LE PARADIS. CHANT XIII
rement que cet homme fut un roi qui demanda la sagesse, afin d'être un véritable roi.
» Il ne désira point savoir quel est le nombre des natures célestes, ou si le nécessaire avec le contingent produisent le nécessaire ;
» Ou bien si est dare prtmum motum esse ; ou si dans un demi-cercle on peut placer un triangle qui n*ait pas un angle droit :
n Donc, si tu as bien saisi ce que j'ai dit et ceci même, 1 sagesse royale, telle est la science sans pareille sm- laquelle tombait la flèche de mon intention.
» Et si tu diriges une vue nette sur ces mots : s'éleva, tu venas qu'il n'a de rapport qu'aux rois; or les rois sont nombreux, mais les bons sont rares.
)) Prends mes paroles avec cette distinction, et tu pourras aiîisi garder ta croyance sur le premier père et notre bien-aimé * ;
0 Et que ceci te mette du plomb aux pieds, afin de te faire mouvoir lentement, comme un homme fatigué, vers le oui et le non que tu ne vois pas.
» Car il est bien bas parmi les sots celui qui, sans distinction, affirme ou nie, soit dans un cas, soit dans l'autre.
» C'est pourquoi il advient souvent que Topinioi» courante prend une fausse route, et que la passion lie notre intelligence.
» C'est plus qu*en vain qu'il s'éloigne de la rive, cai- il n'y revient jamais 'tel qu'il l'a quittée, celui qui va à la pêche de la vérité et qui ne sait pas son art.
» Et de ceci sont des preuves évidentes pour le monde Parménide, Mélissus, Brissus et plusiems autres qui allaient fne savaient où.
» Ainsi tirent Sabellius et Ârius, et ces insensés qui furent pour les Écritures comme des épées, où, en se mirant, let visages droits semblent '.ortueux.
• Le Cbn.».
t04 LA DIVINE COMÉDIE.
» Que les hommes encore ne soient pas trop hardi? à juger, C(jmme fait cchii qui estime le blé dans le champ, avant qu'il soit mûr.
» Car j'ai vu tout l'hiver le buisson rester âpre et sauvage; puis porter des roses sur sa cime ;
» Et j'ai vu le vaisseau courir droit et agile pendant tout son voyage, et périr en arrivant à l'entrée du port.
» Que Monna Berthe et. Scr Martino S pour avoir vu, l'ur voler, l'autre faire des offrandes, ne croient pas les voir teU qn'on les voit au conseil divin,
*> Car celui-là peut se relever, celui-ci peut tomber. »
CHANT XI\
Le tage roi Salomon révèle a Dante une venté. — Toujours plus fort, le poèu monte avec Bc'atnce au cinquième ciel, le ciel de Jlars. — Croix resplcmlis- •ante au milieu de laquelle se tenait Jésus-Christ avec les Ames des Bienlito reux qui avaient combattu pour la foi. — llarnionie céleste.
Du centre à la circonférence , et de la circonférence au centre, se porte l'eau dans un vase arrondi, selon qu'elle es» poussée du dedans ou du dehors.
Ce que je dis là advint à mon esprit aussitôt que se tut l'âme glorieuse de Thomas,
Par la ressemblance * qui naissait de ses paroles et de celles de Béatrice, à laquelle, après Thomas, il plut de commencer ainsi :
« Celui-ci a besoin, bien quH ne vous l'indique ni par la voix ni même encore par la pensée, d'arriver à la racine d'une autre vérité.
» Dites -lui si la lumière dont se pare votre substance
■ < Dame Borlhe et sire Martin. Ce sont noms qu'il a choisjs »ntrc \r nieot peuple, par lesquels il faut ealendre toute personne 'diole ei «impl<>, rtc. » (Grar.gier.)
* A regard de Thomas, qui lai parle, Dante semhlc piacë au centre d'un \>>ài« fmu «u'oD agiterait \ à l'égard de Béatrice, à la circonférence de ce ceido.