‹ uvres de Dante AlighieriChapitre 80 sur 106 · LE PARADIS. CHANT X. 48T · texte numérisé non relu

LE PARADIS. CHANT X. 48T

Lève donc, lecteur, lève avec moi les regards vers les hautes sphères, de ce côté où un mouvement vient choquer un mouvement contraire;

Et là, mets-toi à contempler l'art dfe ce maître qui Tairae tant en lui-même que jamais il n'en détourne les yeux.

Vois comme de là se détache le cercle oblique * portant les planètes pour satisfaire au monde qui les appeJe.

Si leur route n'était pas oblique, plus d'une influence dans le ciel serait vaine, et là-bas presque toute puissance serait morte.

Et si elle s'éloignait plus ou moins de fe ligne droite, il s'ensuivrait, et en haut et en bas, une intemiptioD dans Tordre du monde.

A présent, lecteur, reste sur ton banc, en revenant sur les choses dont se donne ici l'avant-goût, si, avant de te lasser, lu veux f emplir de joie.

J'ai mis devant toi la nourriture, désormais c'est à toimême de la prenure ; car elle réclame pour elle tous mes soins, cette matière dont je me suis fait l'écrivain.

Le plus grand ministre de la nature *, qui imprime au monde la vertu du ciel et mesure le temps avec sa lumière.

Tournait avec ce signe céleste que \ai décrit ci-dessus, juste au point où les heures se présentent plus tôt;

Et j'étais avec lui *, mais je ne m'aperçus pas plus d'y être monté, qu'un homme n'aperçoit une pensée avant sa venue.

Et Béatrice, cette femme qu on voit passer du bien au mieux si subitement, que son progrès n'a pas de mesure dans le temps,

Elle, si brillante par elle-même, oh ! ce (ju'elle devin! lians le soleil où j'entrai, ce qu'elle devint, non par l'effel d'une couleur, mais par une plus vive lumièie,

Jamais on ne pourrait se riniaginer, quand même, pour le dire^ j'appellerais l'esprit, l'art et toutes ses re^-

* !.« lorfiaqne.

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488 Lk DIVINE COMV.DIE.

sources; mais on me peut croire et on doit ddsirer de U voir.

Et si nos imaginations n'arrivent pas à tant de hauteur, ce n'est point merveille, puisque jamais regard n'alla au delà du soleil.

Telle était la quatrième famille du Père suprême, famille qu'il rassasie sans faim en leur montrant comment de lui procèdent et TEsprit et le Fils.

Et Béatrice s'écria : « Rends grâces, rends grâces au soleil des anges qui par sa grâce t'a élevé à cet aslre visible. »

Jamais le cœur d'un mortel ne fut si vite disposé à la dévol ion et à se rendre pleinement à Dieu,

Que moi je le fus à ces paroles; et tout mon amour s'en alla si bien vers lui, que Béatrice s'éclipsa dans l'oubli.

Ceci ne parut pas lui déplaire, mais elle en sourit; et la splendeur de ses yeux souriants divisa sur plusieurs objets ma pensée absorbée en un seul.

Je vis plusieurs lumières vives et triomphantes faire de nous un centre, et d'elles une couronne; elles étaient plus douces par leur voix que brillantes par leur figure.

Ainsi nous voyons parfois la fille de Latone * environnée, quand l'air est si imprégné de vapeurs qu'il maintient le cercle dont est formée sa couronne.

Dans la cour du ciel d'où je reviens, se trouvent plusieurs joyaux, et si rares et si beaux, qu'on ne les peut tirer de ci royaume.

Et le chant de ces lumières était un de ces joyaux : que celui qui ne peut pas prendre des ailes pour voler là-haul en attende donc des nouvelles d'un muet.

Lorsqu'on chantant ainsi ces ardents soleils eurent tourné autour de nous trois fois, comme les étoiles des pôles toujours fixes.

Elles me parurent pareilles à ces femmes qui ne sortent pas de la danse, mais qui s'arrêtent en silence, écoutant jus<}u'à ce qu'elles aient bien entendu les notes nouvelles

' La lum.

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