SCÈNE IV
• ATRÉE, seul.
TjL périr, malbenrenx, mais, dans ton tort funeste. Cent fois moins malheureux que le Uche Thyeste. Que je suis satisfait ; que de pleurs tout couler Pour ce fils qu'à ma rage on est près d'immoler ! Qnel que soit en ces lieux son supplice barbare , C'est le moindre tourment qu'à Thyeste il prépare. Ce fils infortuné, cet objet de ses fœux.
Va dcTenir pour lui l'objet le plus affreux.
Je ne te l'ai rendu que pour te le reprendre ,
JU2TBV, SCfiNElV. tdg
Et Dfl te Ifl ravis que pour miç ux te ie rendre. Oui, je Toudrait ponroir, au grétie ma fureur, \ Le porter tout saugiaut jus({o*au fond de ton cœur. i Quel qu'eu aoitle forfait, un dessein si funeste, S*il n*est digne d*Atrée , est digne de Thyeste. De son fits tout sanglant , de sou malheureux fils , Je Teux que dans son sein il entende les cris. - C*est en toi*méine , ingrat , qu*il faut que ma rictïme, Ce fruit de tes amours , aille expier ton crime... Je frissonne, et je sens mou ame se troubler... C*est à ibon ennemi qu'il convient de trembler. Qui cède à la pitié mérite ^u'on l'offense.
Il faut un terme au crime , et non à la vengeance. Tout est prêt, et déjà dans mon cœur furieux Je goûte le plaisir Ir plus parfait des dieux : Je vais être vengé. Thyeste, quelle joie!
Je vais jouir des maux où tuvas être en proie. Ce n*est de ses forftdts se venger qn*à demi , Que d'accabler de loin un perfide ennemi :
Il faut, pour bien jouir de son sort déplorable , Le voir dans le moment qu'il devient misérable , De ses premiers transports irriter la douleur , Et lui faire à longs traits sentir tout son malheur.
i7« ATAÉ£ ET THYESTB.
SCÈNE V
AT&ÉE, THTESTE, Gàrou.
▲TRÉ£, bas.
Thtbstb vient ; feignons. Il semble , à sa tristesse, Qne de son sort alKreox ^qoçlque soupçon le presse.
{haut,) Cher Thyeste y approchez. D*oà. natt cette fra jeur 7 Quel déplaisir si prompt peut troubler votre cœur ? Vous paraissez saisi d*iuie douleur secrète , Et ne me montrez plus cette ame satis&ite Qui semblait respirer la douceur de la paix : Ne sera4t-elle plus vos plus tendras, souhaits? Quoi ! de quelques soupçons votre ame est-elle atteinte ? Ce jour » cet heureux jour est-il fait pour la^crainte ? Mon frère , vous devez la bannir désormais; La coupe va bientôt nous unir pour jamais.
Goùtez-vous la douceur d'une paix si parfaite f Et la souhaitez-vous comme je la souhaite?
N'êtes -TOUS pas sensible à ce rare bonheur?
THTSaTE.
Qui ? moi , vous soupçonner ou vous hair. Seigneur ! Les dieux m*en sout témoins, ces dieux qu'ici j'atteste. Qui lisent mieux que tous dans l'ame de Thyeste. Ne vous offensez point d'une vaine terreur Qui semble , malgré moi , s'emparer de mon cosur. Jf le sens agité d'une douleur mortelle ;