vous des dieux en leur manquant de loi?
IDOIléxiB.
Qne du moins leur courroux n'accablera que moi ; Que le ciel , fatigaé d'une injuste vengeanco , Plus équitable enfin , punira qui Toffense ; Qne je ne verrai point la colère des dieux S*immoler par mea mains un sang si précieux.
aOPHROVYMB.
Seigneur, à ce dessein vous mettes un obstacle : Pourquoi pur Égéaip|)e interroger l'oracle? Tos peuplée , informés du sort de votre fils* Tondront d« leur salut que son sang soit le prix.
iDOMÉvéu.
Que le ciel, que la Crète à l'envi le demandent, n '«tlfenda point que mes mains à leur grêle répandent. J'interroge lea dieux ! ce n'est pas sans frayeur : L'omcle eat trop écrit dans le fond de mon corar. J'iotcrroge lea dieux 1 qne veux-tu que je fasse ? Po«Tais-je ù mes sujeta refuser oette grAce ? Uft p«npl« infurtuné m'en prusae par §•» cris :
J'ai résisté long-temps , À la fia j*y sonacris. Tu Tois trop à qael prix il faut le satisfaire. ISe puis-je être son roi qu'en cessant d'être père ? Mais pourquoi m'alarmer ? Les dieux pourraient parler. Non , les dieux sur ce point n'ont rien à révéler. Que le ciel parle ou non sur ce cruel mystère, ** Ne puis-je pas forcer Égésippe à se taire ?
SOPHHOVTMK.
Il se tairait en vain : par le ciel irrité
Son silence , Seigneur, sera-t-il imité ?
A se taire long- temps pourrez-TOusle contraindre ?
Que je prévois de maux ! que tous êtes à plaindre !
IDOMiirBK.
Tu me plains : mais , malgré ta sincère amitié , .Tu n'auras pas toujours cette même pitié , Quand tu sauras les maux dont le destin m'accable» Et que l'amour a part à mon sort déplorable.... Je vois , à ce nom seul , ta vertu s'alarmer ; Et la mienne a long-temps craint de t'en informer. Tu sais que Mérion , à mon retour d'Asie , De son sang criminel paya sa perfidie :
Lorsque je refusais une victime aux dieux , J'osai bien m'immoler ce prince ambitieux. Qu'il m'en coûte ! Sa fille, en ces lieux amenée, Érixène a comblé les maux d'Idoménée.
Croirais-tu que mon cœur, nourri dans les hasarda » N'a pu de deux beaux yeux soutenir les regarda ;' Et que j'adore enfin, trop facile et trop tendre. Les restes de ce sang que je viens de répandre ?
ACTEI, SCENE II. ,5
SOPHROXTTMH.
Qaoi! seigneur, tous aimez! et parmi tant de maux. ..
IDOMiKÉB.
Cet amour dans mon césar s'est formé dès Samoa.
Mérion » incertain du succès de ses armes ,
T crut mettre sa fille à Fabri des alarma.
Je la vis , je Taimai ; conduite par Àrcas ,
Je la fis dans ces lieux amener sur mes pas.
Il semble qu'une fille à mes regards si chère \
"Ùewaît me dérober la tète de s6b père ;
Mais Vénus , attentive à se venger de moi ,
Fit bientôt dans mou cœur céder l'amant au roi.
J'immolai Mérion , et ma naissante flamme
En Tain eu sa faveur combattit dans mon aroe ;
Ténus V qui me gardait de sinistres amours »
De ce prince odieux me fit tranchet les jours.
Que dia-je ? dans le sang du père d'Érixène
J'espérais étouffer mon amour et ma baiite :
Je m'abnsab ; mon cœur, par un triste retour ,
Défait de son courroux, n'en eut que plus d'amour.
Si depuis mes malheurs je ne l'ai pas ru naître ,
Em dois-je moins rougir d'avoir pu le connaître ?
SOPHaCHTlIS.
Menacé chaque jour du sort le plus affreux , Woarriaae» vous , Seigneur, un amour dangereux?
xnoMiirKK.
Je ne le nourris point , puisque je le déteste : C*étaût des dieux vengeurs le coup le plus funeste. Qne n'a point fait mon caur pour affaiblir le trait l
W9m^^^ . A ji^ ■ ' ' •■'-'■ • ^'
a6 IDOMÉNÉE.