‹ uvres de Dante AlighieriChapitre 78 sur 106 · LE PARADIS. CHANT IX · texte numérisé non relu

LE PARADIS. CHANT IX

Alors la lumière qui était encore nouvelle pour moi, de (a profondeur où elle chantait auparavant, se ]^t à me 4Sre, comme quelqu'un qui se réjouit de bien faire :

r. Dans cette partie* de la terre dépravée d'Italie, qui est «tuée entre Rialto et les sources de la Brenta et do la Piava,

» S'élève une colline (laquelle pourtant ne monte pas bien haut) d'où jadis descendit une petite flamme qui, dang foule la contrée, causa un grand désastre.

» Elle et moi nous sortîmes du même lieu ; je fus appelée Cunizza*, et je brille ici, paice que la lumière de cette êtoHe m'a vaincue*.

» Mais, joyeuse et sans regrets, je suis indulgente en moi-même pour la cause de mon sort : ce qui scml)lera peut-être surprenant à votre vulgaire.

» Ce joyau lumineux et rare* de notre ciel, qui est le plus proche de moi, laissa sur terre mie grande renommée, et, avant que sa gloire meure, à ce siècle s'ajouteront cinq autres siècles.

» Vois si rhomme doit se rendre excellent, afin que sa première vie en laisse sur terre une seconde !

» Ce n'est pas ce que pense maintenant cette tourbe qu'enferment le Tagliamento et l'Adige, et pour ét^e battue elle ne se repent pas encore.

» Mais bientôt il adviendra que Padoue et ses habitants, rebelles à leur devoir, changeront l'eau du marais qui baigne Vicence';

» Et là où le Sile et le Cagnano se joignent, un tel domine et va la tête haute , quand déjà pour le prendre se fabrique le filet.

» Fellre plemrera encore le parjure de son pasteur impie^

* Veam.

* CunisM ciuit Msar d'Etzelio da Roinano, tyras de Padoiin.

* < Et ici in reluu, parce que mlka vaincue la lun.V>rf> de celte ëtoile de Visu, riaflociice de lai|ii<- le iioii» rend aniourcukct. > (Gran;;icr.)

* Foulque» lie Marivillc.

'AHuiion a la %tctoirr rcni|>ort^c, le 17 (cptcnibrc de l'anDëe 1314, par Cm flnode dtlla Scila tur J acquêt de Cariarc, toigticur de l'adoo*.

§4 LA DIVINE COMIIDIE.

parjure si affreux, que jamais pour un pareil on n'est en»

tré à Malta».

» Trop large serait la cuve qui recevrait le sang ferrarais, cl trop fatigué celui qui pèserait once à once le sang

» Que donnera ce prêtre courtois ' pour se montrer dévoué à son parti; et de tels dons seront bien conformes aux mœurf d'un tel pays.

» Là-haut sont'des miroirs, que vous appelez Trônes, par lesquels se réfléchissent sur nous les jugements de Dieu ; ainsi nos propres paroles nous paraissent vraies et bonnes. »

Ici l'àme se tut, et il me sembla qu'elle s'était tournée vers quelque autre penser dans .a sphère, où elle se plaça telle qu'elle était auparavant.

L'autre joie ou lumière, qui m'était déjà connue, se montra à mes yeux resplendissante comme un fin rubis sur lequel tombe le soleil.

Là-haut une vive splendeur naît de la joie, comme chei nous le rire; mais, là-bas, l'ombre s'obscurcit selon que l'âme est triste.

y> Dieu voit tout, m'écriai-je, et ta vue le pénètre, ô bien heureux esprit ! de sorte que nulle volonté enfermée en lui pour toi ne peut être cachée;

» Donc pourquoi ta voix', qui récrée toujours le ciel avec le chant de ces flammes pieuses qui se font un capuce de leurs six ailes,

» Ne salisfait-elle pas mes désirs? Je n'attendrais pas ta domaiule, si je voyais en toi comme tu vois en moi-même. »

L'àme lépliqua par ces paroles : « La plus grande vallée dans laquelle se répand l'eau sortie de celte mer qui environne la terre,

» Se prolonge tant contre le soleil entre des rivag opposés, qu'elle met le méridien là où auparavant étav liiorizon.

« Je fus un des riverains de cette vallée, entre l'Ébre et

' Tour |>rès du lac BoUena, ancienne prison des papes.

' Alexandre, cvëque de Plaisance, qui livra des rcfugic's ferraraii aa goa7fli»

•cm "!i; la I'( «i!le.

U ii.r''- ;i Fotii'jii'^s. de Marseille, célèbre poctc provençal et e'véqoe

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