‹ uvres de Dante AlighieriChapitre 85 sur 106 · U PARADIS. CHANT XIV · texte numérisé non relu

U PARADIS. CHANT XIV

demeurera éternellement avec vous comme elle est à cette heuie.

» Et si elle demeure, dites comment il adviendra, après que vous serez redevenus visibles *, qu'elle ne nuise pas à votre vue. »

Comme parfois, dans un élan de joie plus grande, ceux qui dansent en rond, poussés et entraînés, élèvent la voix et ragaillardissent leurs gestes.

Ainsi, à cette prière pieuse et instante, les cercles saints montrèrent une nouvelle joie dans leurs rondes et leurs hymnes merveilleuses.

Celui qui se lamente de ce qu'on memi ici-bas pour vivre là-haut n'a pas vu d'ici-bas les divins rafraîchissements de l'étemelle pluie.

Cet un et deux et trois qui vit toujours et règne toujours en trois et deux et un, non circonscrit et qui circonscrit toute chose *,

Trois fois était chanté par chacun des esprits avec une telle mélodie, que de l'entendre serait pour tout mérite une suffisante récompense.

Et moi j'entendis, dans la lumière la plus divine du moindre cercle, une voix modeste •, peut-être telle que fut celle de TAnge à Marie ;

Elle répondait : « Aussi longue que sera la fête du Paradis, aussi longtemps notre amour rayonnera autour de ce vêtement.

» Sa clarté suit Tardeur de notre amour*; l'ardeur dépend de nos célestes visions, lesquelles seront d'autant plus élevées, que l'âme, au delà de son propre mérite, auia une part à la grâce.

» Quand nous aurons revêtu la chair glorieuse et sainte.

* Apr*« la rëiorrcction.

* La Trioitë : < Qaell'nno e due e ire che lempre y'ne. »

' Celte voix modettc est, ittivant Laodioo, celle de Pierre Lombard ; luivaol d'autres, celle de Salooion.

* Plus nous MvoDs, plus nou ainoDS et plot bous tiaoni, plas neot toRimei reT«tus de lumicre.

noire j)Lrsonne sera plus reconnaissante, imrce qu'elle sera entièi'C.

» De là s'accroîtra ce que de sa lumière gratuite nous donne le souverain bien ; lumière qui nous permet de le voir.

» De là doit s'accroître notre sainte vision, s'accroître Tardeur qui à la vision s'allume, s'accroître le rayon qui de l'ardeur descend.

» Mais comme le charbon, qui donne la flamme, la dépasse tellement en vive blancheur qu'il appaïaît au milieu d'elle,

» Ainsi cet éclat, qui déjà nous entoure, sera vaincu par celui de la chair que la terre recouvre cependant.

» Et une si grande splendeur ne pourra nous fatiguer, car les organes du corps seront assez forts pour tout ce qui pom-ra faire nos délices. »

L'un et l'autre chœur me parurent si prompts et si unanimes à dire amen, qu'ils montrèrent bien leur désir de revêtir leurs corps morts;

Non pour eux peut-être, mais pour leurs mères, pour leurs pères et pour les autres qui leiu* furent chers avant qu'ils fussent des flammes éternelles.

Et voilà qu'autour de ces clartés naît et s'ajoute une clarté pareille et telle qu'un horizon lumineux.

Et comme, au premier tomber du soir, on commence à entrevoir dans le ciel des lueurs nouvelles qui semblent être et ne pas être ;

Ainsi il me sembla commencer à voir de nouvelles substances, qui formaient un cercle en dehors des deux autres circonférences.

0 véritable reflet du Saint-Esprit ! comme tout à coup il devint si éclatant à mes yeux, que, vaincus, ils ne purent le soutenir !

Mais Béatrice se montra à moi si belle et si rian'.e, que cette ^ ision doit se laisser parmi celles que n'a pu garder ma mémoire.

Cependant mes yeux reprirent la force de se relever, ei

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