LE PARADIS. CHANT II
» Dans le ciel de la divine paix se meut un corps dont la vertu renferme l'être de tout ce que lui-même contient.
» Le ciel suivant, qui a tant d'étoiles, distribue cet être entre diverses essences, de lui distinctes et en lui contenues.
» Les autres deux disposent de diverses manières les distinctions qu'ils renferment, elles mènent rers les fins et les causes qui leur sont assignées.
M Ces organes du monde, comme tu vois maintenant, descendent de degré en degré, de sorte, qu'ils prennent d'en haut la vertu qu'au-dessous ils communiquent.
» Regarde bien conmfie par ce chemin je marche vers la vérité que tu désires, afin que, par la suite, tu saches seul tenir le gué.
» Le mouvement et la vertu des sphères sacrées, il cour vient que tu l'attribues aux moteurs bienheureux, comme l'œuvre du marteau au maréchal.
» Le huitième ciel, que tant de lumières rendent si beau, prend l'image de l'intelligence profonde qui lui donne le mouvement et en devient le cachet.
» Et comme l'âme, sur votre poussière, vient, par différents membres, se résoudre en différentes puissances;
» Ainsi l'intelligence développe sa bonté multipliée sur les étoiles, en se tournant sur son unité.
i> Chaque vertu s'allie diversement avec le corps précieux qu'elle avive, et auquel elle se lie, comme à vous-même la vie.
» Cette vertu, mêlée aux corps, brille par la nature joyeuse dont elle dérive, comme la joie dans une prunelle >ive.
» De cette vertu vient donc, et non des corps denses et raréfiés, te qui semble inégal en lumière : elle est le prin cipe formel qui produit,
» Conformément à sa puissance, ce qui est obscur et oe fii est clair. »
456 tA mviM: (OM DIR.
CHANT III
Le poëte rencontre dans la Lun(; les Ames de celles qui. avant fait vœu de fit^ niU', durent par la violence manquer à leur vœu. — Piccarda, !<s»t de Forése, iui expose comment tous les Uienlicurcux sont contents du degré de gloire qui leur est accordé; puis la règle religieuse iju'ellc cl Constance, lillodii roi IUij;er, avaient embrassée sur terre. — Selon les commentateurs, Dante a choisi la Lune pour séjour de la virginité, parce qu'étant froide de sa nature, cette planète dispose les âmes à la cbasletc. On sait aussi qae dans l'antiquité, Diane ou la Lune était la déesse de la virginité.
Ce soleil * qui d'abord brûla mon cœur d'amour, m'a\ ait découvert, par ses preuves et ses réfutations, le doux aspect de la belle vérité.
Et moi, pour me confesser vaincu et persuadé, autant que je le devais, je levai la tôte plus haut pour parler.
Mais une vision m'apparul qui me retint si fort attaché à la contempler, que je ne me souvins plus de ma confession.
Comme par des verres transparents et nets, ou par des eaux clah-es et tranquilles, pas assez profondes pour que le fond en soit sombre.
Les images reviennent à nos yeux si affaiblies, qu'une perle sur un front blanc ne vient pas plus lentement à nos regards;
Ainsi je vis plusieurs figures prêtes à parler. C'est pourquoi je tombai dans l'erreur contrah-e à celle qui alluma l'amour entre l'homme * et une fontaine.
Aussitôt que je les eus aperçues, estimant qu'elles étaient réfléchies par un miroir, je tournai les yeux pour voir de qui elles provenaient.
Et je ne vis rien ; de sorte que je les ramenai vers mon doux guide, qui, en souriant, avait des étincelles dans ses gaints regards.
a Ne t'étonne pas si je souris de ton raisonnement puéril,
' Béatrice ou la Théologie.
Narcisse.