CONVENTION NATIONALE
Le 8 septembre Danton fut nommé par les électeurs de Paris, représentant à la Gonyention nationale. Il n'hésita pas à résigner ses fonctions de ministre de la justice p5ur prendre possession de celles de mandataire du peuple. Le discours qu'il prononça à cette occasion dans la première séance de la nouvelle Assemblée, le 21 septembre, est une lemarquable déclaration de ses principes révolutionnaires. Il repousse toute idée de dictature, déclare Tinvlolabilité des propriétés et semble considérer la terreur comme le corollaire de la justice.
pour leur annoncer les massacres qfni ayaient en lien dans la cApitale et les engager à les reproduire, avait été expédiée des bureaux et sou» le contre-seing du ministre de la justice, et ron a cm tei^r dans ce fait la preuve certaine de sa complicité. M. Bougeart a entre les mains oette pièce ; il l'a textuellement reproduite, et il a prouyé que nonseulement il n'y était aucunement question de Danton, mais que ni soo contre-seing ni sa grifife n'y étaient apposés. M. Bougeart observe que si la signature de Danton ne se trouve pas au bas de cette pièce, celle de Marat s'y trouve : < Croyez bien, ajoute- t-U, que Danton n'était pas homipe à demi-mesures. Le contre-seing n'existe pas au bas de la circulaire, on peut donc affirmer qu'il n'y a pas adhéré. Croyez bien que si Marat eût eu la puissance de faire adhérer Danton à la libre circulation d'une brochure aussi compromettante à l'aide du couvert ministériel, il eût eu celle aussi de la lui fai^-e signer ; que si Danton lui avait refusé la moitié de sa demande, Marat n'aurait pas manqué de le lui reprocher dans la suite, comme une lâcheté, Qomme un acte eontré-révolutionnaire ; que si Marat avait obtenu une demi-adhésion, il s'en fût appuyé plus tard pour donner plus d'autorité à la mesure qu'on lui reprochait tant. Qui connaît le caractère de Marat sait qu'il n'a jamais caché aucun de ses actes, nié aucune de ses paroles tant il se croyait fort de sa conscience, de la droiture de ses intentions. Or, il n'aurait pas manqué l'occasion de parler de cette tentative auprès du ministre, il en aurait reparlé
Séance du 22 septembre. — Une députation du peupl« d'Orléans vient Mmx^ft h U (^SnmaQon qu'elle a suspendu ses officiers municipaux dévoués à la cour : ceux-ci 4<ai«tfiitt;i6iiQ0Q8équenae, lea4éiêgti6R A^œnQd^oliiii l'As- «emblée Qu iléeirel; rqui (xmfirme te réwliittosi.# la :viUi|. j)l»lt(mtIllû^te èila iribiuie : <<- « Vow ;ve»^ 4^Hm4re W tjiclaaQatiQn8ideit(iBt»ttiiecommiai6 oontreffes o^iKieseufQ. Jloes'agil pûiol; de ^irfliter cette affûreimr.defi laoEVois:! âe8eûml(é».;ili£mt{mr)iiaedéQMioapra«^ épacgaer )» «laQg.da.pattptoîîti fmlifmpe jmtMmhi>m!^i]»(w qu'/H ^M mtafa4$e ^a$ Im-jnêfVM. ¥000 na imm pss b^t^rft {lappor en ^me des lots ito)9o«gMMt» qm, daae une
vingt fois, comme il lai arrive pour des circonstances moins graves. 'Hr, je défie qu'on nons «ito U ddneneiâtMB da fait étiiB im «eviiip «M niiiBëros. Ajovtecqn^l «'«vait^pas'tntërét |»kn taré'à fiM -ilisiih tttBkr de «etls satire, puieqn'fl.^foflÉw, «i i^on vent, à en «proadie «eul la rmponaabiiité; il se pGUfait pas avioir de lûMeafse peor •Danton y pimtqiie bieotèt.ttoiis-aiioss ToinDanloii Kjeter dédaigneiir aemept tonte fdidariK avoeifipdivida'liaiBt. # Rette œ^ pamlo, -pvélée à Danton, par Saqonlle il «wraiit eom{]l|ntentë leafardos natiooaus pansiens (et >non les' BM»saereiir»l) à lanr Mtour dîOiiéaas : « Galiii qui Fousmmercie, ee ttf^otpas le ifinittre deildjnstiee, «*est ■le Itioiatfe dt 1» Bfëmlvtion. » La flnparcdes < historiens modornes aAimentio fait^^Mais Iqb coatomporaiofi n^ parlent paa; cette i^pro- .oation n'est monCionnëe Hip«r«#I«« Roland, «i par PekÎMr, ni -par iPrndhemme éhinXWùêoW^ ûn^partiaU dêêcnmei de la RàwluUon, ni par lesdeit« amit de la Uh&Hé, si «chamés flonne 'Danton. On peut ^Iwe croire que le nwtftM imnsntéapréa^coop.^ IKaifiett», obsorre il. BMfeart, «es paroles on t-ell«e il» 'portée qufon 'leur prêter? Pour ^ sait eonprenkne, «c^ëtait répondre cBomw ou SMwraise, «rolpe enivre eet achevée, e^estk la justice à reprandre son eoniu. » — Il "faut rapp^er enfin see démitrckes eonronoées de-soecès pow «amrer Adrien Daport, ancien membre de Rassemblée eonstitnante, ot qui •ont, comme robsorve M. Bongeart, « la protestation la plus formelle ccmtre la famouse adresse du comité de surveîUanee «qk déparCettonts. >
crise telle que celle dont il s'agit, ne savent pa» £aiire à^ia tranquillité publique le saorifiiDe de leurs iatérète partieu* iiers. Dans de pareilles circonstances l'homme bien intentionné cède à la Tolo&té fortement pronoacée de tout un peuple, et on aele voit pas, pour le plaisir decouBer^eir UQ^ place, chercher à opposer les citoyens aux citoyeius, et jeter dans une cité des gersûes de gaerre civile*- Je demande qu'à l'instant, trois membres de la Convention soient chargés d'aller à Orléans pour vérifier Ito £uto ; et B?il est constaté que les munieipauaB d'Ofléans oai fait or qu'a voutei £ûre à Paitis, dans lav journée du 20 jmni^y un ëépattement ^oiUpe^révoMienaaire, il faut cpue leur tète tombe sous le gki^e des loi». Que la^loi soit terrible, et tout rentrera dtfOé rordfe. Prouveai> que vous voulee le règne des io», mm oieuvez aussi que vous vouka le sahit du peuple, et suartout éparg^ez^ le«ang des Françai6^ (On applauàit.) i*
Dans la même séance, à ptopos'de»réformfts à iotrodliire dans Tordre judiciaire, Danton demande que le peuple puisse choisir les juges parmi tous les citoyens, la Gonven-
I. Le lefldéttliin, des députés extraordinaires da conseil général da Loiret jlistifient les atitorités constituées des mesUYes qu'elles ont prises, daatos répdAd d^ sa place : « Je demande l'impression de ce long plaidoyer fMMkr 1» drapeau rmige : on eiaminera ensuite cetto gestion. » «^ < L'iai]^reBsiob était, en eflét, observe 11. Boii^eaft l<f seul ûhàttineiit qrii» mëkltaesenf ces conseillers» car <fétaif Dbs taetim au ban de la Fnnee Fë^lietttne* » U, Bougeart igoute : « La me* sure que Danton propose contre les municipaux d'Orléans est terrible;, mais qu'on n'oublie pas que, dans le moment même qil'il faisait cette propositioiv on répandait à^ profusion la fameuse circu« laire de la Ck)mmane, qui provoqUAit le penpfo de»- pronaees à imiter le» ParisieBs j or, le seul moyea de préTenir de si gramds malheurs était d« se montrer inflexible. U ne fallait pas Imeser a«t massacreurs le moindre prétexte, dans un moment où ob n'atorait pu ni les arrêter ni les punir, n'ayant pas sévi contre ceux de Paris. »
tion lui donne raison et déclare qae les juges pourront être indistinctement choisis parmi tous les citoyens.
Séance du 23 septembre. — Il appuie la destitution du général Montesquiou» accusé de complicité ayec Lafayette « Il faut nous montrer terribles; c'est du caractère qu'il faut pour soutenir la liberté. (On applaitdiL) »
Séance du 24 septembre. — La Convention n'avait pas encore prononcé sur la démission de Danton; un membre prétend, en conséquence, qu'en vertu de la loi des incompatibilités, il n'a pas le droit de voter dans TAssemblée : — « L'opinion du préopioant me force à réclamer un des plus beaux titres dont puisse jouir un citoyen, celui de mandataire du peuple à la Convention nationale. » Il son* tient que s'il est toujours ministre de la justice jusqu'à ce qu'il ait un successeur, il a aussi le droit de voter à la Convention.
Séance du 25 septembre. — Lasource attaque la députation de Paris : il dénonce l'existence d'un parti a qui veut dépopulariser la Convention, qui veut la dominer et la perdre, qui veut régner sous un autre nom, en réunissant tout le pouvoir national entre les mains de quelques individus », «t il fait allusion à un triumvirat qui serait composé de Marat, Robespierre et Danton *. — Danton répond à ces accusations, demandant qu'on prononce la peine de mort
i. Marat disculpa en ces termes Danton, ainsi que Robespierre d*aspirer à la tyrannie : t Je dois à la justice de déclarer que mos 3oItègnes, nommément Robespierre, Danton, ainsi que tous les Autres, ont constamment improuvé l'idée, soif d'un tribunat, soit l'une dictature. Si quelqu'un est coupable d'ayoir jeté dans le public ses idées, c'est moi. J'appelle sur ma tête la vengeance de la nation ; nais ayant de faife tomber l'opprobre ou le glaive, daignez m'en« «ndre. »
contre quiconque se déclarerait en faveur de la dictature et du triumvirat, et aussi contre quiconque voudrait détruire l'unité en France.
Séance du 27 septembre. — Cambon propose une réduc tion sur le traitement des prêtres. — Danton : « Par motion d'ordre, je demande que, pour ne pas vous jeter danr une discussion immense, vous distinguiez le clergé en général des prêtres qui n'ont pas voulu être citoyens : Occupez-vous à réduire le traitement de ces traîtres qui s'engraissèrent des sueurs du peuple, et renvoyez la grande question à un autre moment. . »
Séance du 28 septembre. — Bancal avait demandé, à propos de la Savoie, qu'il fût décrété qu'elle ne serait point un 84« département de la République, mais qu'il lui serai* tibre de se donner un gouvernement particulier. Lasource propose de renvoyer la question à l'examen du comité diplomatique. — a J'appuie la proposition du renvoi au comité, dit Danton, avec d'autant plus de raison que le principe qu'on vient d'énoncer paraîtra peut-être susceptible ie quelques restrictions. £n même temps que nous devons donner aux peuples voisins la liberté, vous devez leur dire : vous n'aurez plus de roi; car tant que vous serez entourés de tyrans, leur coalition pourra mettre votre liberté en danger. £n nous députant ici, la nation française a créé un grand comité d'insurrection générale des peuples; remplissons notre mission, mûrissons nos principes et ne précipitons pas nos décisions. »
Séance du 29 septembre. —Un député avait demandé que Roland, ministre de l'intérieur, et Servan, ministre de la guerre» fussent invités, au nom de la patrie, à continuer au moins provisoirement leurs fonctions. Philippeaux émet le vœu qu'on étende l'invitation au ministre de la justice,
Danton : « Je déclare, dit Danton, que je me refuse à cette invitation, parce que jecroiâ qu^eile n'est pas de la dig^&it^ de la Convention ; parce que s'il était unô maûière de rete<nir Roland au ministère, c^était de prononcer sur Tinvalibilité de son élection^ perce que je déclare que k aaotôr de ServauB'oppose à ce qu'il défère à Tinvitation. »
Séance du 4 octobre. — Une lettre de Gûstine snodinçaitt la prise de Spire sur lèsAutncbieirs* L'Âsseiûbiéeéélate en applaudissements enthouaiaetes. Dailtoo demande qu*ii soit déclaré que la patrie n'est plofl en daoger. Quelques mur^ mures s'élèvent. U continue : «Je prévois toutes les objections qu'on pourra me faire ; mais je déclare d'avance qu'elles sont indignes des Français itêpubilcains. Lofsque vous avez déclaré la patrie en danger, v^us colinaissîee le principe de ce danger ; c'était la royauté que voue avez a>boiie. Certes, il n'est aujourd'hui aucun de nous qui ne soit ton-» vaincu que, loin d'avoir k craindre pour notre liberté, nous, pouvons la porter chez tous les peuples qui nous entoureiit. Liile^ il eirt vrai, est assiégé, mais il y a plus de 9f(M hommes eûectife qui le défendent; et si cette garnison n'avait pas été commandée par uii f^ef plus que suspect 6t que le pouvoir ^écutif vient de destitaer, déjà cette ville aurait, par des «orties vigoureuses, fait repentir TenûeuH de son audace. Je vm d'un autre c&té non^^ulemetit les Prussiens rcipoussés et tombant, s(ât sous le fer de la liberté, BOit sous le poids des maladies, mais le géûéral Gustiûe gênant Spire, et, par uue combinaison savante , pcoivâôt se réunir au général Biron pour porter la guerre dcms tout l'empire. Quel est donc actuellement le danger de la patrie ? » Celte p<roposition n'^tpas appuyée.
Le 10 octobre, Danton avait été nomfné prêsi^nt de là •société des Jacobins, dont il suivait assidûment les séances, c'est en cette qualité que le 14 octobre il léliGita Damou» nez qui, était venu à Pans: -^ « Lorsque Lctfayette^ lorsque