‹ uvres de Dante AlighieriChapitre 55 sur 106 · LE PURGATOIRE. CHANT XXV · texte numérisé non relu

LE PURGATOIRE. CHANT XXV

w Et si tu fléchissais comme en faisant votre image glisser, elle glisse dans le miroir, ce qui te paraît dur te paraîtrait mou.

» Mais pour que ton désir soit contenté , voici Stace ; je rinvoque aussi, et je le prie d'être le médecin de tes plaies.

» Si là où tu es, je lui découvre le royaume éternel, repondit Stace , que ceci me disculpe de ne pouvoir te aire non. »

Puis il commença : « Fils, si ton esprit reçoit et garde mes paroles, elles jetteront de la lumière sur le point dont *u parles.

» Le plus pur du sang qui n'est jamais bu par les veines altérées, et qui reste comme les aliments superflus qu'on enlève de table *,

» Prend dans le cœur une vertu qui le rend propre à former tous les membres humains, comme celui qui, pour se transformer en ces membies, traverse les veines.

» Mieux digéré encore, il descend dans une partie qu'il est mieux de taire que de nommer, et de là s'alambique sur le sang d'un autre être, dans le vase naturel.

» Là l'une et l'autre substance s'unissent : l'une disposée à recevoir rirnpn-ssion , et l'autre à agir par Teflet de la perfection du lieu d'où elle découle.

» Alors le sarig paternel commence à opérer, d'abord en coagulant, ensuite il ravive ce que par sa matière il rendit consistant.

» La vertu active du sang paternel, devenue âme végétative comme une plante (avec cette seule dilTérencc que celle-ci est en chemin , et que cette autre est déjà sur le rivage),

)> Agit tellement ensuite, que déjà elle se meut et sent, comme une éponge marine; et (]u'ensuite elk* se met à organiser les puissances de l'homme dont elle est le germe.

T) Tantôt s'élargit, mon cher fils, tantôt s'étend la vertu

* Voir daos GinFii<>nft [Util Uttér. de i7(ati«, Ut. H), la cnliqne de cett« phil,.MH)hiB «l «le cc»l'- l'hywquc (lanM«4»M.

qui procède du cœur du père, et d'où la nature fait ddrivei tous les membres;

» Mais comment d'animale elle dc/ient raisonnable, tu ne le vois pas encore; ceci est un point qui a fait errer plus sage que toi*.

» De sorte que, par sa doctrine, il a séparé de l'âme rintellecl possible, parce qu'il ne voyait à celui-ci aucun organe particulier.

» Ouvre ton cœur à la vérité que je lui présente, et 5ache que sitôt que dans le fœtus l'articulaire du cerveau est achevé,

)) Le Premier Moteur se tourne joyeux vers ce chef d'œuvre de la nature, et lui inspire un esprit nouveau tout rempli de vertu;

V Cet esprit unit à sa substance ce qu'il trouve là d'actif, et il s'en forme une seule âme qui vit , qui sent , et qui se retourne sur elle-même.

» Et, afin que tu sois moins étonné de mes paroles, considère la chaleur du soleil, laquelle devient vin si elle s'unit à l'humeur qui coule de la vigne.

» Quand Lachésis n'a plus de lin , l'âme se sépare de la chair, et elle emporte avec elle, renfermées dans sa vertUj les facultés humaines et divines ;

» Les facultés sensibles sont toutes quasi muettes; mais la mémoire, l'intelligence et la volonté ont, dans leur ao tion, plus de subtilité qu'auparavant.

» Sans s'arrêter, l'âme arrive admûablement d'ellemême à l'un des rivages; là elle apprend la voie qu'il lui faut suivre.

» Aussitôt que ce lien l'enferme, la vurtu informafive rayonne tout autour, de même et tout autant que lorsqu'elle vivait dans ses membres.

» Et comme, lorsqu'il est pluvieux, l'air, par l'elVet des rayons du soleil qui s'y réflécliîî, sq montre «Mnéde diverseï couleurs;

• ivwrkoëi.

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