L ENFER. CHANT XXVIII. 26S
Tandis que je le considérais avec attention, il me regarda, et de ses mains s'entr'ouvrant la poitrine, il me dit : « Vois comme je me déchire!
» Vois comme Mahomet est estropié; devant moi marche Aly, tout en pleurs, le visage ouvert depuis le menton jusqu'au crâne*.
» Tous les autres que tu aperçois ici ont été vivants; et, pour avoir semé le scandde et le schisme sur terre, ils sont fendus ainsi.
» Un diable est là derrière qui nous frappe ainsi cruellement , remettant sous le tranchant de son épée chacun de cette troupe,
» Quand nous avons fini le tour du chemin des pleurs, parce que nos blessures sont refermées lorsque nous reparaissons devant lui.
» Mais toi, qui es-tu, toi qui restes là-haut sur le ro.".her, peut-être pour aller plus tard au supplice que t'ont mérité tes propres accusations?
— Celui-ci n'est pas encore mort, et n'est pas conduit aux tourments par sa faute, répondit mon maître; il est amené ici pour connaître tous les supplices.
» Moi qui suis mort, je suis chargé de le promener de cercle en cercle par tout l'Enfer; et cela est vrai comme je parle, d
A ces mots, plus de cent damnés s'arrêtèrent dans la fosse pour me regarder, et de surprise oublièrent leur tourment.
(1 Toi qui peut-être reverras dans peu le soleii, dis à Fra Dulcinoque, s'il ne veut pas venir me joindre ici bientôt,
» Il fasse provision de vivres, et ne se laisse pas entourer par la neige; car, sans la famine et la neige, le Novaiais pourrait difficilement le vaincre*. »
> Aly, ooaiiD de MabomeU
* Frère Dol:iDo prêchait, en 1305, dans les montagne* de Novare, la commnoani^ des femmes e*. dei bien». 11 avait réuni plus de trois mille sectaires. Poursuivi pjr les troupes ds l'ëvèque de Bënëvcnt, il Tut pris avec sa Tcmme Marguerite, cl krftlë vif avec eU« dans la ville de Novare. Leur courage dans les supplices fut kéroIqM.
270 LA DlVlISt C MÉDIE.
Après avoir levé le pied pour s'éloigno'- ^ï-^'^^met me dit ces paroles; puis il l'allongea et partit.
Un autre, dont la gorge était percëc , w nez coupé jusqu'aux sourcils, et qui n'avait plus qu'une oreille,
Étant resté à me regarder, plein d'étonnement avec les autres esprits, ouvrit devant eux le trou de sa bouche toute vermeille de sang.
Et il dit : « 0 loi, qu'aucune faute n'amène ici; toi, que j'ai vu là-haut, sur la terre latine, à moins qu'une trop grande ressemblance ne me tiompe,
» Souviens-toi de Pierre de Medicina * , si tu retournes jamais dans la douce plaine qui descend de Vercelli à Marcabo,
» Fais savoir aux deux meilleurs de Fano, à messire Giiido, et aussi à Angiolello, que, si la prévision n'est pas vaine en ces lieux,
» Us seront précipités d'une barque , et noyés orès de U Cattolica, par la traliison d'un tyran félon*.
» De l'île de Chypre à l'île de Majorque, Neptune n'a jaaiais vu commettre un si grand crime par les forbans ou ia race des Grecs.
» Ce traître, qui ne voit qu'avec un œil et qui gouverne la terre, où, tel qui est ici près de moi, W voudrait n'avoir jamais été,
« Les appellera à une conférence avec lui, et puis fera si bien, que vœux et prières n'auront pas besoin d'agir contre le vent de Focara *. »
Et moi, je lui répondis: « Indique-moi, situ veu$ que je parle de toi là-haut, quel est celui à qui l'aspect de ce pay» fiit si amer. »
Alors il porta la main à la mâchoire d'un de ses compa-
' Medicina tirait son nom Af. Medictna, terre dans e Bolonais. C'est un inttigant q«i sema la division ontre Iff peiipi*- et les gentilshommes bolonais, l>s sfigneor <ie Ravcnne et de Rimini. (M.)
* Malatesta, tyran de Himinl.
• C'est-à-dire, ils n'auront olut à redouter le vent qui tombe de la monta^ac M Focara.
l'enfer, chant xxviii. 27!
gnons, et lui ouvrit la bouche en criant : « Le voilà ; mais il ne parle pas. »
C'était celui qui, chassé de Rome, étouffa le cloute au cœur de César, en affirmant que, pour l'homme préparé, 1 est toujours dangereux d'attendre *.
Oh ! comme il me paraissait épouvanté, avec sa langue tianchée dans le gosier, ce Curion qui fut si hardi à parler !
Un autre, qui avait les deux mains tronquées, levait ses moignons dans Tair sombre, tant que le sang qui coulait d'en haut lui faisait la figure toute noire.
Et criait : « Tu te souviendras aussi de Mosca * ; hélas ! c'est moi qui dis : a Une chose faite doit avoir sa fin. » De ce mot germa le malheur de la Toscane ;
— Et la mort de toute ta race ! » ajoutai-je. Lui, alors, entassant douleurs sur douleurs, s'éloigna comme une personne en démence.
Moi, je continuai de regarder la bande infernale; alors je vis ce que je n'oserais conter sans autre témoignage,
Si je n'étais rassuré par la conscience, cette bonne compagne, qui, sous l'armure de sa pureté, fortifie tant le cœur de l'homme ;
Je vis certes, et il me semble encore que je le vois, un corps sans tête marcher aussi bien que marchait le reste du triste t^-oupeau,
n tenait à la main sa tête coupée, suspendue par les cheveux, en guise de lanterne, et elle nous regardait, et disait: tt Hélas! »
' CarioD, chatsë du «cnat comme ami de CëtW) alla le rqoiedre et le dcxidk à ntter ie Rubicon :
ToUe norai, Docoit cenper differre paratis.
(Luc, PAar«., 1. Tiil.)
* BuoodelniontR avait promis d'epoutcr uae fiUe de la maison dot Amidci, quan4 IM* à conp il ri>ousa une Donati. — Ce changement (ubit excita les plaintes de< Amidci : lei Uberti et le» Lamberti te joifjnirent à eux pour punir Buondelmonie. Les plus anciens voulaient qu'on se conduisit avec prudence ; mais Mosca, bouillant (le colère, conseilla de tuer à Plieure même nuoiidelmonle, auquel il porta plusieurs coups de poignard. Cette tragédie enracta toutes les discussions uni tr»' vaiUèreo: la républit^ue de Florence. (M.)
Î72 lA DIVINE COMEDm.
Le corps se faisait («e lui-même une lampe; Ils étaient àeux en un, et un en deux : comment cela peut être, celui- /à le sait qui est le maître el le vengeur.
Quand Û fut ariivé juste au pied du pont, il éleva son bras avec toute sa tête pour approcher de nous sa parole.
Qui fut celle-ci : « Vois mon tourment cruel, toi qui en respirant vas visitant les morts, vois s'il est un plus grand supplice que le mien.
» Et pour que tu portes de moi des nouvelles, sache que je lus Bertrand de Bom, celui qui donna de mauvais conseils au roi Jean*.
« J'armai le père et le fils l'un contre l'autre; Achitoplicl n'excita pas, par de plus méchants aiguillons, Absal^n contre David.
» Pour avoir divisé ceux que la nature avait unis, je porte ma tête séparée, hélas! de son principe, qui reste enfermé dans ce tronc.
« Ainsi s'observe en moi la loi du talion. »
CHANT XXIX
Oizième et dernière fosse dn hnitième cercle, ou des Charlatans et des Pansuirei. — Ils sont couverts de lèpres. •'- Graffolino d'Arezzo et Capocebio de Sienne.
Cette foule innombrable et ces divers supplices avaient tellement enivré mes yeux , que j'aurais désiré m'arrêter pour pleurer.
Mais Virgile me dit : « Que regardes-tu donc? pourquoi ta vue s'obstine-t-elle à contempler là-bas ces ombres tristes et mutilées ?
» Tu n'as pas fait cela dans les autres fosses : si lu es-
> Bertrand de Born, vicomte de Haateiort, en Gascogne, à la 6d du doutiéiM itècle, lit révolter Jeua^ qaalrième fils da lenri II, roi d'Angleterre, contre koa
l'enfer, chant XXIX. 273
pères compter ces âmes, pense que la vallée a vingt-deux milles de tour.
» Et déjà la lune est sous nos pieds. Le temps qui nous & été accordé est bien court désormais, et tu verras bien d*autres choses que tu n'imagines pas.
— Si tu avais été attentif, répondis-je, à la cause qui me faisait regarder, peut-être m'aurais-tu permis de m'arrêter encore. »
Mon guide s'éloignait déjà, et je le suivais tout en lui répondant ; et j'ajoutai : a Dans ce gouffre,
» Où je tenais les yeux fixés, je crois qu'un des esprits de mon sang plpure sa faute, qui, là-bas, lui coûte si cher. »
Alors le maître me dit : « N'attendris pas plus longtemps ta pensée sur cet esprit ; songe à autre uiose, et que, lui, il reste où il est.
» Je l'ai vu au pied du pont te montrer et te menacer vivement du doigt, et je l'ai ouï nommer Geri del Bello*.
» Mais tu étais alors tellement occupé de celui qui gouverna Hautefort, que tu n'as regardé en cet endroit qu'aprè? qu'il était parti*.
— 0 mon guide! sa mort violente, qui n'a encore étt vengée, répondis-je, par aucun de nous, complices de la honte,
» Voilà ce qui le rend si dédaigneux; voilà pourquoi il s'en est allé sans me parler, je le suppose; et son action me le rend encore plus cher. »
Nous parlâmes ainsi jusqu'au premier endroit d'où Ton découvrirait du roc l'autre vallée jusqu'au fond, s'il y avait plus de clarté.
Quand nous fûmes arrivés au-dessus de ce dernier cloître de Malebolge, de manière que les habitants pouvaient paraître à nos yeux.
Divers cris lamentables, dont la pitié faisait nutam de
' Gcri dcl Bcllo, parent du Dante du cote maternel, nt lufe par an dct Sacciict* g» mort ne fut vengée t;ue trente ani après par Cioae dei Bfllo, ion nef' ' Bertrand de fioro, gouverneur 4q llauleforU
flèches f'o fer, me percèrent lo cœur, de sorte que je me couvris les oreilles avec les mains.
Si, dans le mois qui sépare juillet et septembre , les hôpitaux de Valdichiana* et les malades des Maremmes* et de la Sardaigne,
Étaient réunis dans une seule fosse, ce serait > " <;npj>, tacle de douleurs comme celui que je vis.
Il sortait de ce gouffre une puanteur pareille ù «.a nu ^ui s'échappe des membres gangrenés.
Nous descendîmes à main gauche, sur le dernier bord de ce long rocher, et alors mon regard pénétra plus vivement
Jusqu'au fond de ce gouffre, où la Justice infaillible, ministre du Très-Haut, punit les faussaires qu'elle a enregistrés.
Je ne crois pas que le peuple d'Égine, malade tout entieï lorsque l'air fut tellement rempli de vapeurs malignes,
Que les animaux, jusqu'au plus petit ver, périrent tous, et que les nations antiques, selon aue les poêles en ont témoigné.
Se renouvelèrent par la semence des fourmis, fût aussi triste à voir que l'étaient dans cette obscure vallée ces esprits languissants en différents monceaux'.
L'un gisait sur le ventre , l'autre sur les épaules de son voisin; cet autre rampait à quatre pattes à travers le triste chemin;
Nous marchions pas à pas sans parler, regardant et écoutant ces malades, qui ne pouvaient soulever leur corps.
J'en vis deux assis, et appuyés l'un sur l'autre, comme on appuie, pour les chauffer, tourtière sur tourtière, et qui étaient, de la tête aux pieds, maculés de croûtes.
Et je n'ai jamais vu de valet, attendu par son maître ou veillant malgré lui, promener l'étrille aussi vite
' Cette vtllée, dont le nom Tient du marais Cbiana, est située entre Arcuo, Cortone, Cbioji et llontepulciaoo.
» Los Maremmet •Viendenl de Pi«e & Sienne.
* Soui ie re^e d'Éaque, bis de Jupiter, leqnel repeupla l'Ue en cliaDgeant Im iMumis en komiBefl/ D'où leur nora de Minuidoni.
l'enfetk. chant xm. 275
Qae chacune de ces ombres promenait sui elle , sans relâche, la morsure de ses ongles, pour calmer la terrible rage de ces démangeaisons, contre lesquelles il n'y avait pas !e secours.
Elles arrachaient avec ^em^ ongles les croûtes de la lèpre, comme le couteau arrache les écailles du scare ou celles, plus larçes encore, d'un autre poisson.
« 0 toi, qui défais les mailles de ta peau avec tes doigts, dit mon guide à l'Une d'elles, et qui en fais comme des tenailles,
» Dis-moi s'il y a quelque Latin parmi ceux qui sont ici, et pusse ton ongle suffire éternellement à ce labeur!
— Nous gommes Latins, nous deux que tu vois si déformés, répondit l'un en pleurant; mais qui eshtu, toi qui nous interroges? »
ilon guide répondit : « Je suis un esprit descendu avec ce vivant, de degré en degré, et je suis chargé de lui montrer l'Enfer. »
Les deux ombres alors rompent leur appui commun, et chacune en tremblant se retourne vers moi, avec d'autres encore qui avaient entendu par contre-coup.
Le bon maître alors se mit tout contre moi, en me disant : a Dis-leur ce que tu veux; » et moi, je commençai, puisqu'il le permettait :
a Que vofre souvenir ne s'efface pas dans la monde qu'habite d'abord l'àme humaine, mais qu'il vive sous plusieurs soleils !
» Dites-moi qui vous êtes et de quelle nation ; que ce supplice honteux et insupportable ne vous empêche pas de vous ouvrir à moi.
— Je suisxl'ArezEO, répondit une de ces ombres; Albert de Sienne me fit jeter au feu. Mais ce n'est pas la cause de ma mort qui m'a conduit ici.
j) H est vrai qu'en lui parlant, je lui dis par plaisanterie: « Je saurais m'enlevcr en l'air et voler; » et lui, homme de peu de sens et curieux,
» Voulut que je lui montrasse cet art, et, parce que je
276 LA DiviNK coMÉrm:.
n'en fis pas un Dédale, il me fit brûler par celui qui le tenait pour son fils*.
» C'est pour m'être seni de l'alchimie dans le monde, que j'ai été condamné à souffrir dans le dernier des dix cercles par Minos, à qui il n'est pas permis de faillir. »
Et je dis au poète : a Fut-il jamais une nation plus vaine que la nation siennoise? Non certes, pas même la nation française. »
Alors l'autre lépreux, qui m'avait entendu, répondit à mes paroles : « Otes-en Striccti, qui sut faire des dépenses si modérées*,
» Et,Nicolo, qui découvrit le premier l'usage luxueiix du clou de girofle dans le jardin où germe cette graine ;
» Otes-en encore la société dans laquelle Caccia d'Asciano dissipa ses vignes et ses bois, et i'Abbagliato montra son bon sens.
» Mais pour que tu saches qui te seconde ainsi contre les Siennois, dirige vers moi tes veux de manière que ma figure te réponde.
» Tu verras que je suis l'ombre de Capocchio, qui falsifia les métaux à l'aide de l'alchimie, et tu dois te souvenir, si je t'ai bien envisagé *,
» Que je fus un bon singe de ma uature. »
* Griffoliao d'Areno fut condamne an feu, comme sorcier , par l'cvéqae d« Sieooe.
* Ironie contre Stricca, qai se mina par on iuxe immoderë, et contre d'autre* dissipateurs de S''t;nBe.
' Le Sieaoois "apowUo avait étudié la physique et l'histoire Batureile avM Dut«.
l'exfer. chakt ïïs. 271
CHANT XXX
Suite. — Trois sortes de Fanssaires. — !• Ceux qui prennent la hgure d'autre» personnes; ils ne cessent de se poursuivre en se mordant. - 2* Les Faux Jton nayeurs; ils sont attaqués d'hydropisie et d'une soif inextinguible. — 3» Les Calomniateurs; la fièvre les dévore. — Slaîlre Adam, Sinon.
Dans le temps que Junon, jalouse de Sémélé, était irritée contre le sang the'bain, comme elle en donna la preuve mainte et mainte fois,
Athamas devint si insensé, qu'en voyarlt venir sa femme et ses deux enfants, qu'elle tenait dans chacune de ses mains,
Il s'écria : « Tendons les rets, que je prenne au passage la lionne et les lionceaux; » et il étendit aussitôt des serres impitoyables ,
Et prenant l'un, de ses enfants, nommé Léarque, il le fit tourner en l'air et le brisa contre un rocher^ et la mère se noya avec son autre fardeau.
Lorsque la fortune abattit la grandeur des Troyens, prêts à tout oser, si bien que le royaiune et son souverain tombèrent en même temps,
Hécube, triste, misérable et captive, après avoir vu Polyxène morte, et le corps de son Polydore gisant sur le rivage
De la mer, fut si cruellement déchirée par la douleur , que la forcenée aboya comme une chienne,, tant la doukMir lui avait renversé l'esprit.
Mais ni les Thébains ni les Troyens furieux ne montrèxent autant de cruauté à torturer des animaux ou des corps bumains ,
Que ne m'en firent voir deux ombres blafardes et nues, qui couraient en mordant, comme un porc lorsqu'il s'échappe de son étable.
L'une d'elles courut sur Capocchio, lui assena un coup sur la nuque, et, l'entraînant, lui fait gratter avec le ventre le rude terrain ;
I/Arétin* en demeura tiemblant, et me dit : « Ce furièui est (lianni Schicci*, et sa rage va maltraitant ainsi les autres.
— Oli ! lui dis-je, si l'autre ombre ne vient pas enfoncer SCS dents en ton corps, n'aie pas regret de me dire qui elle est avant qu'elle disparaisse. »
Et lui à moi : « C'est l'âme antique de iMe Myrrha criminelle, qui devint l'amante de son pèi'e, contre la loi de l'amour honnête ;
» Afin de commettre ce péchc avec son père, elle se déguisa sous une forme étrangère, de. même que cet autre, qai marche plus loin et qui souffrit,
» Afin de gagner la reine du haras, qu'c^L le fit passer pour Buoso Donati en testant, et en donnant au testament les formes légales. »
Après que ces deux furieux, sur lesquels j'avais arrêté les yeux, furent passés, je les détournai pour regarder les autres ombres qui naquirent méchantes;
J'en vis une faite à la manière d'un luth, si elle avait eu l'âme coupée à Tendi-oit où le corps se divise comme mie fourche ;
La pesante hydropisie, qui rend les membres si disproportionnés par l'effet de l'humeur se dénaturant, que le visage ne répond plus au ventre.
Lui faisait tenir les lèvres ouvertes, comme un étiquo, loi-squ'U a soif, rapproche ses lèvres, l'une de son menton, l'autre de son nez :
tt 6 vous , qiii ne souffrez aucune peine dans ce monde
' C'estrà-djre Gnffolin, qui était de la ville d'Arczio.
« c Ce Jean Schicci lut de la famille de» Cavalcami,de Florence, propre .1 rvmtrefaJre tous ceux qu'il vouloit imiter, li bien qu'ëtaut ami de Siniou Doutai, au* qtiel mourut roesser Buosc Donati, son proch" parent, sans tester, toulofois il m puuroit iui succéder, pour ce que ledit Buoso nvoit d'autres parents plus proches. l>oiicqucs Simon Donati, pour être héritier, cacha quelques jours le corpt dudit hiioso Donati mort, faisant qu'il étoit encore malade, et fit mettre en son lit son :>on ami Gianni Schicci, qui, contrefaisant Donati, lit uu tesUment et laissa heritier ledit Simon, avec lequel il avoit conTenn premièrement de lui donner nne ca' *a!c 'tt- ^Tiod prix de son liaras, nommée la Donna délia Torm», > (GrangierU