SI
ce Yîl eunuque delà révolution prit la fuite, vous servîtes déjà bien la république en ne désespérant pas de son salut; TOUS ralliâtes nos frères : vous avez d^uis conservé avec habileté cette station qui a ruiné rennemi, et vouâ aves bien mérité de votre patrie. Une plus belle carrière encore vous est ouverte : que la pique du peuple brise le sceptre des rois, et que les couronnes tombent devaAtce bonnet rouge dont la société vous a honoré ; revenez ensuite vivre parmi nous, et votre nom figurera dans les plus belles pages de notre lÀ&\oire (Applaudissements) K »
Séance du 10 octobre. — Gambon, ministre des finances» établit le compte générai des dépeases faites par les minls^ très avant son entrée en fonctions, et il deoiande que les ministres soient tenus de rendre compte même des dépenses secrètes. Danton observe que ceci a été fait par le conseil exécutif. « £n mon particulier, ajoute-t-ll, je déclare que î'ai été autant Tadjudant du ministre de la guerre que ministre de la justice. S'il a paru étcmmnt que le ministre de la justice ait employé 200,000 livres en dépenses secr^es et près de 2,000,000 livres en dépenses extraof^naiits, qu'on
1. Cette même séanoe des iaoobîns fit marqitée |Ar un ncident assez ^curieux, ainsi rapporté par le ioumai des débats de la $oeiété : — . « Use société populaire demaDde la réduction des traitemeiits de certaios fonctionnaires publics et Taugmentation des honoraires de ^elques autres. — Charot : Je demande la question préalable sur le renvoi ; je sais que dans le comité de constitution se trouvent Danton, Barète et CoBdoreet; l^adresse dont il s- agit sera aussi bien dans les mains de nos trois amis que si on la mettait à la disposition âti comité tout entier. Danton observe qu'il ne doute pas que la société forme «un comité aoxltiâire de oonstitHlimi : Oèiteidëe eSt^coueiilie par de vils apiAâudissmeiiits ; o^etidant la sMidié arrête renvoi de l'adresse an <oomîlé de la Conventim. ^ Lavbavs : Rien de pdss utile que ee eomité auxiliaire dont vient de parler Danton; il éclairera la 'Convention qui, « ton des égards» a besoin de himiùrâs. »
se rappelle que la patrie était en péril, que nous étions responsables de la liberté. Nous avons rendu nos comptes. J*ai rendu le mien particulièrement , je crois n'avoir mérité aucun reproche dans ma conduite politique. »
Séance du ii octobre, — Danton est nommé membre du comité de constitution.
Séance du 16 octobre. — Il fait rejeter la proposition faite par Manuel, de soumettre à la sanction du peuple rétablissement de la République : « Songez que la République est déjà sanctionnée par le peuple, par Farmée, par le génie de la liberté qui réprouve tous les rois. {Il s'élève des applaudissements unanimes dan$ l'Assemblée et dans les tribunes,) Si donc il n'est pas permis de mettre en doute que la France veut être et sera éternellement une République, ne nous occupons plus que de faire une constitution qui soit la conséquence de ce principe; et quand vous Taurez décrétée, quand par la solennité de vos discussions vous aurez pour ainsi dire décrété Topinion publique, vous aurez une acceptation rapide, et la concordance de toutes les parties de votre gouvernement en garantira la stabilité. {On applaudit,) Attachons-nous à ce principe que les lois, telles qu'elles soient, doivent être exécutées par provision, comme lois absolues, sous peine d'une anarchie perpétuelle et de la dissolution de la République. C'est d'après ces vérités, les seules conservatrices de Tunion avec laquelle nous devons être invincibles, que je demande la question préalable sur la proposition. »
Séance du 17 octobre. — firissot avait proposé que la €onvention approuvât les ordres donnés par le conseil exécutif pour faire évacuer la ville de Genève par les troupes de Berne et de Zurich, en respectant néanmoins la neutralité et l'indépendance du territoire de Genève. Danton de-
mande que ces expression», « en respectant néanmoins la neutralité et l'indépendance du territoire* de ^ Genève, t» soient modifiées de manière que nous ne nous interdisions pas la faculté d'occuper Genève, si cette occupation devient absolument indispensable pour notre sûreté. « Gertes,^lt-il, quoique Genève soit une république en miniature,^e- respecte autant son indépendance et ses droits que ceux du peuple le plus puissant; mais elle a rompu elle-même Jies traités qui garantissaient sa neutralité, et il a été reconnu dans le conseil exécutif qu'il pouvait y avoir des circonstances ot nous ne pourrions nous dispenser d'occuper sou territoire. »
Séance du 18 octobre. — On revient sur la comptabilité des dépenses secrètes. Roland présente ses comptes dans le plus minutieux détail. Rebecqui demande que tous les ministres rendent compte comme Roland. Monge, ministre de la marine, déclare qu'il n'a fait aucune dépense extraordinaire ou secrète. Danton rappelle qu'il a déjà dit à TÂssemblée qu'il n'avait rien fait que par ordre du conseil pendant son ministère, et le conseil a pensé que, d'après le décret de l'Assemblée législative, il n'était comptable qu'en masse : « D'ailleurs, il est telle dépense qu'on ne peut énoncer ici ; il est tel émissaire qu'il serait impolitique et injuste de faire connaître; il est telle mission révolutionnaire que la liberté approuve, et qui occasionne de grands sacrifices d'argent. (On applaudit.) Lorsque l'ennemi s'empara de Verdun, lorsque la consternation se répandait même parmi, les meilleurs et les plus courageux citoyens, l'Assemblée législative nous dit : n'épargnez rien, prodiguez Targent, s'il le faut pour ranimer la confiance et donner l'impulsion à la France entière. Nous l'avons fait, nous avons été forcés à des dépenses extraordinaires; et pour la plupart de ces dépenses, j'avoue que nous n'avons pas de quittances bien légales. Tout était pressé, tout s'est fait avec précipitation :
vous avez voulu que les ministres agissent tous ensemble i nous Fatond fait et vo^à notre compte. {Murmuru.) On a dû attacher une confiance morale à ceux i\m ont été cboisia pour faire la révolution ; et il seraCt bien pénible, bien- flétrissant pour d€s ministres patrioteë» de les ft^rcer^à reiftet* tre toutes les pièces qui constatent ces opérations extpaorbinaires. Il est Vrai que Roland n'a pdâït assisté attoomptQ jfue les ministres se sont rendufi mo.'tiiellenml^i, toflâs ii pouvait y assister, robsérveraii» en firnssanl), (fue si le con** seileût dépensé dix millions de phis, il ne i^aii pas sottl jn seul ennemi de la tef re qu^ilis aivaien^i eovahie* «^
Cambon reconnaît que pour les dépenses secrète», il ne Deut pas demander un compte public; mais Roland devait ^nsBlster au conseil pour en recevoir compte avecr ses auti^s ^llé^ues. La nation Fa n^raimé ton ageftt peur surveUleP l'emploi de ces fondsv «t lui garaûtJf qifr'on ne s'en est servi :[tte pour to bien et le salm de TÉtat. -^ Roland dit qu'il est :];^s*éloigBé de blâmer leer dépendes décrètes faites par ses 3olléguéS pottr opêrei» le E»ltitde la cbos^ pobMque^ maie^il a dû déclarer qu^il igûûratt comment ceé dépenser avaient Hé faites. Il ae le pouvsât savoir, ilest trai, pi^u'il »'a 3oint assisté au conseil où ces eompteif on^éflé fondue; meiia I n'ea a poimt trouvé leB traces sûr le registre du conseil. -^ Danton : * J'observe que lé compile des dépensés secrète» ne se porte poMt sur le registre dm consMl. » Sur la proposition de Lasource, la Convention décrète que le pou vois exécutif juistiiera^ dans les 24 beif]^, de la délibération :iu'il a dû praidre à l'eièt d'arrêter te compte des sommes mi^es à sa dispositix)U pour dépenses seciètesv
Séance du 20 ûctobre. ^ Lindou demande que le pouvoir exécutif soit tenu de déclarer, eu exécutioù du décret prononcé dans une séance précédente, si chaque ministre a rendu le compte de l'emploi des sommes destinées aux dé*' penses eltfaordinaires ou secrètes. «^ Danton : « J'appuie
«ette proposition, et je rendrai compte, s'il le faut de toute ma vie. *
Séance du 19 octobre. — Danton présente, au nom de le commission nommée ad hoc, le projet d'adresse pour invitei les volontaires des bataillons formés en 1791, à renoncer i te faculté qui leur a été accordée par la loi de leur forma- •tton, de quitter leurs drapeaux au 1»' décembre prochain Sur la demande de Barère, la priorité est donnée au proje qui a été rédigé par le citoyen Lefort, et ce^projet mis au? voix est décrété.
Séance du '23 octobre. — Danton avait été nommé secrétaira AV«c Gensonné, Barbaroux et Kersaint. Il insiste à cette occasion sur le besoin que rassemblée a de greffiers : a Les secfélaires ne perdent pas par cette fonction le caractère de représentants du peuple. Ils sont obligés d'écouter \^ diseussiott et d'émettre leur opinion. Il faut nommer des gref* fie» révocables à volonté, chargés de rédiger, sous l'inspeetion desseciétaires, les procès-verbaux de l'Assemblée. » 'L'AjBflemblée n'ayant pas adopté cette proposition, Danton donne fia^mission de secrétaire : « Car, dit-il, comme député, je dois prendre part aux délibérations, et, comme membre du comité de constitution, je veux élaborer jsiei uMes. *
. Buzotdemande que la Convention décrète que les émigré? soient bannis à perpétuité, et (jue, s'ils remettent le piçcl en Fnmce, ils soient punis de mort. Danton appuie cette motion : « Je n'ai qu'un mot à y ajouter. Sans doute quand la liberté est en péril, elle a soif du sang de la tyrannie; mais quand ell^ porte la guerre chez les tyrans, elle doit froidement délibérer ses lois. Or, vous aurez fait une loi froiijp îu portant la loi que Buzot vous propose. Ce sont les émigrés ettx-fliémes qui se sont bannis de la France. Rh bien! rendeï perpétuel le bannissement qu'ils se sont imposé,
4[u'ils aient été faibles ou lâcties, ils ne doivent plus revoir la patrie. Que leur dit la patrie? Malheureux ! vous ni^ave^ abandonnée au moment du danger, je tous repousse de mon sein. Ne revenez plus sur mon territoire, je deviendrais ua gouffre pour vous. [On applaudit.) »
Séance du 26 octobre. — Une députation du conseil général de la Commune de Paris est introduite à la barre. Sou discours est interrompu par des murmures. « On n'interrompt pas même un criminel, s'écrie Danton, et ici on a Taudace... » Les tribunes applaudissent. On demande de tous côtés que Danton soit rappelé à Tordre. « Danton, dit le président, je vous rappelle à l'ordre pour vous être servi d'une expression très-déplacée. » Guadet demande que le pouvoir exécutif soit tenu de déclarer, en exécution du décret prononcé dans une séance précédente, si chaque ministre a rendu compte de remploi des sommes destinées aux dépenses extraordinaires et secrètes. — Danton : « J'appuie cette proposition, et je rendrai compte, s'il le faut, de toute ma vie. Mais je vois qu'on poursuit avec acharnement ces bons citoyens... » L'Assemblée murmure, les tribunes applaudissent. Danton monte à la tribune. L'Assemblée passe à Tordre du jour.
Séance du 29 octobre. — Il s^oppose à Tenvoi du rapport de Roland aux départements et défend Robespierre.
Séance du 30 octobre. — Discussion sur la liberté de la presse. Lepelletier demande la liberté indéfinie de la presse et rappelle les efforts patriotiques, grâce auxquels la liberté de la presse est sortie pure et entière des travaux de TÂssemblée constituante : — « Malouet, qui était du parti de Taristocratie, d'André, qui était le modéré du parti prétendu patriote. Desmeuniers, Chapelier, qui parlaient sans cessie des mauvais placards, nous harcelaient sans cesse; mais
plusieurs bons esprits ont alors formé une coalition, un pacte civique pour conserver à TÉtat la liberté de la presse, et ils résistèrent à ces différents assauts. J'ai pour témoins, et j'interpelle ici tous les bons citoyens qui ont conspiré dans cette trame et participé à cette oeuvre vraiment civique; j'interpelle Buzot qui était alors un des plus ardents défenseurs de la liberté indéfinie de la presse, Pétion... [Grégoire, Lepeaux, Dubois-Crancé et pltisieurs autres membres U/us ensemble: El moi! Il s'élève de nombreux applaudissements,) Danton s'écrie : « La liberté de la presse ou la mort! » (Les applaudissements continûment dans u/ne grande partie de l* Assemblée et dans les tribunes,)
Séance du 6 novembre. — Il appuie la demande d'impression du rapport de Yalazé sur les crimes de Louis XVI : « Vous avez à justifier à l'univers et à la postérité le jugement que vous devez porter contre un roi parjure et tyran. Dans une pareille matière, il ne faut pas épargner les frais d'impression ; toute opinion qui paraîtra mûrie, quand elle ne contiendrait qu'une bonne idée, doit être publiée. Certes ]a dissertation du rapporteur sur l'inviolabilité n'est pas complète. Il y aura beaucoup d'idées à y ajouter. Il sera facile de prouver que les peuples aussi sont inviolables, qu'il n'y a pas de contrat sans réciprocité, et que, si le cidevant roi a voulu violer, trahir, perdre la nation française, il est dans la justice éternelle qu'il soit condamné. [On applaudit.) »
Séance du 9 novembre. — Il appuie le décret d'accusation, demandé par Ducos, contre Lacoste, ex -ministre : « Un des membres de cette Assemblée a dit, dans une circonstance bien grave, lors du décret d'accusation contre De- Içssart, une vérité politique bien précieuse. 11 a dit qu'il ne fallait pas de preuves judiciaires pour mettre un ministre en accusation. Lacoste n'est plus en place, mais vous
avez un grand procès à juger, et il est heureux pour vous d'avoir à confronter au roi un de ses anciens ministres. Que signifie cette didtrnction faite par Lacoste, entre un contfe* révolutiannaire et un homme qui n'aime pas la tévohsitiûn» Dans la langue de la hberté, tout fonctionnaire public qin n'aime pas la révolution, est un traître. (On applaudiL} Certes, je m'étoane que des membres qui cn^t sans cesse contre les ministres révolutionnaires, qu'ils accusent de n6 pas rendre leurs ccHSptes, sembieiit incliner à l'indulgence pour un ex-ministre évidemment prévaricateur. Lacoste n'a jamais été désigné par les vrais i^triotes peur être ministre; il est resté au ministère jusqu'au 10 août; il n'en est sorti que pour avoir une ambassade à Gênes. II n'était donc évidemment point haï de la cour. Je Souhaite qu'il soit innocent, mais le salut de l'Ëiat exige que vous tous assuriez d^ isa personne» J'«q^puie le décret élaccusation^ %
Séance du 30 novembre* — 11 s'oppose à la suppressioa du salaire des prêtres. « On bouleversera la France, dit-il, par l'application trop précipitée de principes philosophiques que je chéris, mais pour lesquels le peuple, et surtout oékiï des campagnes, n'est pas mûr encore. » Il demande que pour lairé cesser les agitations rayalistes, « on accélère te jugement du €i*devafit rei. »
ÂNNÉEE 1793.
Le 1«' décembre 1792, Danton, par ordre de l'Assemblée, avait été envoyé comnïe commissaire en Belgique avec tStcfoix, auprès de Dumouriex. B ne revint à Paris que te M janvier 1793. Aussitôt de retour, il pfrit une part active au!ic débats du procès du roi ^
i. On troBTe sons le n<»m de Dautoo, dras kt RéifwpreêHOn de Vançien Monikur, à U date du 14 janvier, «œ s^iie de profOsitioBs
Séance du 46 f^ivUr. <- Il demande que le jagement soit prononcé à la simple majorité : « Oo a prétenciu qm «elle éUdt l'importanœ de cette qnestfon, qu'il ne suffisait pas qu'on la Tid^t dans la forme ordinaire, h demantie pourquoi, quand c'esl par une simple majorité qn'on aprO'iKmcésurlIesortdelanalionentière, quaudoun'apas aitee pensé à soulever cette question lorsqu'il s'est agi d*abotir la royauté, on veut prononcer sur le sort d*un individUi d'ua conspirateur avec des fonues plus sévères et ptes «Aeanelles. Nous prononçons comme représentant par provision la souveraineté. Je demande si, quand une loi pénale est portée c^tre un individu quelconque, tous reuvoyez au peuple, ou si vous av«z quelques scrupules à lui donuer son eséculiim iiuuyédiate? Je demai^e si vous n'arrez pas volé à ta majorité absolue seulement lu république, tu guecfu ; et je detnRBmde si le sang qui coule au nnltea des cuasbuts ne covle pas défiai tivemeut? Les complices de Louis a'out^ ils pas subi iffîUïédiatement la peine saus aucun recoufsau peuple? et en vertu de Tarrét d'uu tribunal extraordlualre? Celui qui a été Tàme de ces oomplotss mérite-t-il une «&•> ceptîon? Vous êti^ envoyés psr le ffenple pour juger le* tyran, nou pas comme juges proprement dits, nais eonutte représeotauts : vous ne pouvez déoj^lvier violre caractère; je demande qu'on passe à Tordre du jour sur la ppopositian de Letasiy; je me npotivu et flCur les prinrapes, et sur ce
à pvopoa delà naoÂôra d« pTé§«»ter les notes sur le jug^aieat du roL C'est ie cooFontioanel Dannon, et aoB JS^atUon, qui e&t Tautear de ces propesitioos. L'erreur commise par M. Léonard GaUois esb d'autant plus grave ^e ces propositions ne sont nullement conformes au caractère de Danton, et semblent, par leurs dispositions calculées,, incliner an nrsis de la peine à infliger. Danton, qui était reyenu à Paris seulement le 14, ne psrul à l'Assemblée que le 16 janvier, ainsi que le prouve son absence aux deux appels nominaux qsii eurent UealeiS, oà DMitoa «et pc^té conna 4(^ ataat par aiisioiD. *
que TOUS avez déjà pris deux délibérations à la simple majorité. »
Voici quel fut son vote motivé au troisième appel nominal sur cette question : « Quelle peine Louis, ci-devant roi des français, a-t-il encourue? — Je ne suis point de cette foule d'hommes d'État qui ignorent qu'on ne compose point avec les tyrans, qui ignorent qu'on ne frappe les rois qu'à la tête, qui ignorent qu'on ne doit rien attendre de ceux de l'Europe que par la force de nos armes. Je vote pour la mort du tyran. »
Séance du 17 janvier. — Le président annonce une lettre des défenseurs du roi qui demandent à être entendus, et une lettre du ministre d'Espagne. Garan-Goulon prend la parole, Danton la prend en même temps que lui et le coupe.
— LouvET. Tu n'es pas encore roi, Danton... (Violents mwT' mures,) Quel est donc ce privilège?... Je demande que le premier qui interrompra soit rappelé à l'ordre. — Danton :
— Je demande que l'insolent qui dit que je ne suis pas encore roi, soit rappelé à Tordre avec censure..^ Puisque Garan prétend avoir demandé la parole avant moi, je la lui cède. — Garan croit qu'on ne peut pas refuser d'entendre les défenseurs^de Louis. — Danton : — Je consens à ce que les défenseurs de Louis soient entendus après que le décret aura été prononcé, persuadé qu'ils n'ont rien de nouveau à vous apprendre, et qu'ils ne vous apportent point de pièces capables de faire changer votre détermination. Quant à l'Espagne, je l'avouerai, je suis étonné de l'audace d'une puissance qui ne craint pas de prétendre à exercer son influence sur votre délibération. Si tout le monde était de mon avis, on voterait à l'instant, pour cela seul, la guerre à l'Espagne. Quoi! on ne reconnaît pas notre République et Ton veut lui dicter des lois? On ne la reconnaît pas, et l'on veut lui imposer des conditions, participer au jugement que ses représentants vont rendre? Cependant qu'on entende,
si on le veut cet ambassadeur, mais que le président loi fasse une réponse digne du peuple dont il sera Torgane et qu'il lui dise que les vainqueurs de Jemmapes ne démentiront pas la gloire qu'ils ont acquise, et qu'ils retrouyeront, pour exterminer tous les rois de TEurope conjurés contre nous, les forces qui déjà les ont fait yaincre. Défiez-vous, citoyens, des machinations qu'on ne va cesser d'employer pour vous faire changer de détermination; on ne négligera aucun moyen ; tantôt, pour obtenir des délais, on prétextera un motif politique ; tantôt une négociation importante on à entreprendre ou prête à terminer. Rejetez, rejetez, citoyens, toute proposition honteuse; point de transaction avec la tyrannie; soyez dignes du peuple qui vous a donné sa confiance et qui jugerait ses représentants, si ses représentants rayaient trahi. »
Séance du 18 janvier. — On soulève la question du sursis. Tallien demande qu'on la décide sans désemparer par raison d'humanité. Danton appuie la question préalable sur la proposition de Tallien : « On vous a parlé d'humanité, mais on en a réclamé les droits d'une manière dérisoire... Il ne faut pas décréter, en sommeillant, les plus chers intérêts de la patrie. Je déclare que ce ne sera ni par la lassitude, ni par la terreur qu'on parviendra à entraîner la Convention nationale à statuer, dans la précipitation d'une délibération irréfléchie, sur une question à laquelle la vie d'un homme et le salut public sont également attachés. Vous avez appris le danger des délibérations soudaines; et certes, pour la question qui nous occupe, vous avez besoin d'être préparés par des méditations profondément suivies La question qui vous reste à résoudre est une des plus importantes. Un de vos membres, Thomas Payne, a une opinion importante à vous communiquer. Peut-être ne sera-t-il pas sans importance d'apprendre de lui ce qu'en Angleterre.... (des murmures s*é lèvent.) Jq n'examine point comment on peut flatter
le peuple, en adolant; en Im nn seotlnient qui n^est pentéÊXB que celui d'^ne curiosUé atroce. Les yédtàbiee «mis éê peuf^e sont: à mes yeux, ceux qui Teulent prendre toutes les mesures néeessaiies pour que le sang du peuple me coule pas, qat la source de ses larmes soit tarie, que son opinion soit ramenée aux véritables principes de la morale, de la justice et de la raison. Je demande donc la question prtelabèe sur la proposilion de TalM^ ; et que, si cette proposition était imse aux wix, elle ne pût Tétrie'que par Vdippel nominaL i>
Sêûnceài» li^ janvier. — Le conseil exécTitif avait interdfit la représentation -de la pièce : Y Ami des lois, et enjoint aux directeurs 4e théâtres de ne pas représenter des pièces qui pourraient occasionner des troubles. La Convention, sur la proposition de Pétion, casse cet arrêté. Danton demande la parole : « Je l'avouerai, citoyens, je croyais qu'il' était d'autres otvjets qui doivent nous occuper que la comédie. {Hueiquesvoix : Il s'agit de la liberté.) Om, il s^agit de la liberté. Il s'i^it de la tragédie que vous deves dcmner aux nations, il s'agit défaire t(»nber sous lahaebe des lois la tôte d'un tyram (on murmur^)^ et non de misérables comé« dies. Mais puisque vous cassez un arrêt du couseil exécutif, fui défendait de jouer des pièces dangereuses à la tranquillité publique, je soutiens que la conséquence nécessaire de votre décret est que la responsabilité ne puisse peser sur la municipalité. Je demande donc que la munitipalîté soit dédiargée de sa responsabilité *. »
1. La motion de Danton fat repoussée par la question (préalaJblfl^ sur l'obseryation de Pétion : c Le langage que vient de teiûr à cetta tribune nn ancien magistrat, avait répondu celui-ci, a droit, sans doute, de nous surprendre tons. Vous venez de rendre un décret qa*ii ne vous était pas permis de ne pas rendre. Vous avez consacré un pmcipe que vaus ne pouviez pas méconnaître. Le pouvoir exécutif
Séance du2i janvier, -^ A propos de Tassassinat de Lep^etier, DaDlon toucbe à diverses questions : il se plaint de Fattitudc prise par Roland et ses amis, il demaDde que des mesures de sûreté générale soient prises, que l'on réorgaaise le niinistèr^, el que la nation tourne toute son énergie vers la guenre.
Séwnce du 31 jarwidr. — Danton demande la réunion de la Belgique à la Franee.
Le jour môme, 31 janvier, Danton et Lacroix repartirent pour la Belgique, où ils étaient renvoyas parla Convention ^
Séance du 8 mars. — La situation était grave. Â leur retopr, les commissaires en présentèrent un tableau qui B*était rieo moins qne rassurant, et que Lacroix terminait
a ovif classé ses limites, il a violé la plus sainte des lois, la liberté. S^ afréfié est ooagi en termes généraux; il est attentatoire à la Mlie^té de la pre^^. C'^t t^tûonirs eA istevdisant ainsi yagaement ce gui pourrait occasionner du trouble, qu'on a, sous l'ancien régime» enchaîné toutes les espèces de liberté. •
i. Sa f^mme^ Antoine tte^Gabrielle CbarpentierA qu'il lai^ait malade à Paris, mourut pendant son absence le 10 février 1793. Gollotd'Herbois fit ainsi son oraison funèbre aux Jacobins : « Les Girondins ; ont fait périr une citoyenne que nous regrettons, que nous pleurons tons. Ah t payons-lui le tribut de nos larmes : elle en est bien digne, lagénénease femme da dtoyen Danton. Son mari était absent, elle: était gisante danasoa lit; elle venait d'enfanter un nouveau citoyen, et c'^t dans ce moment que Roland et ses partisans lui ont porté h eoep |9u>rtel. Danton était dans la Belgique, ils ont profité de son , absence, les lâches t ils l'ont représenté commie désignant, dans les . journées des 2 et 3 septembre, les victimes qu'on devait égorger. Son épouse a reçu le coup de la mort, en lisant dans les journaux cette, atroce impulation. Geux qui saveut combien cette femme aimait Danton, peuvent se faire une idée de ses souffrances. Danton n'y était pas, mais ses ennemis étaient présents dans le fatal imprimé fui déchirait son âme. >
ainsi : « Voilà la position oCi nous en sommes; il paraît, dV près les dépêches qne le ministre de la guerre vient de vous lire que la réunion de Tarmée de Valence avec celle de Miranda peut être regardée comme un avantage ; elle n'est rien moins que telle, puisque l'avant-garde n'a pu abandonner sa position devant Liège sans abandonner à Tennemi' et cette ville et une partie de nos magasins. 11 faut donc prendre les mesures les plus promptes et les plus efficaces pour faire lever la nation, pour la faire marcher contre l'armée des despotes. »
Après ce récit de Lacroix, sur la proposition de Danton, la Convention décrète : « que des commissaires, pris dans son sein, se rendront le soir même dans les 48 sections de Paris, pour leur faire part de Fétat des armées françaises en Belgique, rappeler à tous les citoyens en état de porter les armes, les serments qu'ils ont prêtés et les sopimer, au nom de la liberté et de l'égalité, de voler au secours de leurs frères dans la Belgique; — Décrète, en outre, que des commissaires seront envoyés dans les départements pour le même objet. »
Séance du 9 mars. — Il réclame la mise en liberté de tous les prisonniers pour dettes. Sa proposition est décrétée par acclamation et à l'unanimité.
Séance du 10 mars, — Les plus mauvaises nouvelles arrivent des années : Liège est occupée par les ennemis, on a dû lever le siège de Maëstricht. Danton prononce un discours éloquent pour ranimer tous les courages et pour faire taire toutes les querelles de parti en face de la patrie à sauver. 11 demande l'organisation du tribunal révolutionnaire, séance tenante.
Dans la même séance, Danton intervient pour Stengel qui, né sujet de l'électeur palatin, avait dit ne pas vouloir porter les armes contre son pays et avait demandé à être
employé ailleurs, et qui était dénoncé pour ce fait à la Conveptioii : « Je suis bien éloigné de croire Stengel républicain ; je ne crois pas qu'il doive commander nos années. Mais je pense qu'avant de le décréter d'accusation, il faut quil vous soit fait un rapport ou que vous l'entendiez vous-mêmes à la barre. Il faut de la raison et de Tinilexibilité; il faut que l'impunité, portée jusqu'à présent trop loin, cesse ; mais il ne faut pas porter de décret d'accusation au hasard. Je demande que le ministre de la guerre soit chargé de faire traduire à la barre Stengel et Lanoue * . » La motion de Danton est adoptée.
Séance du il mars. — A propos de la démission de Beurnonville, Danton insiste sur la nécessité d'une unité et d'une cohésion plus grandes dans le gouvernement intérieur et extérieur de la République.
Séance du 20 mars. — 11 est nommé membre du comité de salut public.
Séance du 27 mars. — Danton demande une fois de plus avec une pressante éloquence, qu'on fasse trêve à toutes les discussions misérables de personnes pour ne songer qu'à sauver la République.
Séance du 28 mars. — Danton insiste pour faire respecter le droit de défense, dans la personne du lieutenant-général Lanoue, traduit à la barre de l'Assemblée pour rendre
I. Ce même gdnéral Stengel, dont la tête fut si menacée à l'époque de la déroute d'Aix-la-Chapelle, commanda ensuite, sous le Directoire, la cavalerie de l'armée d'Italie ; le général Bonaparte lui confia tes escadrons lors de son entrée en Piémont. Stengel fut tué en chargeant l'ennemi en avant de Mondoyi, et il fut remplacé par Uurat. (Note de Léonard Gallois dans la Réimpression du Moniteur),
compte de sa conduite. Jaliea demandait que soii «ide<»de* camp, qui était à la barre aussi, fût tenu de se retirer pendant les explicatioDs que le général allait doniier. Daalon s'y oppose: « L'Assemblée doil être ffoide. Le citoyen qui est à la barre n'est point déerêlé d'accusation; H a le droit de se faire dire, par ceux qui commandaieBt vv9c lui, ce qu'il a pu oublier, et ce qu'il croit propre à établir ea justification {Murmures de Vestréwitè.) le serai iaesorable aiiYers tous les ennemis de la patrie ; mais je «evai iiufassible lorsqu'il s'agira de remplir tes fonelions sacrées de juge. Quand même le citoyen qui est à la barpe «erait décrété d'accusation, il aurait encore le droit d* avoir unconsriL J'observe, d'ailleurs, que ce n'est point ici «n îuieprogaloire judiciaire, que tout doit porter sur les làUs, et qoà les répoases du génér jd ne peuvent riesi changer «'il est coupable. Ainsi, je vous invite, citoyens, à ne pas inontrer cette envie de trouver sans cesse des coupables. [Applaudissemmts.) « L'Assemblée passe à l'ordre dn jour sur la proposition de Julien. Le président, annonçant qu'il a épuisé la série des questions à faire à l'inculpé, Danton reprend la parole : a Ces questions soat insuifisauies; il luift qu» les comités fassent un rapport de ressemble de cette «afi^ire, qu'ils p^posenl; une série de questions, qu'elles soieot discutées dans l'Assemblée, et ensuite ou tes présentera àf accusé. La proposition est décrétée^
Séance du 30 mars. *— Après une dénonciatioi {aitecoBitie le député Salles» plusieurs voix s'^è? ent pour «ccuBer Danton. — Un membre du côté droit : « Je demande que Danton rende ses comptes. « — Un autre: « qu'il nous dise à quoi il a employé les quatre miUioQS de dépenses secrètes. » — N... : tt Je demande l'exécution du décret ca vertu duquel Danti)n devait nous rendre compte de l'éUt de la Belgique, au moment de son départ. U importe que «ous connaissions toutes les opérations de noS'Coaimissaircs dans
cette partie. » •«- BaBtcm répond qu^il est prêt à rendre «ompte de sa conduite «t à entrer dans toutes tes esnlications qu'on exigera.
S4ance du l^p avril. — H répond aux accijisatioos de L*^r source.
Séance du 3 avril. — Isnard avait présenté un projet de décret pour créer dans te sein de la Convention un comiîé d'exécution composé de neuf membres qui atent te pouvoir de destituer tous les agents du pouvoir exécutif. — « le demande aussi la parole pour une motion d*ordre, dit Danton. Quelle qu'ait été la divergence des opinions, il n'en est pas moins vrai que la majorité de la Convention veut la r^blique. [Un graud nombre de voix : Tous la veulent 1 } Nous voulons repousser et anéantir la conjuration des rois; nous sentons que telte est la natare des circonslanoes, telle est la grandeur du péril qui nous menaoe, qu'il nous faut an dév^ppemeut extraordinaire de force» et de mesures de salut public ; nouscherchond à établir une agence funeste pour les rois; nous sentons que, pour créer des armées, trouver de nouveaux chefs, il faut un pouv^r nouveau toujours dans la main de la Convention, et qu'este puisse anéantir à volonté; mais je pense que ce plan doit être médité, approfondi. Je- crois qu'une République, tout en proscrivant les dictateurs et les triumvirs, n'en a pas moins le pouvoir et même te devoir de créer une autorité terxlidki. Telte est la violence de la tempête qm ag^e le vaisseau de TËtat, qu'il est impc^sible, pour le sauver, d'agir avec les seuls principes de l'art. Écartons toute idée d'usurpation. Ëti! qui donc pourrait être usurpateur? Vous voyeeque cet homme qui avait remporte quelques victoires va appeler contre lui toutes les forces des François. Déjà le département où il est né demande sa tête. Rapprochons-nous, rapprochons-nous fraternellement; il y va du salut de tous. Si la conjuration triomphe, elle
proscrira tout ce qui aura porté le nom de patriote, quelles qu'aient été les nuances. Je demande le renvoi du projet de décret, et Pajournement à demain. » Les neuf membres désignés pour le nouveau comité furent Barère, Delmas, Bréard, Gambon, Jean Debry, Danton^ Guiton-Morvaux, Treilhard, Lacroix.
Séance du 5 ami, — Lacroix avait fait la motion qu'aucun ci-devant privilégié ne soit admis dans l'armée ni comme volontaire ni comme olfîcier, mais qu'elle fût exclusivement composée de sans-culottes. Cette proposition avait été adoptée par acclamation. « Le décret que vous venez de rendre, dit Danton, annoncera à la nation et à Tunivers entier quel est le grand moyen d'éterniser la république; c'est d'appeler le peuple à sa défense. Vous allez avoir une armée de sans-culottes (on applaudit a plusieurs reprises dans toutes les parties de la salle); mais ce n'est pas assez ; il faut que, tandis que vous irez combattre les ennemis de l'extérieur, les aristocrates Ûe l'intérieur soient mis sous la pique des sans-culottes. (Les applaudissements recommencent.) Je demande qu'il soit créé une garde du peuple qui sera salariée par la nation. Nous serons bien défendus, quand nous le serons par les sans-culottes. J'ai une autre proposition à faire; il faut que dans toute la France, le prix du pain soit dans une juste proportion avec le salaire du pauvre : ce qui excédera sera payé par le riche. [On applaudit,) Par ce seul décret, vous assurez au peuple et son existence et sa dignité; vous l'attacherez à la révolution; vous acquerrez son estime et son amour. Il dira : nos représentants nous ont donné du pain; ils ont plus fait qu'aucun de nos anciens rois. Je demande que vous mettiez aux voix les deux propositions que j'ai faites, et- qu'elles soient renvoyées au comité pour vous en présenter la rédaction. » Ces deux propositions sont adoptées au milieu des applaudissements de toute l'Assemblée.
Séance du 10 avril. — A propos d'une adresse rédigée dans la section de la Halle-aux-Blés, adresse qui circulait dans toutes les autres sections, demandant que Roland fût décrété d'accusation ainsi que tous les autres députés. coupablesy Pétion avait fait la motion que le président et les secrétaires de la motion fussent appelés à la barre pour être de là envoyés au tribunal révolutionnaire. Danton monte alors à la tribune, aux applaudissements d'une partie de TAssemblée et des spectateurs : « C'est une vérité incontestable, que vous n'avez pas le droit d'exiger du peuple ou d'une portion du peuple plus de sagesse que vous n'en avez vous-mêmes. Le peuple n'a-t-il pas le droit de sentir des bouillonnements qui le conduisent à un délire patriotique, lorsque cette tribune semble continuellement être une arène de gladiateurs? N'ai-je pas été moi-même, tout à l'heure, assiégé à cette tribune? I^e m'a-t-on pas dit que je voulais être dictateur?... Je vais examiner froidement le projet de décret présenté par Pétion; je n'y mettrai aucune passion, moi; je conserverai mon immobilité, quels que soient les flots d'indignation qui me pressent en tous sens. Je sais quel sera le dénouement de ce grand drame; le peuple restera libre; je veux la République, je prouverai que je marche constamment à ce but. {On applaudit.) La propoâition de Pétion est insignifiante. On sait que dans plusieurs départements 6n a demandé tour à tour la tête des membres qui siégeaient dans l'un ou l'autre des côtés de la salle. N'a-t-on pas aussi demandé la mienne?... "Tous les jours il arrive des pétitions plus ou moins exagérées; mais 11 faut les juger par le fond . J'en appelle à Pétion lui-même. Ce n'est pas d'aujourd'hui qu'il se trouve dans les orages populaires. Il sait bien que lorsqu'un peuple brise sa monarchie'pour arriver à la République, il dépasse son but par la force de projection qu'il s'est donnée. Que doit faire la représentation nationale. Profiter de ces excès mêmes. Dans la première Assemblée constituante, Marat n'était ni
moins temhb au^x aristocrate», ni mollis odi«Qx «m i^odéffés. BU We« î Marat, y tfou?» 4ç3 défensem^; U 4i§9it âii^sl ^a^ la w&jûrité étdU mauvaise, et lelte ratait, Cç s^'est' pua qu0 je OTQia ^'il en ihoit de r&j^me d@ celta ^^eei»^» litis q^e 4e¥e«irVQU9 répondit» au peupj^ qu?^ ii \m& dit
République* Et deptui* quand vous dQitroiide«i ôloee^l^tofr wm a la lia de vatre mBaij^o ? Op paf ]jÇ deg catofliuiif^rteiii» : U^ calomûie dans un État yraiment libre n'est rien pour l'hom^ie qui a la cQnscieQ.ûe intin^de sqa devQif. {^re vue foisi, tout oe qui a rapport 4 la calomnie ne p^t ^im to; b^^ d'une délibération daïiB la GooYQ^tloia. Il existe 4ps l'oilEii 4eft tribunau^L; que oeux qm cr<(Heot devoir poursuivre cette adresse, Ty poursuivent. Oui, je le déciare, vous «eriez indignes de votre mi^ion, si vous n'avi^9 pas constçiiQUieat devant les yeux ces grapds objets ; v*ini?r0 l^ en^^g^ia, rétablir Tordre dans Tintérieur, et faire um bopî^e o^H^iituêion. N^us la voulons toua, ]a Frwce la veut; elle ser^ d'autant plus beUe qu*a(te sera n^e m osiiieii de^ otages de la liberté; aiusi un peuple de l'antiquité c^nstruipaijt ses murs, en tenant d'une mmn }a tf ualte, eï d^ l'autre Tépôe pour repousser les eoaefuip. lï'aîions p:^ npu3 (al^ la guerre, animer les aecUon^, les meUre en délibération sur des calomnies, taui^ que uqu& im^m <?oi|cei)triçif l^ur énergie pour la diriger ooivtre tes A^rkbi^ps,,. Que Fw ne vienne donc plus nous apporter d^ iém^M^UP^ ^^9&èr 4^es, comme si V^n craignait 1» liort, {On sHurmMr^ lÂPAm. -r- Je ne <»aiBs ^s la pwart pour moi, mais je crains celle de 4a République,) Voilà Vexempie que vous donnez! Vous vojdea sévir coijitre le peuple, et vous êtes plus virulents q^ lui! {Quelques rumeur$i,) Jq demande la qj^stion préalable et le rapport du cçn^té d# salut public. »
Séance du i^ avril. •-r.Gviadc.t, réppod^nt aux. ^tce^sations de RobQspierrfîi met en cause Dain^pn : « Dans to^^ les spec-
tacles de Paris, qui était eaos ces^e aux e^tts de Ottnicm»» riez? Votre DantoQ !» -- « Ah ! tu m'acciwea, mM I... s'icpie Dâ&ton, tu m coDsaû pas iDa larce... Je t0 rendrai, }p prouyerai tes crimes^.. A TOpéra, j'étaJui dans we loge h côté de lui, et non dans la sienne... Tu y étais aussi ^ »
Harat, pour avoir voulu défendre à ia tribune une j^stih cliouatioa de la société d«s Amis <kl^ ÇQu^Umim^ ooib cluai^t à ce qu'on marcbàt contre FAg^QuaJo^e pour Mre justice des traîtres» est décrété d'accusation. Ufte v^i^ 4&mande que ceux^à seuls qui voudraient jpAiIer eu bveoi* de ilaxat soient entendus. Cette proportion est adoptée. -»a Je savais bien, dit Oanfiou, que la majorité de la Convei^k* tiou ue vtoadjait pas prononcer sur )e sort d'un de ses membres sans av^r entendu parter, non en {aveu]p d'un hOËmme, mais de l'intérêt public. Marat u'est-il pa/a repré>seutant du peuple, et ne vous souvene^-vous plus 4^ c^e grand principe que vous ne deve^ entamer la Gonventioa qu'autant qu'une foule de preuves irré&agables eu dômpiktreraient la nécessité? Si je demande quti e^t lie cqupabte d«ms cette a£^ire, vous me dires : G'^ Marat, Q répondjra :
1. « On a dit qne ce qui aniffia le plus les Girondifis eontre Danton et le» rendit iriiéeondliables, ee fut le trait amer qn'il laaça contre le iBiaûtre de l'iatériettr^ an moment où celui-ci ollraat de donner sa d^ssion de ministre ponr Gon^ervor son litre de 4^ati^. Vowi ie |ui5«age : « P^rs^mne ne rend pins ju^ftice (pa^ sm à Qplaiid ; mm je » vous dirais si vQv^ lui Caitea m9 invitation, fai(es*la dojic aussi à
• U°« Holand* car to^it le monde sait que Roland n'était j^a^ sçul
• dans sou département. Moi, j'étais seul dans le miep,,, Puis^iji'il
• s'agit de dire hatitemeot sa pense'e, je rappellerai, moi, qu'il fut
• «n moment où la confiance fut tellement abattue, qu'il n*y avait
• plus de ministres, et que Roland lui- môme eut l'idée de sortir de « Paris. » La seooode partie de celte allocution prouTO la vérité de ce que nous a apprâs Fabre d'Egiantine à pno^s des jonrnées de tciKembre. t'hisloire ne doit pas l'ocfcblior, les ministres vouUie^t fuir. » (Alfred Bougeart. OatUon. Docwnentu auihentiq.m$).
ce sont les hommes d'Étstt. La grande question est de savoir ce que c'est que la conspiration d'Orléans, et si elle existe; j'ai cru longtemps que cette faction n'était qu'une chimère, mais je pense aujourd'hui qu'elle peut avoir quelque réalité. Le vrai coupable, c'est d'Orléans. Pourauoi n'est-il pas déjà traduit au tribunal révolutionnaire, du lieu d'être confondu avec les femmes de sa famille? Eh! remarquez bien que ce n'est que par cette instruction immédiate que l'on connaîtra enfin et la faction et les complices.,. Je demande donc, car cette mesure doit précéder toute décision à prendre sur Marat, qu'avant tout il soit statué sur cette proposition : que d'Orléans sera traduit devant le tribunal révolutionnaire. Je demande aussi que ce tribunal soit tenu d'envoyer à la Convention copie exacte de la procédure qui sera faite dans l'affaire d'Orléans, afin que la Convention puisse connaître ceux de ses membres qui ont pu y tremper ; et comme j'aime à lier deux grands objets, je demande aussi que la tête des Capets émigrés soit mise à prix... Je passe à Marat, et, à son égard, je dis qu'il est impossible que vous vous écartiez assez des priocipes de justice pour le décréter d'accusation, — je ne dis pas sur son écrit, mais sur tous les faits dont on l'accuse, — sans avoir envoyé à un comité; et pour qu'il y ait réciprocité, je demande le renvoi au même comité, des accusations faites par Marat contre ses accusateurs. Mais examinez quel moment vous choisissez pour traiter cette question. {Plmieurs membres: Nos collègues sont absents,) Voulez-vous saisir cet à propos pour entamer une partie de l'Assemblée, tandis que cette même partie a eu le courage de vous quitter pour aller échauffer l'esprit public dans les départements, et diriger de nouvelles forces contre les ennemis; si Marat est coupable, Marat n'a pas l'intention de vous échapper. {Marat: non.) Tous les griefs qu'on croit pouvoir lui reprocher ne seront point aiîaiblis par ce renvoi à un comité. Je demande que mes propositions soient mises aux voix, »
Séance du i^ aiyril, — Danton demande que la peine de mort soit décrétée contre quiconque proposerait à la République de transiger avec les ennemis qui, pour préliminaire ne reconnaîtraient pas la souveraineté du peuple.
Séance du 19 avril. — Danton s'associe à Yergniaud pour faire consacrer la liberté des cultes.
Séance du 24 aoril. — Marat, mis en accusation par l'Assemblée, avait été acquitté par le tribunal révolutionnaire; le peuple le ramena en triomphe à la Convention. Danton prit la parole : « Ce doit être un beau spectacle pour tout bon français, de voir que les citoyens de Paris portent un tel respect à la Convention, que ça été pour eux un jour de fête que celui où un député inculpé a été rétabli dans son sein. (On applaudit.) La Convention a dû applaudir à de pareils sentiments : elle Ta fait. Elle décrète que les citoyens qui venaient lui manifester ici leur satisfaction de ce que la représentation nationale est restée intacte, défileraient dans cette salle. Ëh bien! que ce décret s'exécute. Nous avons vu leur satisfaction, nous avons partagé leurs sentiments : maintenant il faut que les citoyens défilent, qu'ils évacuent le lieu de nos délibérations, et que nous reprenions nos travaux. {On applaudit *.) »
I. Marat reconnaissant écrivait à quelques jours de là, dans VAmi du peuple : « Je regrette de n'avoir pas le temps de rapporter ici le discours de Danton ; j'observerai qu'il est de main de maître, et d'autant plus précieux qu'il contient l'engagement solennel qu'a pris Danton de combattre de'sormais avec un courage indomptable. Or^ on doit beaucoup attendre des moyens de ce patriote célèbre ; le peuple a les yeux sut lui et l'attend dans le champ de l'honneur. » — Ce n'est pas d'aiUeurs que Marat ne garda quelques griefs contre celui qui avait déclaré peu de temps auparavant « ne pas aimer l'individu Marat. » Un peu plus tard, le bruit s'étant répandu à nouveau d'une prétendue dictature partagée entre Danton, Marat et Robes-
Séance du tl avriL — Banton appjaie l'idée de l'impôt snr les rîchç^, et ^t déciéter Feavoi de viagimUle laoames dans TOoest.
Séance eu l« mai, — La CwiveBtion avait infligé ua blâme à une pétition, outrageante pour elle, du faubourg Saint-Antoine. Danton proteste au nom du droit âe pétiUoii : « Sans doute la Convention nationak peut éprottyep w mouvement d'indignation quand on lui dit qu'elle n'a rien fait pour la liberté; je suis loin de désapfirouver ce «eyc^timent; je sais que la Gonventioa peut répoaiire qu'elle a frappé le tyrae, qu'elle adéjoi^é tes projets, d'un ambitieii^ qu'elle a créé un tribunal ré^elutiaQuaire pour juger tes ennemis de la patrie ; enfin qn'etie dirige l'énergie fraor* çaise contre les révoltés; voiià ce que nom avous fajt. Mais ce n'est pas'j[)ar un s^timeot d'iiidignation que nous devras prononcer sur une pétition bonne en elle-rmétne, le m» <|u'on distingue la pétitiau du dernier paragraphe, naai&oa aurait dû considérer ce qu'était la plénitude du droit de pétition. Lorsqu'on répète souvent ici que noussouuues incapables de sauver la cbose pui)lique; ce n'est pas un crime de dire que, si telles mesures ne sont pas adoptées, la nation a le droit de s'insurger... {Pkisieur&mi» : Les pétitionnaires ne sent pas la na^n.) On couviendm saBS doute que la volonté générale ne peut se composer ea masse que de volontés individuelles. Si vous m'accordez cela, je dis que tout français a ledrodt de dire que» si telle mesure n'est pas adoptée, te peuple a le droit de se lever ea masse. Ce n'est pas que je ne sois convaincu que de naawvais citoyens égarent le peuple, ce n'est pas que j'approuve fei pétitioii qui VQus a élé présentée; mais f examine le droit
pierre^ VAmi àupewfl» pépoBdit, à l'éganl ds Qanton : « H râmit et i«s talents et Fënergie d'un chef de paFti, Biais ses iQ&liuftUons naturelles remportent » loia, qu'il piséfôire oae chaise perche 4 «n ifône. »
do pêtitk)ii en lui-même, et je dis que -cet asile âeTrait éhre sacré, que pereoime ne devrait se permettre d'insulter ua pélîtîo»nalre, et qu'un simple individu devrait être respecfté par les représentants du peuple comme le peuple tout entier. (Quelques rumeurs.) Je ne tirerais pas cette coiwôefuenee do ce que je viens de dire, que vous assuriez llmpunitê à quiconque semblerait être un conspirateur dangereux, dont Tarrestation serait nécessaire à Pintérêt puixlic; mais je dis que quand il est probable que le crime d'un #&<]Hvidu ne consiste que dans des phrases mal digéorées, vous devez vous respecter vous-mêmes. Si la Goaventiou sentait sa force, elle dirait avec dignité et non avec passion, à «eux qui viennent lui demander des eooiptes eft lui déclarer qu'ils sont dans un état d'insurrection: voilà ce que «003 avons foit, et vous, citoyens, qui croyez avoir l'initiaitive de tinsorreetion, la hache de la justice est là pour V9SS flipper ^ vous êtes coupables. Voilà cfimme vous devez leur répondre. Les habitants du faubourg Saânt-An-* toine vous ont dit qu'ils vous feraient un reimpart de leur Doi^s, après oert,te déclaration, comment n'av^^vous pas répondu atix pétitionnaires : citoyens, vous avez été dans Terreur, ou bien : si vous êtes coupables, la M est lit pour vous punir. le demande l'ordre du jour, et j'observe que quand il sera notoire que la Convention a passé à Tordre du jour motivé sur l'explication qui lui a été donnée, il n'y aura pas de pusillanimité dans sa conduite ; croyez quHin pareil décret produira plus d'effet sur l'âme des citoyens qu^n décret de rigueur, fe demande qu'«i accordant les honneurs delà séance aux pétitionnaires, l'Assemblée passe à Tordre du jour sur le tout. » Cette proposition est décrétée.
Séance du 8 mai. — Il propose des mesures pour activer te jn^rutement dans les sections.
Séance du 10 mai. — A propos de la mort du général
Dampierre, on avait proposé de lui décerner les hoûneurs du Panthéon : — « L'événement malheureux que vous venez d'apprendre, vous fournit l'occasion de consacrer un grand principe. Dampierre est déjà dans un temple de mémoire supérieur à tous ceux élevés par la main des hommes, celui de l'immortalité. Décrétons pour principe que nul ne pourra entrer au Panthéon français que vingt ans après sa mort ; laissons à une génération entière le soin de juger si cet honneur fut mérité. »
Sur la motion d'Isnard qui avait proposé de décréter un pacte social avant la Constitution : — « Isnard aurait dû sentir que les éléments de la justice humaine et la source delà liberté des nations sont dans la déclaration des droits ; il aurait dû sentir qu'une Constitution était le véritable pacte social, et qu'une Constitution acceptée par le peuple était éternelle comme lui... Puisque vous allez de nouveau écrire la Constitution, je pense qu'il faut déclarer de nouveau que le gouvernement de la France est républicain, et- discuter ensuite une série d'idées fondamentales. IL faudra que le pouvoir exécutif soit élu par le peuple; il faudra l'investir d'une grande puissance et le balancer par une autre ; il faudra qu'un tribunal, créé par la nation, sqit chargé d'acquitter ou de condamner tous les fonctionnaires sortant de place; il faudra surtout se pénétrer de cette vérité que le peuple est essentiellement bon, et que les fonctionnaires publics ont intérêt d'être mauvais. Je demandedonc que la Convention nationale, écartant la motion d'Isnard^ proclame encore, à la face de l'univers, que la France est une République. »
Séance du 10 mai. — A propos du soulèvement des provinces : — « Une loi que l'humanité réclame et que vous avez déjà adoptée, pourra contribuer eflBcacement à éteindre cette guerre civile. Il y a parmi les révoltés des hommes qui ne sont qu'égarés et contraints. Il ne faut pas les réduire au
désespoir. Je demande qu'on décrète* que les peines rigoureuses portées par la Convention nationale ne porteront que sur ceux qui seront convaincus d'avoir commencé ou propagé la révolte. »
Séance du 23 niai. — Les Girondins avaient proposé un décret ainsi conçu : « La Convention nationale met sous la » sauvegarde spéciale des bons citoyens la fortune publique» » la représentation nationale et la ville de Paris. » « L'objet de cet article n'a rien de mauvais en soi, dit Danton. Sans doute la représentation nationale a besoin d'être sous la sauvegarde de la nation. Mais comment se fait-il que vous soyez assez dominés par les circonstances pour décréter aujourd'hui ce qui se trouve dans toutes vos lois? Sans doute l'aristocratie menace de renverser la liberté, mais quand les périls sont communs à tous, il est indigne de nous de faire des lois pour nous seuls, lorsque nous trouvons notre sûreté dans celles qui protègent tous les citoyens. Je dis donc que décréter ce qu'on vous pi'opose c'est décréter la peur. (N... ~ Eh bien, j'ai peur, moi!...) Je ne m'oppose pas à ce que Ton prenne des mesures pour rassurer chaque individu qui craint pour sa sûreté ; je ne m'oppose pas à ce que vous donniez une garde de crainte au citoyen qui tremble ici. Mais la Convention nationale peut-elle annoncer à la République qu'elle se laisse dominer par la peur. Remarquez bien jusqu'à quel point cette crainte est ridicule. Le comité vous annonce qu'il y a des dépositions portant qu'on a voulu attenter à la représentation nationale. On sait bien qu'il existe à Paris une multitude d'aristocrates, d'agents soudoyés par les puissances; maîf" les lois ont pourvu à tout; on dit qu'elles ne s'exécutent pas; mais une preuve qu'elles s'exécutent c'est que la Convention nationale est intacte, et que si un de ses membres a péri, il était du nombre de ceux qui ne tremblent pas. Ainsi donc, quand il est démontré que les propositions laites par des hommes pervers de porter atteinte à la
représentation nationale, ont été rejetées avec horreur, quand Paris est prêt à s'armer contre tous les traîtres qu'il reBrferme, pour protéger la Convention nationale, il est absorée de créer une loi nouvelle. Pour protéger la Convention nationale, il ne s'agit que de bien diriger l'action des lois existantes contre le vrai coupable. Encore ane fois, je ne combats pas le fond du projet; mais je dis qu'il se trouve â«tBS les lois préexistantes. Ne faisons donc rien par peur ; ne faisons rien pour nousHonémes; ne noufl attachons qu'aux c<hisidérations nationales ; ne nous laissons point diriger par les passions, s>
Séance du 25 mai. — li comba/t la demande de supprioier toute correspondance ^tre les sociétés poi»ulaires.
isnard, plaident de la Con^ntion., répond à une dé^tation de la Commune : « Si jamais par ses insorrecttoos s»» » cesse remissa^te^, 11 amvoitqiie Paris portât atteinte à la » n^présentation nationale, je vous le déclare au nom de la » France entière, Paris serait anéanti ; bientôt on cherdififût > ^r les rives de la Seine, ai Paris a existé. * Un ifûfiHint après Isnard fait un acciadl tout différent à une dépatation de la section des gardes françaises. Danton prend La pacole : -- « Si le président ett présenté Tolivier de la paixà la€<Httmune avec autant d'art qu'il z présenté ie signa] dncooèat aux guerriers qui vrennenl de déiiler kiy j'aurais applMdià sa réponse, mais je dois, examiner qnel peut être l'effet politiquce de son disoonrs. Assez et trop liongteo^ on a oalomnié Parts en masse. {On appkmdit dans la parlée gwuche et dans les tribunes, M s'élève de moknts mummryes dans Uk partie droite). Ce n'est pas pour dîîBcultper Pari^ que je me 6uis présenté à cette tribune, il nV^n a pas besoin. (Ai^jpiani* dissemmts). Mais c'est pour la République enttère. U il»* porte de détruire auprès des départements les impcessiooa défavorables que pourrait fains la répoiMe du présid^ol. Quelle est «ette Imprécation du pcésûtent €QiMf« t^^ tt ^
1 étrange qu'on vienne présenter la dévastation que feraient et Pasrîs tous leg départements, si cette ville ge rendait cofuîsttbte... (Oui, s^êerimt tm grand nombre de voix, il& le feraient. — On murmure dans l'extrême gauche). Je me connais attôsi^ ttOi,en figures «raloires. {Murmures dans ta partie idftn^te). Il enti^ d*n« h réponse dn président nn sientiment d'aïoetttiîtte. Pounjuoi supposer qu'un jour on chei*cl»ïa vaiîïfttneiit 8«r les rives de la Seine, si Paris a exislêt Loin dtin président de pareils sentiments, il ne lui appartsmt que de présenter des idées consolantes. Il est bon que la RépuW^e ôâdte qm Pïirîs ne déviera jamais des principes; ipi^près avoir dêtfuft le trône d*un tyran couvert de ctiiûeg, il ne le relèvera pas pour y asseoir un nouveau dèà* pote. OUB l\m sache aussi que les représentants du peuple marcbieiit entre deux écweils ; ceux qui servent un parti lui apporte!!!! leuirs vues cô&iïne leurs v«rtus. Si dans le paHi qui sert le peuf^e, il se trouve des coupables, le peuple ^CM les punir; maâs faitfes aitentîon à cetve grande vérité, c'est que sHl fallait choisir entre deux *xt»ès, il vaudtait mîettx se jeter du côté de là liberté que de rebrolïssiM' Vers l'esclavage. Depuis quekjue temps les patriotes sont opprimés dans les sections. Je tonnais l'insolence des ennemis du peuple ; ils ne jouiront pas longtemps de leur avantage; bientôt les aristoerateS, fidéteS aux seotinsenls de fureur qui les animent, vexeraient tout ce qui a porté le caractère de te liberté; mais le peuple détrompé les fera rentrer dans le néant. (On applaudit). Qu'avons-nous à fa*he, Uôuslégtslatfeuts, qtfi sommes au centre des événements? Réprimons tous les audafcieiix; "ttHiistoumons-notts d'abord vers l'aristocrate, car il ne changera pas. ((^ appèéud^t), Ptfroii les bons citoyens, il y ea a de tropiropétueux, nais pourquoi leur faire un crime d'une énergie qu'ils emploient à servir le peuple? Sli n'y avait pas eu des hommes ardrafts, si le peuple lui-même n'avait pas été violent, il n'y aurait pas eu de révolution. [Onapplaïudit à plwieifrs repri^sy.. U £aut réunir les ûé*
parlements, il faut bien se garder de les aigrir contre Paris. Quoi ! cette cité immense qui se renouvelle tous les jours, porterait atteinte à la représentation nationale! Paris qui a brisé le premie- le sceptre de fer, violerait TArche sainte qui lui est confiée 1 Non ; Paris aime la révolution ; Paris par les sacrifices qu'il a faits à la liberté, mérite les embrassements de tous les Français. Ces sentiments sont les vôtres, eb bien! manifestez-les; faites imprimer la réponse de votre président, en déclarant que Paris n'a jamais cessé de bien mériter de la République. Puisque la municipalité... (/i s'élève de violents murmures dans une grande partie de la salle). Puisque la majorité de Paris a bien mérité... {On applaudit dans toutes lès parties de la salle). Et cette majorité, c'est la presque totalité de Paris. {Mêmes applaudissements). Par cette déclaration, la nation saura apprécier la proposition qui a été faite de transporter le siège de la Convention dans une autre ville. {On applaudit). Tous les départements au-; ront de Paris l'opinion qu'ils doivent en avoir, et qu'ils en ont réellement. Paris, je le répète, sera toujours digne d'être le dépositaire de la représentation générale. Le peuple français, quelles que soient vos opinions, se sauvera lui-même, s'il le faut, puisque tous les jours il remporte des yictoires sur les ennemis, malgré nos dissensions. Le masque arraché à ceux qui jouent le patriotisme... (On applaudit successivement dans toutes les parties de la salle) et qui servent de rempart aux aristocrates, la France se lèvera et terrassera ses ennen^is. {Applaudissements). »
Séance du 27 mai. — Une députation de la section de la cité vient réclamer contre la commission des douze qui a fait enlever nuitamment son président et son secrétaire. Robespierre demande la parole, elle lui est refusée. Danton. — « Je vous le déclare, tant d'impudence commence à nous peser, nous vous résisterons. » Tous les membres à Textrôme gauche. — a Oui, nous résisterons. » {On applaudit à plu-
sieurs reprises dans lès tribunes). On demande dans la partie droite que la déclaration de Danton soit consignée dans le procès-verbal. Danton.— « Oui, je le demande moi-môme.» La déclaration de Danton est consignée dans le procès-yerbal. Danton monte à la tribune. — « Je demande la parole. » Plusieurs voix, — « Vous ne serez pas privilégié. » Le président. — <c Danton a fait une déclaration; comme elle doit ' être insérée dans le procès-verbal, il demande à la répéter. » Danton. — Je déclare à la Convention et à tout le peuple firauçais, que si Poo persiste à retenir dans les fers des citoyens qui ne sont que présumés coupables, dont tout le crime est un excès de patriotisme; si l'on refuse constamment la parole à ceux qui veulent les défendre : je déclare, dis-jç, que s'il y a ici cent bons citoyens, nous résisterons. (Oui, oui, 5'ecne-r-on à Vextrême paiMj/ie). Je déclare en mon propre nom, et je signerai cette déclaration, que le refus de la parole à Robespierre est une lâcbe tyrannie. {Les mêmes voix. — Oui, un despotisme-affreux). Je déclare à la France entière que vous avez mis souvent en liberté des gens plus que suspects sur de simples réclamations, et que vous retenez dans les fers des citoyens d'un civisme reconnu, qu'on les tient en cbarte privée, sans vouloir faire aucun rapport... Tout membre de l'Assemblée a le droit de parler sur et contre la commission des douze. C'est un préalable d'autant plus nécessaire, que cette commission des douze tourne les armes qu'on a mises dans ses mains, contre les meilleurs citoyens; cette commission est d'autant plus funeste, qu'elle arrache à leurs fonctions des magistrats du peuple. {On murmure dans la partie droite). Si vous vous obstinez à refuser la parole à un représentant du peuple qui veut parler en faveur d'un patriote jeté dans les fers, je déclare que je proteste contre votre despotisme, contre votre tyrannie. Le peuple français jugera. » Danton descend de la tribune, au milieu des applaudissements d'une partie de rassemblée et des tribunes.
DaDS la même séaBce, Danton prend encore la parole pûur protester de Bcm amDur de la paix et de son zèle posir laeon* cilîation : « J'interpelle le ministre de l'intérieur de dife si je n'ai pas été plasieurs fois chez l«û pour l'engager à calmer les troubles, à noir les départements, à faire cesser les préventions qu'on leur avait inspirées contre Paris; j'inter^ pelle le ministre de dite si depuis la révolution je ne l'aipas invité à apaiser toutes les baines, si je ne lui ai pas dit : je ne veux pas que v<mis flattiez Id parti plutôt que tel «olare, mus que vous prêchiez Timiffu. Il est des hommes qini &e peuvent se dépouitier d'oa ressentiinent Pour moi, la sature m'a fait irapéiueirs, mais exempt de haine. Je i'iuÉer- ;pel>te de dire s'il n'a pas recon:Bu que les prétendu» amis de Tordre étaient la cause de toutes les divisions, s'il u'a pas reconnu que les citoyens tes plus exagérés sont les plus amis de l'ordre et de la paix. »
Séance du tS 'mai. — Le ^, cfn était revenu sur le ââcret qui cassait la commission des douze, on voulait le ra|>por* ter. « Totre décret d'hier, (tit Danton, était un grand acte de justice; J'aime à croire qu'il sera reproduit avant la levée de la séance. Mais si la commission conservait le pouvoir que, je le sais de bonne part, elle voulait exercer sur les membres mêmes de cette Assemblée... {Plusieurs voix, — Oib, oui. D'autres. — €cla est faux), je dis que si le fil de iacon-^ juration n'était pas rompu, si les ma^strats du peuple DL'é<taient pas rendus à leiurs fonctions, et entourés du reapec* qui doit les accompagner, si les bons citoyens ont encareà craindre les arrestations arbitraires, après avoir pwmvôipie nous passons nos ennemis en prudence, nous leurs jiffouTdr rions que nous les passons en audace et«n viguettrjnèviÉBionnaire. »
Dansfa même séatH^e unedéputation sepr^ente^roistenr dans son discours prétend gu'on a l^^ssé trop kmgtemp&ea*
Ire les mains du peuple les instruments révolutionnaires, <iu*il sert les projets des ambitieux. Isnard admet les pêtitioimaires aux honneurs de la séance ; d'autres demandent rinspression du discours. « Personne ne respecte plus que moi le droit de pétition, dit Danton ; j'ai applaudi à l'opinion principale contenue dans celle que vous venez d'entendre. Nous sentons tous la nécessité d'une Constitution, et sous ce raidit je partage les vceux des pétitionnaires, lais ordonnerez-Tons l'impression d'tone adresse où Ton dit qu'il fiaut wradber au peuple les instruments de la révolution. Si j'entends bien ce que signifient ce^mots, cela veut dire la faculté de se réunir pour délibérer sur les afftiires publiques. Or, les pétitiannaires nous ont demandé ce qu'il nous est impossi- Ûe de faire ; car le peuple français est au-dessus de nous, n est digne de se servir de ces instruments de révolution, il est pi«èt à les tourner contre ses ennemis. Le peuple français, avec ces mêmes instruments, fera, quand il le voudra, rentrer en un seul jour dans le néant les hommes assez stupides pour croire qu'il y a une distinction entre le peuple et les citoyens. Il serait ridicule de livrer, par un décret, à l'impression une pétition par laquelle quelques konnêles gensût section viennent censurer ici la minorité. Songez que si Tott se vante d'avoir contre nous la majorité, vous avez dans la République, et Paris en est un exemple, une majorité immense. (Oui, oui, s'écrie une partie de rAssemblée). H est temps que le peuple ne se borne plus à la guerre défensive, et qu'il attaque tous les fauteurs de modérantisme; il est temps que nous marchions fièrement dans la carrière; il est temps que nous raffermissions les destinées de la France; il est temps de signaler notre courage; il est temps que nous nous coalisions contre les complots de tous ceux qui voudront détruire la République. Nous avons montré de Fénergie un jour et nous avons vaincu. Paris ne périra pas; aux bnllaffftes destinées de la République se joindront celles de cette cité fameuse que les tyrans voulaient anéantir. Paris
sera toujours la terreur des amis de la liberté, et ses sections, dans les grands jours, lorsque le peuple s'y réunira en masse, feront toujours disparaître ces misérables Feuillants, ces lâches modérés dont le triomphe est d'un moment. (Applaudissements dans une partie de l'Assemblée et dans les tribunes). »
Séance du 31 mai. — Danton revient sur la nécessité de supprimer la commission des douze. « Vous avez créé une commission impolitique... — [Plusieurs vdx : — Nous ne savons pas cela.) Vous ne le savez pas, il faut donc vous rapprendre. Oui, votre commission a mérité Tindignation populaire. Rappelez-vous mon discours à ce sujet, ce discours trop modéré. Elle a jeté dans les fers des magistrats du peuple, par cela seul qu'ils avaient combattu, dans des feuilles, cet esprit de modérantisme que la France veut tuer pour sauver la République. Je ne prétends pas inculper ni disculper la commission, il faudra la juger sur un rapport et sur leur défense. Vous l'avez créée, non pas pour elle, mais pour vous. Si elle est coupable, vous en ferez un exemple terrible qui effrayera tous ceux qui ne respectent pas le peuple, môme dans son exagération révolutionnaire. Le canon a tonné, mais si Paris n'a voulu donner qu'un grand signal pour voué apporter ses représentations, {Les citoyens des tribunes applaudissent avec v/ne partie de rAssemblée) si Paris, par une convocation trop solennelle, trop retentissante, n'a voulu qu'avertir tous les citoyens de vous demander une justice éclatante, Paris a encore bien mérité de la patrie. Je dis donc que si vous êtes législateurs politiques, loin de blâmer cette explosion, vous la tournerez au profit de la chose publique, d'abord en réformant vos erreurs, en cassant votre commission. {On miMrmure.) Ce n'est qu'à ceux qui ont reçu quelques talents politiques que je m'adresse, et non à ces hommes stupides qui ne savent faire parler que leurs passions. Je leur dis : consi-
dérez la grandeur de votre but, c'est de sauver le peuple de ses ennemis, des aristocrates, de le sauver de sa propre colère... {Quelques voix: — Quel peuple?) Quel peuple, dites-vous? ce peuple est immense, ce peuple est la sentinelle avancée de la République. Tous les départements haïssent fortement la tyrannie. (Un grand nombre de voix : Oui, oui.) Tous les départements exècrent ce lâche moderantisme qui ramène la tyrannie. Tous les départements en un jour de gloire pour Paris avoueront ce grand mouvement qui exterminera tous les ennemis de la liberté. Tous les départements applaudiront à votre sagesse, quand vous aurez fait disparaître une conunission impolitique. Je serai le premier à rendre une justice éclatante à ces hommes courageux qui ont fait retentir les airs... {Les tribu/nes applaudissent.)
« Je vous engage, vous, représentants du peuple, à vous montrer impassibles; faites tourner au profit de la patrie cette énergie que de mauvais citoyens seuls pourraient présenter comme funeste. Et si quelques hommes, vraiment dangereux, n'importe à quel parti ils appartiennent, voulaient prolonger un mouvement devenu inutile, quand vous aurez fait justice, Paris lui-même les fera rentrer dans le néant; je demande froidement la suppression pure et simple de la commission sous le rapport politique seul, sans rien préjuger, ni pour, ni contre; ensuite vous entendrez le commandant général, vous prendrez connaissance de ce qui est relatif à ce grand mouvement, et vous finirez par vous conduire en hommes qui ne s'effraient pas des dangers. {Salles. — Nous savons bien que ce n'est qu'un simulacre, les citoyens courent sans savoir pourquoi.) Vous sentez que s'il est vrai que ce ne soit qu'un simulacre, quand il s'agit de la liberté de quelques magistrats, le peu* pie fera pour sa liberté une insurrection entière. {Applau^' dissements des tribunes.) Je demande que pour mettre fm à tant de débals fâcheux, que pour marcher à la Constilu-,
tion qui doit comprimer toutes les passions, vous mettiez aux voix, par l'appel nominal, la révocation de la commission. »
Séance du2 juîn.'^Ji s'élève contre donné l'ordre à la force armée d'empêcher les députés de sortir : « Afin que le mouvement qui paraît se préparer ne tourne pas au profit de l'aristocratie, je demande que l'Assemblée charge son comité de salut public de remonter à la source de cet ordre, -et vous pouvez compter sur son zèle à vous présenter les inoyeDfi de venger vigoureusement la majesté nationale outragée en ce moment. »
Séante du 6 juin. — Il appuie la nrotton faîte par Barôre, d'envoyer aux départements dont les députés étaient dé^ tenus un nombre égal d'otages pris dans le sein de la •Convention.
Séance du S juin. — 11 demande le renvoi au comité de salut public du décret contre les étrangers : « Kous sommes, je crois, assez généralement d'accord que les principales mesures proposées peuvent êtres mieux conçues, mieux rCdigées, mieux accommodées aux circonstances, et môme qu'elles peuvent être différées sans inconvénient. Par r^cmple, tout le monde sent la nécessité d'une loi sur les t uaîigers; mais on sent aussi qu'il faut une loi développée, <M que ce qu'on vous propose n'e^ qu'un principe déjà ^ ttibli par vous, mais qui serait d'une exécutioudangereuse, si un ne le modifiait par aucune exception. Il faut î)aonit les étrangers qui nous troublent par leurs intrigues, maris il ne fout pas imprudemment appauvrir îa population et îe commerce. 11 est tel étranger qui établi et domicilié e» France, est plus patriote que beaucoup de Français. Je dis donc que ce décret dont le princroe est bon, doit encore ùlre mûri dans un comité. »
Séance du \Ojuin. — Fonfrède proteste contre raccusa* tionque Bordeaux aurait envoyé des agents à Londres pour traiter avec le roi d'Augleterre, Danton confirme ses paroles : « Fonfrède n^a pas fait complètement Téloge des citoyens de Bordeaux; site n'oi^ pas formé le projet de traiter avec la Tille de Londres, jamais aussi ils n'ont conçu le prqiel da mardis contre Paris, ni contre la Convention; il peut y avoir des intrigues âi Bordeaux, mais les Bordelais sont et seront toujours de dignes Français, et le plan de constitution qu'on vient de, lire sera une p^èçe d'oppositioa contre ceux qui auraient pu les égarer. (On applaudit). »
Séance du 1 3 jmn. ^ Sur le mode d'exprûner les suffrages dansks ékctions : « N<nis sommes tous d'accord sur un pnncipe consacré par la déclaration des droits. Ce principe veut que chacun puisse émettre librement son oypinion, et ce principe doit surtout être reconnu lorsque le peuple exesce sa souveraineté. Vous ne pouvez donc pas empêcher uflt citoyen qui ne sait pas signer^ de voter à hante voix. Je ne idemande pas que vous ohdigiez personne à voter de telle (MI trile manière; je demande que chaoun ait la liberté de vQt&t à son choix; j'observe seulement que la lumière et la pubHcité senties aliments naturels de la liberté. Je demande dOQc que le riche paisse écririei et que le pauvre puisse parler»»
Séance du 14 jvm. — Danton demande que la Convention approuve Tinsurrection du 31 mai.
Séance du ibjuin. — Il demande que la constitution consacre ce grand principe, que le peuple français ne peut jamais faire de guerre offensive.
Séance du 6 juillet, — Levasseur annonce que deux bataillons de la Giroude veulent quiUcr Tarmée pour retour-
ner dans leur département; il propose en conséquence de décréter que les bataillons qui quitteront leur poste seront déclarés traîtres à la patrie et traités comme tels. — a II est impossible, dit Danton, de rendre un pareil décret. Ce ne £ont point les bataillons qui sont coupables, ce sont quelques scélérats qui sèment la division dans les armées... Mais il ne faut point calomnier les bataillons, comme il ne faut point dire non plus que les départements sont en révolte; mais bien que les administrateurs sont d'adroits coquins qui veulent envahir la puissance nationale. N^en doutez pas, le vœu national s'est manifesté, la conduite de Buzot est jugée. Citoyens, vous avez créé une constitution populaire et elle sera rivée par le peuple et la France entière se ralliera autour d'elle. Or, si dans un moment où la France n'a point encore de gouvernement, Tétranger n'a pn entamer IeterritoiredelaRépublique,quel sera donc le peuple français lorsqu'il défendra cette constitution qui devient son ouvrage... Jedemande l'ajournement de toùteslespropo* sitions relatives aux bataillons, j usqu^à ce que nous ayons reçu des renseignements plus certains. Je demande aussi qu'en envoyant à Paris deux députés pour apporter le procèsverbal de son vote pour la constitution, chaque Assemblée primaire envoie deux hommes armés qui, réunis à Paris, pourront former une armée centrale de réserve pour rétablir la paix intérieure, et se porter aux points des frontières où la République serait le plus imminemment menacée. (On applaudit,) » La proposition est renvoyée en comité de salut public.
Séance du 19 juillet. — Il demande la destitution des évéques qui s'opposent au mariage des prêtres : « Les évoques qui s'opposent au mariage des prêtres sont d'autant plus coupables, qu'ils sont salariés par la nation. La sagesse ne doit pas être pusillanime. Nous avons conservé les traitements des ^évéques, qu'ils imitent leurs fondateurs; Ils
rendront à César ce qui appartient à César. Eh bien, la nation est plus que tous les Césars. Je demande donc la destitution de tout évéque qui s'opposerait au mariage des prêtres; je demande même une année de fers, si cette opposition a une source d'incivisme. »
Séance du 22 juilleL — 11 demande que des mesures rigoureuses soient prises contre les assassins de Beaucaire^ et contre les officiers municipaux qui ont laissé égorger les patriotes. La destitution et la dégradation civique ne lui paraissent pas des peines suffisantes : «Attendez que le peuple vous ait remis sa foudre dans la fédération du 1 août u alors vous frapperez des coups plus forts sur les administrateurs qui n'en sont pas moins coupables quoiqu'ils se^ soient rétractés. Vous les rendrez inhabiles à venir empoisonner la législature. {On applaudit.) »
Il demande que le ministre de la guerre et le comité de salut public fassent un rapport à la Convention sur Gustine: « La Convention ne peut pas rester dans l'incertitude sur un pareil objet; il faut qu'elle sache ce qu'est Custine. Condé a été obligé dé se rendre, faute de vivres; Yalenciennes est cernée de toutes parts, et chauffée de très près. L'armée du Nord a besoin d'un général; la nation a des doutes sur Custine, il faut que Custine soit jugé. »
Séance du 2^ juillet. — Le comité de législation propose le mode d'exécution du décret qui ordonne la déportation des prêtres réfractaires à la Guyane française « Il ne faut' pas nous venger du poison que nous avons reçu du Nouveau- Monde, dit Danton, en lui envoyant un poison non moins mortel. Je demande que les prêtres réfractaires soient jetés sur le&plages dltalie;c'est la patrie du fanatisme. » Malarmé observe qu'on ne peut point rapporter si légèrement un décret rendu après la plus mûre délibération. « J'adopterais volontiers le projet ducomité, répond Danton, mais on n'a
donné pour le soutenir aucune raison détenninafHfte. D'aiîleure en n-a point encore^ observé que tous nos poi*t3 étaient bloqués, etque nos vaisseaux, qui ne pouriwleHt sans dangei se rendre à la Guyane aborderaient fâcileBMïit les plagea d'Italie. C'est dans cet empire du Saint -Père qu'il feul concentrer ce méphitisme sacerdotal ; il y fera sans doute explosion et se détruira lui-même. On craint le retour f^rtif de ces fanatiques; mais s'ils osaient rentrer, il faudrait les con* désirer comme bannis, sous peine de mort. Ainsi qu'ite aillent grossir la cour du cardinal Maury, et s'ils retouchent le territoire français qu'ils meurent. »
îh juillet. — 11 est nommé président de la Convention/
Séance du 2& juillet. Une députation de la société républicaine du 10 août se présente à la barre pour demander que Bouchotte soit maintenu au ministère, Danton rôpofnd en sa qualité de président : « Il n'appartient à ceux qui le 10 août ont puissamment concouru à la conquête de la liberté, de la surveiller. Si c'est l'audace qui a créé la République, c'est la défiance qui doit la conserver. La Convention^ sait que les défenseurs de la liberté sont dans le sein du peuple. La Convention examinera votre pétition, et vous accorde les honneurs de la séance. »
Séance du 31 fuitlet. 11 appuie la motion de Cam-
bon de démonétiser d'abord les assignats d\me valeur nudessus de cent livres, en conserveront leur valeur aux assignats de cinquante livres.
Séance du 1«' août. — A propos d'un décret, proposé par Coutbon, ayant pour objet de condamner tous les Français qui placeraient des fonds sur la banque de Londres à une amende égale à la sonnne placée, Danton fait la proposition que le comité de salut public soit érigé en gouvernement
provisoire jusque ce quela constitution puisse êtreexêcutée. Cette proposition ayant soulevé quelques objections, fondées sur riiiflueBce que oe pouvoir pourrait mettre entre les mains de ceux qui l^exerceraient^ Danton déclare « comme étant un de ceux qui ont toujours été les plus calomniés, qu'il n'acceptera jamais <ie fonctions dans ce comité. »
Séanee du 2 aoét, — Une députation de Nantes vient réclauier en faveur du général Beysser defftitoé; elle termine par le vœu ée voir, à l'époque du ÎO août, les Français réunis jurer le respect des lois et roubli de toutes ks haines : « Seulement alors, on pourra ne plus désespérer du salut de la patrie. » Danton, en sa qualité de président, relève ces derniers mots : a Sans être coupable, on n'a jaoïais pu dire qu'on désespérait du salut public. Vous venez réclamer la Justice de la Convention en faveur d'un général qu'elle a destitué, d'un de ses membres qu'elle a a accusé. La Convention distinguera toujours l'innocent du coupable. Le premier a tout à espérer de sa justice; le second doit la craindre. »
Dans la même séance se présente à la barre le ministre de l'intérieur, Garât, cité sous l'inculpation d'avoir proposé aux conseils généraux des questions insidieuses, celle-ci par exemple : « A-t-on confiance aux assignats? » ^ Danton descend de bob fauteuil pour intervenir en favour de Garât : — a La question qu'il proposait sur les assignats pouvait être nuisible, mais il ne faut pas^ériger en conspiralâon ce qui n'est qu'une erreur. Garât a bien wrvi la chose publique, lorsque la commission des douz^ourdissaitsa conspiration. Le ministre adelaphilosophie, il aime la Révolution, il n'a pas reçu de la naturecettefermetéde caractère nécessaire dans une grande secousse, pour lutter contre les orages. Au moment où Ton frappait de grands coups, il a montré delà faiblesse; il a été sur le point de donner sa démission. Je lui ai dit de restera son poste, et de prendre
pour règles de sa conduite, ses opinions philosophiques. Lorsque vous ayez frappé du décret d'arrestation les trentedeux membres conspirateurs, il devait disséminer des écrits où cette mesure fût justifiée en montrant /a vérité au peuple; il devait employer tous les moyens pour éclairer la nation sui cette grande affaire; mais le ministre ne doit point être confondu avec les commis-, il y en a qui ont concouru avec Roland à pestiférer l'opinion publique, il aurait dû les chasser de ses bureaux. Je crois que la Convention, satisfaite des bonnes intentions du ministre, doit rapporter le décret d'arrestation rendu contre lui, et renvoyer tout ce qui concerne cette affaire au comité de salut public. » Le décret d'arrestation est rapporté.
Séance du 12 août. — Danton appuie une pétition des députés des assemblées primaires, demandant que tous les suspects soient mis en état d'arrestation, et il propose que les commissaires des assemblées primaires soient investis du droit de mettre en réquisition 400 mille hommes contre les ennemis du Nord.
Séance du 13 août. — Il fait décréter Tinstruction gratuite.
Il s'oppose au payement des employés de l'ancienne liste civile : a U doit paraître étonnant à tout bon républicain que Ton propose de payer les créanciers de la ci-devant liste civile', tandis que le décret qui accorde des indemnités aux femmes et enfants des citoyens qui versent leur sang pour la patrie, reste sans exécution. {On applaudit.) Aucun homme de bonne foi ne peut disconvenir que les créanciers de la liste civile ne fussent les complices du tyran dans le projet qu'il avait formé d'écraser le peuple français... Je demande que la Convention décrète que la nation ne payera aucun créancier du ci-devant roi. Je demande aussi que la liste
des créanciers soit imprimée, afia que le peuple la connaisse. » La proposition de Danton est adoptée.
Séance du 14 août. — A propos du rapport du comité de salut public relatif aux réquisitions qui doivent être faites par les envoyés des assemblées primaires, il demande qu'ils soient autorisés à réunir la rigueur de la loi à la chaleur de rapostolat de la liberté.
Séance du \b août, -- Barère annonce que plusieurs bataillons de Tarmée qui combat les rebelles de Vendée ont résolu de retourner dans leurs foyers, Danton demande la peine de mort contre tout volontaire qui quitterait son poste. « 11 est affreux, quand vous vous occupez de faire marcher la France contre vos ennemis, que des hommes qui ont des armes à la main demandent à les déposer, lorsqu'elles sont encore nécessaires. La Convention, au nom du peuple, pour lequel elle porte toutes les lois, doit rendre un décret sévère, attendu les dangers qui menacent la patrie. Je demande que vous décrétiez le principe suivant : a Aucun corps armé et » soldé par la République ne peut se dissoudre, sans que » son remplacement ait été préalablement ordonné. Tout » citoyen qui quittera ses drapeaux, sans avoir obtenu son 1» remplacement, sera puni de mort. » La proposition de Danton est mise sur-le-champ aux voix et adoptée.
Séance du 17 août. — 11 demande que, pour lutter entre toute espèce d'accaparement, il soit fait un recensement général de tous les grains de la République : « Je rappelle à la Convention une grande vérité, c'est que tout gouvernement qui ne sait pas assurer la subsistance du peuple, court rique de se briser. Je lui rappelle qu'il faut tout mettre en œuvre pour satisfaire le peuple sur ce point capital... Il faut tout préparer pour finir glorieusement cette campagne, et nous mettre en mesure d'en entreprendre une
autre» s'il le faut. Le moyen qu'emploient nos ennemis pour nous en empêcher, c'est de faire écouler nos grains. Eh bien, le seul moyen d'arrêter cet écoulement, c'est de faire un recensement effectif. Tout ce qui peut sauver le peuple est sacré dans ses résultats. Mettez donc la peine afflictive à côté de l'injonction... Il faut que tout homme qui sera retentionnaire des grains non déclarés soit puni d'une peine plus forte que la confiscation, il faut qu'il soit puni de dix années de fer. »
Séance du, ÎO août. — Sur les moyens de réquisition : a N'altérons pas le principe que tout Français doit mourir, s'il le faut, pour la liberté, et qu'il doit être toujours prêt à marcher contre les ennemis extérieurs et intérieurs de sa patrie; mais considérons quepour marcher, il faut des armes et du pain.. Or, avez-vous d'armes et de pain pour faire marcher à la fois tous les Français? Non, sans doute; il faut donc combiner leur marche progressive en raison de là quantité d'armes et de pain que vous avez à fournir. C'est sur ces trois bases que doit reposer le projet du comité, il vous a présenté de grands cadres à remplir; mais vous avez dû voir qu'il entrait dans sa pensée de rendre cette distribution facultative, et dé faire renforcer les points menacés, aux dépens de ceux qui ne le seraient pas. Je demande que le comité nous présente un plan pour faire marcher une masse assez forte pour écraser nos ennemis, et que demain, sans plus attendre, on décrète et on agisse ; car il vaut mieux souffrir quelqnesmouvements que de laisser paralyser l'énergie nationale. (On applaudit.) »
Séance du 21 août. — Barère monte à Ik tribune etdit* :
« Le comité du salut public a pensé' qu'il était nécessaire de faire connaître à la Convention les moyens dont ses ennemis particuliers se servit contre elle; il vient de
receTOirUQ impmoéfdacardéà Lyon pour égarerle peuple contre fiea représantants. C'est unelettreattribuéeuà Danton v mais 'écrite^d!tm style ai extraordinaire qn^on p^tle conh*puwàia. caricatlue^qQk>n aurait faite d'un tableau. La. voiei :
Copie textuelle et littérale d'urne lettre écrite à Duhùit-Crancéi et trouvée à Grenoble dans un portefeuille qulU a perdM^en quittant cette ville,
« Mon -cher colUgvte,
per le gïitnd caup/Jl faut eafin. que la sai&te. Montagoç triomivbfi. Jdtt sais qne Lyon, cette cit^ riche et superbe* entre pour beaucoup dans, lé projet.. Emploie toutes tes forces dont tu disposes, pour soumettre, les rebellés de L'y on. Il fcut abandonner le Mont Blanc, qu'importe;, dât^-on Toit' les Sivoisiens enchaînés deux à deux-: point de consi* dé^tièn»' particulières, point dé- demi-mesures; il est temps que nmu^égfnoa»\ il faut absohimeDKsoiinottM cette ville' superbéi; alte* toittes' les' avtf68< tombefcntà n«s piedB ; si* l'onoi&'piKttlftifoMertwr: lesr aimesf . il faat/ Ja réduire f«B^'oendre$.
» Si les cultivateurs crient et demandent à q^ii ils vendront leurs denrées, dis leur qu'ils alleot à Gonstantinople : surtout rép«Oi]U'l^s assigfiats; ne les comptepas; ilssa retroiurerpiU.àJa fin^
DANTwr:'— a Je crois parfaitement superflu db dire que je suis un^pen plusmalin quecette letite. [Applaudissements.) Je ne me sers point dn stylé de Messieurs de Lyon, et n'ài^ point' dé corresponnance. Si j'avais écrit relativement aux,: conspirateurs de cette cité, j'aurais conseillé des- mesurer non moins vigoureuses contre les aristocrates, mais plus: politiques. Te prie la Convention dé faire mention dans son pmeèfirverJ)al.de ma.déclara(ix)n;.car.il est bpn de détromper
tous les citoyens de la République. Au surplus, s'il restait quelques doutes sur cette prétendue lettre, l'Assemblée peut se faire rendre compte par Dubois-Grancé, si je lui ai jamais écni,{Plu$ieurs membres. — C'est inutile, nous vous croyons.) Si j'écris jamais je pourrai avouer ce qui sera sorti de ma plume comme j'avouerai toujours ce que je professe parmi vous. {Applaudissements,) »
Séance du2i août. — Discussion sur le titre du code civil concernant les conventions matrimoniales. L'article 3 du projet défend entre les époux toute donation qui excéderait le dixième des biens de l'un ou de l'autre le comité motivait son opinion sur la nécessité d'empécber les richesses de s'amonceler sur une même tête, ce qui était un des abus de l'ancien régime. — « Cet article, objecte Danton, a paru contraire à la nature et à l'esprit de la Révolution. En effet fut- il rien de plus absurde que d'obliger, par exemple, une épouse qui aura augmenté la fortune de son mari, de se voir éconduite, par un collatéral, des possessions qu'elle aura améliorées? Je demande que les époux, soit avant, soit après le mariage, puissent se faire les donations qu'ils jugeront à propos, et les restreindre à la moitié de l'usufruit s'ils ont des enfants. •
L'article 10 est ainsi conçu : « Les époux ont et exercent un droit égal pour l'administration de leurs biens. » Cet article est combattu par Thuriot et Merlin de Thionville qui soutiennent que le mari seul doit avoir Padministration des biens et en être responsable. La femme est généralement incapable d'administrer, et l'homme ayant sur elle une supériorité naturelle, doit la conserver.— Danton:« Je demandequ'avaut tout le comité nous dise ce qu'il entend par son article* — Gahbacérès: — Le comité a voulu dire que le mari ne pourra disposer des biens de la communauté sans le consentement de la femme : — danton. — Eh bien, rien n'est plus naturel. »
Séance du 29 août. — Billaud-Varennes, attribuant les
maax de la Bêpublique à rinexécution des décrets de la Gon- Tention, demande qu^il soit créé une commission chargea de surveiller le pouvoir exécutif dans Texécution des lois. Robespierre s'oppose à cette proposition eiy voit un système perfide de paralyser le comité de salut public et d'avilir le pouvoir exécutif. Danton dit de son côté qu'il croit dangereux de créer un second comité qui entraverait la marche du gouvernement. Pour concilier toutes les propositions, il demande l'adjonction de trois membres au comité de salut public : a Je sais qu'en ce moment on peut reprocher au gouvernement un peu de faiblesse ; mais reconnaîtrons-nous jamais ces défauts sans nous rappeler nos ressources et son action. Ne nous déshonorons pas à nos propres yeux. La république i jnze armées; elle soutient les efforts de toute l'Europe et des ennemis intérieurs. Nous avons encore une fois vaincu sur le Rhin, et vous allez l'apprendre. (On applaudit.) Enfin, votre comité a conçu de grandes mesures; TOUS les avez consacrées par un décret, il faut en surveiller, en assurer rexécution. Je ne m'oppose pas à ce que vous « donniez au gouvernement une action nouvelle; je modifierai seulement la proposition qui vous est faite, en tendant au même but. •
Séance 30 du août. — Le ministre de la guerre communique à l'Assemblée une lettre du général Gartaux annonçant la défaite des révoltés de Marseille. Danton demande la parole sur cette lettre : « La nation vient de donner une grande leçon à l'aristocratie marchande dans la personne des Har* seillais. U faut que cette leçon ne soit pas perdue, que ceux qui ont conquis Marseille à la liberté, soient récompensés, et que les contre-révolutionnaires soient punis; il faut que les commerçants qui ont vu avec plaisir l'abaissemment des nobles et des prêtres, dans l'espérance de s'engraisser de leurs biens, et qui aujourd'hui désirent la contre-révolution avec plus de perfidie, soient abaissés ; il faut se montrer
"««SBi terrlble-ettferè'eux (pi'à Pégard "âes^premfeïs. le demainde guB les comités de saint pablic et de Mgfâlatlon «sofent ehar^ de préseiiter à la Convention les raoyens de *ire payer leafrais de cette guerre par les contre* révoltitioànaires de Marseille, et le mode d'application de la loi qui doit faire tomber la tête' des scélérats. (On applaudit/) » Les propositions de Danton ^nt décrétées.
Séance du 3 sepîeviibre.^L^tùmmi^Bionées stibsMIaiices présente un projet de loi, qui n'est pas trouvé «saezradîeftl. Tïitrrîot demarida'rétablissemcîit d'un maximum pour toute la république et interdiction' du commerce des grains. Danton appuie cette motion : a II faut aujourd'hui que la Goô^ mention prononce entre les intérêts des accapareurs «t ceuac du peuple. Thuriot a développé uneopiniwiqtfil a appuyée de puissants motifs ; s'il y a quelqu'un qui veuille la combattre, qu'il monte à la tribune, nous* le réfuterons.^ La 'nature ne nous a pas abandonnés, n'abandonnons pas le peu- Tple, il se ferait justice lui-même; il tomberait sur les aristocrates, et leur arracherait de vive force ce que la loi avrât dû lui accorder. (On applmidiu) Prononçons aujourd'hui, demain nous exécuterons. » Dewars objecte que l'uniformisé du maximum va aigrir les citoyens des départements où il ^est porté plus bas que ne le fixera votre loi. Danton reprftid : « Ce ne sont là que de misérables chicanes; c'est uneWi ■générale que vous devez faire, parce que le législatettr ne calcule que les intérêts généraux. Le peuple qui est toujours juste, ne fera pas attention au petit inconvénient qui aura lieu dans les départements où le maximum est moindre «u- «jourd'hui que celui que vous établirez. 'Mais ilapplawairaPà une loi qui assure les subsistaucesWes arurôes etde'laRé- -pulilique entière. »
Séance du A septembre. — Bazhre dénonce à l'Asseièblée une contre- révolution sectionnaire qui se présente dans
îB3«'i8;:Dattt©n démandtî la formation d'une armée sectionnaire etqti'il soit fait nn rapport sur la mode d'augmenter . de plus en plus Faction du tribunal révolutionnaire. *
'Séance du &^eptembre,— Barèreannonce que Tinsurrecreetion des contre^ révolutionnaires se soutient à Lyon, et que d'autres soulèvements se sont opérés ailleurs: a Les revers que nous éprouvons, dit Danton, nous prouvent qu^aux moyens Tévolutionnaires, nous devons joindre les moyens politiques. Je dis qu'avec 3 ou 4 millions nous eussions déjà reconquis Toulon à, la France, et fait pendre les traîtres qui Tout iivrée^aux Anglais. Vos décrets n'y parvenaient pas.Eh hien, l'or corrupteur de vos ennemis n'y est-il pas entré? ¥ous avez mis 50 millions à la disposition du comité du salut piiblic.;Mai)s celte 4Sûmme ne suffît pas. Sans doute ^0, 30, .100 millioQs seront bitm employés, quand ils serviront à recoflquéiir la liberté. Si à Lyon on eût récompensé le patriotisme des sociétés populaires, eette ville ne serait pas dans Tétet où elle ise trouve. Certes, il n'est .personne qui ne sache qu'il -^faut des dépenses secrètes pour sauver la ipatrie. Je iemaaide donc que le^ comité de salut public nous -fesse un rapport sur les moyens nécessaires pour ranimer i^espritdansiies dôpart^[nents,%et faire disparaître les aristocrates qui les infestent. Je ne suis d'aucun comité, je ne veux être d'aucun ; mais pour le comité de salut publié, je ^eas^combi^ il est intéressant pour le salut delà patrie, et' quiconque) l'attaque irraisonnablement est un mauvais ciloyseo. Adapitez.une manivelle à la grande roue, et donnez aii»)un*gi»ndmouv«si€nt à la machine politique. Pour cela, ; >«m|)loyez les grands moyens que la patrie suggère, sinon vau8 n'ôtes f as dignes des fonctions qui vous sont confiées. » « Baniton,a la tète révolutionnaire,, dit Gaston; il exécutera mieux qu'un autre ce qu'il propose. Je demande que .malgréilui il «soit adjoint au cmnité de salut public. » Cette .proposition est décrétée à l'unanimité. Mais Danton refuse
— sodé faire partie du comité : « Parce que, dit-il, lorsque je fis la motion d'organiser le comité de salut public en comité de gouvernement, je fis le serment de n'être d-aucun comité; non que je renonce au droit d'aller dans les comités pour y être utile autant qu'il sera en moi, mais je dois, avant tout, tenir mon serment. » La Convention accepté sa démission.
Séance du 7 septembre. — Il appuie les mesures proposées relativement aux biens des étrangers et repousse l'exception présentée en faveur des étrangers chassés de leur pays pour la cause de la liberté : « Une multitude d'agents ont reçu un brevet d'expulsion d'Angleterre pour venir ^ avec beaucoup d'adresse s'immiscer dans nos affaires, s'ili se trouve dans le nombre de ces étrangers quelques pa- . triotes, ils doivent s'estimer heureux de souffrir pour la ; cause de la liberté. Mais en thèse générale nous ne devons point porter d'exception. Je dis môme que ceux qui nous nuisent avec le plus d'astuce sont ceux qui se plaignent le plus de leurs sacrifices à la cause populaire. »
Dans la môme séance, Danton demande « qu'à Tavenir nul français ne puisse percevoir de droits de servitude en quelque endroit de la terre que ce soit. » Cette proposition est aussitôt transformée en décret.
Séance du 13 septembre. — Il demande la destitution du comité des marchés : — « Nos frères de l'armée du Nord viennent de rétablir l'honneur français; c'est au moment où ils vont être encore secourus que nous devons nous occuper d'eux; il existe un comité qui ne fait qu'entraver la marche des opérations, c'est celui du comité des marchés. Nous nous sommes convaincus qu'il a tout paralysé, au point que, si nous ne nous hâtons de le détruire, au commencement de l'hiver, nosêoldats, comme l'année dernière, manqueront de tout. Sans doute les Français ne sont pas.
comme les soldats autrichiens, faits pour recevoir des coups de bâton pour une tache à leur habit; mais il faut qu'ils soient vêtus. Le comité de satut public a toujours été composé d'excellents patriotes, il faut lui donner l'initiative de la présentation des membres qui composeronf le nouveau comité. Il ne s'agit pas de consulter son goût privé, il faut que tout le monde se dirige ici au bien général, il faut que tout marche; il faut que les défenseurs de la liberté soient bien vêtus et bien nourris : nous déshabillerons tous les muscadins de la République. Je demande donc la destitution des membres de l'ancien co]|iité, et que le comité de salut public présente la liste de ceux qui recomposeront le nouveau^ ainsi que tous les autres comités dans lesquels il se trouve encore des membres dont les opinions touchaient au moins au fédéralisme. Je ne suis point suspect, mais je neveux être membre d'aucun comité; mais je serai Téperon de tous, je ne veux que servir mon pays. (On applaudit.) » Les pronoi^j!ious de Danton sont décrétées.
Le 12 octobre, Danton demanda à la Convention et obtint un congé de quelques jours, « pour aller à Arcis-sur-Aube, rétablir sa santé en respirant l'air natal. » Il n'était donc pas à Paris, le 31 octobre, lors de l'exécution des Girondins. Voici ce que rapportent à ce propos les fils même de Danton, dans un Mémotre que cite M. Bougeart : « Il se promenait dans son jardin avec M. Doulet qui, sous l'Empire, fut longtemps maire de la yille. Arrive une troisième personne tenant un journal à la main. — « Bonne nouvelle? bonne nouvelle! — Quoi? dit Danton. — Les Girondins sont condamnés et exécutés. — Et tu appelles cela une bonne nouvelle, malheureux ! s'écrie Danton dont les yeux s'emplissent aussitôt de larmes. — Sans doute, n'étaient-ils pas des factieux? — Des factieux? Est-ce que nous ne sommes pas tous des factieux? Nous méritons tous la mort autant que les Girondins; nous subirons tous les uns après les autres le même sort qu'eux. »
Séance du 21 nommore. — Danton TOledes-seeouYs'atix ^ecclésiastiques : « Sacliez/citoye&s, que -^«nnemis mil •mis à profit pour vous perdre jusqu'à la ]^hHosDplMe qui vous dirige ; ils ont cru qu'«n accueillant les prêtres» qtie ia îiaison porte à abandonner leur état, wns-^perséetiteriez ceux qui sont ayeuglôs par le bandeau de? Temôur. Dépeuple est aussi juste qu'éclairé. L' Assemblée- ireiveut^sàlariér aucun culte, mais elle exècre la perséeution^'ètoe ferme point Toreille aux cris de Pliainanité. 6*toy«iB, accordez des secours à tous- les prêtres; mais que eeux' qui -sent «ncore dan« Tâge de. prendre un état ne-poîs^flt^pliéterfdfe aux secours de la nation après^ s'être procuré les moyens de subsister. Si Pitt apeneé q«e4'abolition>du^ffoDatl«i)e «erait un obstacle à votre rentrée en Belgique far la persécution que vous ferez éprwiver aux prêtres, q^i'il seît^dé* trompé, et qu'il apprenne à respecter une^^a^en' généreuse qu'il n'a cessé de calomnier. Citoyens, il fanlit oonci*ter4a politique avecla saine raieon réapprenez que si voosétez aux prêtres les moyens de subsister, vens 'les Téduisez à l'alternative, ou de mourir tie Mm, eu^de «e féufiîr' avec les rebelles delà Vendée. Soyez persuadés 'que teutpi?étre, observant le cours de la raison, iseMtepa^aMéger4é-fdrdeau deia RépuMque en devenait utMe àHûwriêiife, -et que tîèux qui voudront eneore^eeuer lee^torehesdela^Ss- -^ corde seront arrêté» par le pe«ple-qui ê<5ra6e ^oas -«es-^e»nemis sous le char de la Révolationi Je demaanide Péconowtfe «du sang des hommes; je demafclde «que-la Cleweartion^soit juste envers ceux qui- ne sont pas ôigaatés coïtime4eÉ^^Mmemis du peuple. G*toyeBs,'iiYeut-il^qu^n-8eul prélreHj«li, ^privé <le son état, se trouve sans Tessourees, vo'us lui'dwez de quoi vivre; soyez justes, politiques, 'grands cemmeïe peuple, au milieu de sa fureur vengeresse, 41' ne s'écat<e jamais de la justice; il la veut. Proclamez4a€n«onflom, et vous recevrez ses applaudissements. »
Séance du^ novembre, — Biliaiid-Varennes présente le projet eki comité de salut public, sur un mode de gouvernement provisoire et révolutionnaire. Danton veut qu'on remplace leis procureurs généraux syndics, élus par les. localités, par des procureurs nationaux pour chaque départeifient, nommés- par' le comité de ^alut public et pouvant être desiittiés par lui : « Le but 4u comité, dit-il, est de donner la force au gouvernement, de rallier à rautorilé .ce£UEale Je faisceau départemental, (de. donner wth eoiBilô. de «alutpai)Uc une action imfflédiate8A]br lesadirââsiratie^QS. « La motion. 4e Danton^st combattue, nolaoattentrp^r Billaud^Yareimesy qui la re^rde comme >«uby0rsive>!de «toat gouvemeateat éiedif..!! observe quasi cette meettce eut été entre les^i^aiBs d^ la coflimifisiûn des vingt ei'Ua, la France eut été, perdue. Barère fait des ©bjections dan» le mémo aeias. .Toutes ces: motions soat [«avoyées au comllé.
Sénnee.du 25 novembre. — Désaudrais, à'Ia'^tèteid'aDe députatioii ,du Lycée des Arts, demande qu'il lui sedt: permis de faire bomvmge .à la Républ^ue.d/une .pensionde! 1,000 livres :<|ui lui a éitéracoerdée par lUfi6embàéeinaitionale..(uil faut d'abord savoir, intervient. Dan|on,:8i'la peDsien^tOSnt fait hommage X le citoyen Désaudrais, est. ceiletxiueiiii.lit •donner Lalayeiteipour avoir traYaillé-avec lui à Porganieation contro^r^vojntionnaire de la gacde nationale; !oacli c'était cettetpeofiion» Jki nation: ne lui devrait aucun i^m^fdémentir»
SéanceiduMnovembm-- Quelques dépatat^oasdetommunes apportent les dépouilles de leurs égiises^t 'des* cidevant prêtres qui renoncent à leurs fonctions ecclésiastiq.ues. Danton demande qu'il n'y ait plus de mascarades anti-religieuses dans le sein de la Convention : « Si nous n'avons pas honoré le prêtre de Terreur et du fanatisme, dit-il, nous ne voulons pas non plus honorer le prêtre de
rincrédulité, » — Parlant ensuite de la conspiration dite de l'étranger, il demande que le comité de salut public, réuni à celui de sûreté générale, fasse un prompt rapport sur 3et^.e conspiration et sur les moyens de donner une action grande et forte au gouvernement.
Il demande, dans la même séance, que Ton organise Tinâtruction publique, et les fêtes nationales du peuple.
Séance du 30 novembre. — Sur l'extension de la responsabilité ministérielle aux agents secondaires : « Dans les cas particuliers où les ennemis se rendent coupables, sans doute ils doivent être punis; mais cela ne rentre pas dans la théorie de la responsabilité ministérielle, et il n'y a pas jbesoin d'une loi nouvelle à cet égard; les lois criminelles existent. Quant à la responsabilité, il n'y en a plus si II ministre n'est pas seul responsable. En vain se justilierait-il, en prouvant qu'un délit quelconque n'est pas de son fait; s'il ne l'a pas dénoncé, il le partage; quant à Tineptie ou ^ l'inertie, il est électeur dans sa partie; c'est à lui à s'informer des talents, du caractère, de la probité de celui qu'il emploie, et il en répond. J'ai été ministre aussi ; tous les fiâïs je connaissais le produit net du travail de mes bureaux, je m'en faisais rendre compte par les chefs. L'inspection quotidienne de ses bureaux, voilà le premier devoir d'un ministre... Nous sommes d'accord en ce sens que les agents coupables doivent payer leur crime de leur tête. Mais le ministre doit être le premier dénonciateur, et s'il négliges de le faire, il en est responsable. Je demande que vous combiniez une rédaction qui énonce bien cette pensée sous les deux raj}ports. »
Séance du \^r décembre, — Danton s'élève contre les arrêtés des représentants sur l'échange des matières d'or et d'argent, et il demande qu'on régularise les mesures révo-
lutioni3 aires et qu'après avoir donné tout à la vigueur on donne beaucoup à la sagesse.
Un citoyen se présente à la barre et commence la lecture d'un poëme à la louange de Marat. Danton ^interrompt : 1 Et moi aussi j'ai défendu Marat contre ses ennemis, et moi aussi j'ai apprécié les vertus de ce républicain ; mais après avoir fait son apothéose patriotique, il est inutile d'entendre tous les jours son éloge funèbre et des discours ampoulés sur le même sujet; il vous faut des travaux et non pas des discours. Je demande que le pélitiounaire dise clairement et sans emphase l'objet de sa pétition. »
Le 3 décembre eut lieu aux Jacobins une séance marquée par des incidents importants. Un citoyen demande que la Convention soit invitée à fournir un local à chaque société populaire des départements. Danton combat cette proposition : a Les citoyens se rassemblent d'après le droit que leur en a donné la nature ; ils n'ont donc pas besoin de recourir à d'autres autorités pour gérer ce rassemblement. » L'orateur applaudit à l'énergie révolutionnaire du peuple pendant la crise actuelle. « Mais, dit-il, je demande qu'on se délie de ceux qui veulent porter le peuple au:deià des bornes de la Révolution, et qui proposent des mesures ultrarévolutionnaires. » Coupé de rOise répond que le peuple est le souverain et le possesseur de tous les biens que l'on dit appartenir à la nation. Il peut disposer de ces biens à sa volonté pour s'assembler dans les locaux qui lui paraîtront le plus commodes. Il a donc droit de s'adresser aux autorités constituées pour se faire procurer les moyens^ de se rassembler.
Danton monte à la tribune : quelques rumeurs se font entendre : a Coupé a voulu empoisonner mon opinion. Certes, je n'ai jamais prétendu proposer de rompre le nerf révolutionnaire, puisque j'ai dit que la Constitution devait dormir, pendant que le peuple était occupé à frapper ses ennemis. Les principes que j'ai énoncés portent sur Tindé-
penttance ûes sociétés populaires de toute espèce d'autorité. C'est d'après ce motif que j'ai soutenu .que les sociétés' populaires ne devaient avoir recours à personne pour solliciter des localités. J'ai entendu des rumeurs. Déjà des dénonciations graves ont été dirigées contre moi; je demande eiffin à me justifier aux yeux du peijple, auquel îl ne sera pas difficile de faire connaître mon innocence et mon amour pour la liberté. Je somme tous ceux qui ont pu concevoir contre moi des motifs de défiance, de préciser leurs accusations, car je veux y répondre en public. J'ai éprouté une forte défaveur en pareissant à la tribune. Ai-je donc perdu ces traits qui caractérisent la figure d'un honmne fibre? Ne suis-je plus ce même homme qui s'est trouyé'à vos ôôlés dans les momeypits de crise? Ne suis-je pas celui que TOUS avez souvent embrasâé comme votre ami, et qui doit mourir avec vous? Ne suis-je pas Fhomme'qtir a été accablé de persécution? J'ai été un des plus intrépides défenseurs de Marat. J'évoquerai l'ombre de l'Ami du peuple pour ma justification. Vous serez, étonné, quand je vous ferai connaître ma conduite privée, de voir que la fortune colossale que mes ennemis et les vôtresm'ont -prêtée, -se réduit à la petite portion de biens que j^ai toujours eue. Je défie les malveillants de 'fournir contre moi la preuve d'aucun crime. Tous leurs efforts lïe pourront m'ébranler. Je veux Tester debout avec leT)euple.' Vous me jugerez en sa présence. Je ne déchirerai pas plus la page de mun histoire que vous ne déchirerez la vôtre, qui doivent immortaliser les fastes de' la liberté. {OnapplamiU,) »
Danton termine en demandant ,qu'il soit nomniéimercommission de dou^e membres, chargés d'examiner les accusations dirigées contre lui, afin quil puisse répoiïdre en présence du peuple. C'est en cette occasion que Robes- .pierre prît la parole pour justifier Danton (V. Œuvres de Robespierre^ p. '2B). Après Robespierre, Merlin de Thionville déclare qu'au 10 août, Danton sauva la 'République
aveoees paroles r« De l^audace^ienoore^dë FaiMaoe, tt^paiè encore é& J'audace ! — Voilà Danton l» La dÉsouABion^^e tev* mine par la âftiâaDde4iieJaitxtninen)l)re, que Je pfMdfifit accorde Taccolade frateineUe:.à Danton, a U la reçoit au milieu des applaudissements lesirlus flattttirs, «dit le Moniteur qui rapporte cette ^sôanee.
Séance «fu T décembre. — À proposées 'mesures À prendre contre les* suspects : « 11 iant.n9»8'C<Hmdncre->d'itBe vérité. politique, c'est q^eiparmi les peroonnes arrêtées, !1 en est de trois classes; les unes qui méritent la mort, un grand nombre idont la Répubilq«ievdoit'S^6Surer,«tqttelque&^unes^sans doute qu'on 'pent relaxer' sans daager pour elle. Mais il iiaadrait jnueux, an lieu dîa&ibiir le ressoft révolutionnaire, lui donner plus de nerf et de vigueur. Avant que nous en venions à des mesures cofloMnées, " je demancteun décret révolutionitaire qiieje CT(m instant. J'ai eu, pendant ma convalescence, la preuve que des aristocrates, dest nobles extrêmem^t riches, qui ont leurs 'fifes cbai&rétrasger, se. trouvent seulement' arrétés^^enuaDie suspects, ^et jouissent d'une ' fortune qu^ii est juste ^o Daise servir :à la défense de la liberté qu'ils ont 00iB|)romiBe. Je demande que vous décrétiez que tout individu ifui a des fils émigrés, et qui ne prouvera^ pas qu'il a été apdout^ patriote, jet qu'il a fait tout au monde pour empéober leur émigration,! ae^cât ^s que pensionnaire de FÉtat, et que tous SCS biens scieûttaequis à ia'^RépuMique. » La proposition de Daaten' est décrétée.
'Séance 'tUi'f2f décembre. — Il sotrtieût 4e principe -de rinsliuetion obdsig&toire.
iSéance^ihi 21 décembre. — Un brave^ui»a perdu tiir bras au service delà République, «e présente à la barre 'pour demander des secours. Danton prend la parole :« Je de-
mande s'il n'existe pas des lois qui dispensent les défenseurs de la patrie, mutilés pour elle, de se présenter pour solliciter des secours? N'est-ce pas au ministre de la guerre à se charger de leur récompense? Est-ce qu*il n'y a pas des lois qui lui attribuent impérieusement tje soin? C'est une chose déshonorante pour la Convention de yolr à sa barre , les martyrs de la liberté, n Danton demande que le ministre de la guerre soit tenu, sous trois jours, de présenter le tableau de tous ceux qui ont été yictimes de leur dévouement'pour la cause de la liberté. La Convention décrète cette proposition.
Une députation de Commune Aâ^ranchie (Lyon), demande à présenter à la Convention les restes de Ghallier, martyr! de la liberté; les pétitionnaires sont admis aux honneurs, de la séance. Couthon propose que Challier reçoive les| honneurs du Panthéon, et que Ton en retire le générât Dampierre, « qu'on avait cru d'abord patriote, qu'on recon-' naît aujourd'hui pour un traître. » Danton demande que la Convention éclaire d'abord sa décision par une connais- 1 sance exacte des faits : « La Convention nationale ne désor-, ganisera pas le tombeau de Dampierre sans connaissance de cause. Ce général eut le malheur de naître d'une caste justement proscrite; mais il est de notoriété publique, qu'il a vécu dans les principes de l'égalité pratique. Il a vécu avec ses laboureurs en ami, en frère; voici un trait qui le fera connaître. Un malheureux tombe dans une rivière au milieu de l'hiver, Dampierre se ^3tte à la nage et lui sauve la vie. Il jouissait dans son département de l'estime de tous les citoyens ; je ne veux conclure de là rien de positif; mais cela suffit au moins pour vous prouver qu'il faut examiner. Certes, si Dampierre eût voulu trahir sa patrie, il l'aurait fait lors de la défection de Dumouriez; mais vous savez qu'alors il rallia une partie de nos troupes qu'un traître voulait livrer à l'ennemi. Dampierre enfin est mort les armes à la main ; ne le jugez qu'après avoir examiné
froidement sa conduite. Lorsque la Convention lui décerna les honneurs du Panthéon, je m'y opposai parce que je ne Toulais pas que la Convention accordât un semhlable honneur sans connaître les faits qui devaient la déterminer*. »
I. Danton prit souvent la parole aux Jacobins pour s'opposer aux exclusions qne Ton était toujours disposé à prononcer trop facilement, sans vouloir même toujours entendre la justification d^ ceux qaà étaient dénoncés; dans la séance du 23 décembre, il intervient pour que Ton entende en silence la justification de Philippeaux^ accusé pour sa conduite en Vendée : « Il est du devoir de la société que cela soit, dit-il, quant à moi, qui n*ai point d'opinion formée sur cette affaire» je désire acquérir une conviction. » La discussion se poursuivant avec amertume, et dégénérant [en personnalités diffamatoires, Danton prend de nouveau la parole : « Les Romains discutaient publiquement les affaires de l'État et la conduite des individus. Mais ils oubliaient bientôt les querelles particulières, lorsque l'ennemi était aux portes de Rome ; alors ils ne combattaient plus entre eux que de courage et de générosité pour repousser les hordes qui les attaquaient. L'ennemi est aussi à nos portes et nous nous dé ehirons les uns les autres. Tontes nos altercations tuent-elles ua Prussien? »
Ces mêmes discussions se répétèrent quelques jours après (le 5 janvier 1794) à propos de Camille Desmoulius et du yieux Cordelier, Danton interposa encore sa médiation : « Toujours des entraves, toujours des incidents et des questions quand il s'agit d'une affaire générale et qui intéresse la cbose publique. GoUot a présenté la question sons son véritable point de vue. Pourquoi a-t-on interverti l'ordre qui régnait dans cette discussion? Les patriotes doivent-ils se servir des mains du patriotisme pour tourmenter les patriotes ? Tu te plains, Hébert, mais rappelle-toi les principes : Que tu aies raison, c'est Cv que le temps fera connaître au public. Mais occuponsnous de l'objet pour lequel nous sommes assemblés aujourd'hui, éclairons le peuple, et laissons à la guiUotine de l'opinion quelque ^ose à faire; sacrifions nos débats particuliers, et ne voyons que la ehose publique. Les patriotes doivent savoir niveler leurs sentiments, équilibrer leurs opinions pour écraser d'abord leurs ennemis. N*&n doutez pas, citoyens, ils sont cachés derrière le rideau, profitent de
Séance Uu'Vl décembre. — Jïïu mafèhancl'demn'»rait'é(é soupçonné d'accaparement, on 'reconnut qu*il 'â'élait pas coupable; la Convention à l'unanimité éêclaw. qu'il fallait surseoir au décret iancé xontre lui :«'0n s'honore, s'écria Danton, quand on sauve un innocent; je vole signifier moimôme le décret que la Convention vient de r^odre. »*La salle Tetentit d'applaudissements. Plusieurs^^autres loemlires sortent avec Danton, et s'empressent d'aller ttrrôter Texécution du jugement du tribunal.
Séance du 2S décembre. — Une dôputation des soldats qui ont combattu contre les Vendéens se .présente àJs^ tribune; un d'eux raconte les ^ hauts. £aits de ses compagnons d'armes. Merlin de Thionville dema&de pour ee bcavele grade d^adjudant-général. Undéputé^fait reiaaFqiifer queifie décret devrait être précédé d'unrapportdu comité^de^satot public : a Je ne pense pas, dit Danton, tju-il soit hors des pouvoirs de la Convention d'accorder la faveur que Merlin réclame; mais je pense qu'il est.de la sagesse de ne faire aucune promotion militaire sans avoir entendu* le comité de salut public ;. et quoique je sois persuadé que le militaire qui est devant vous mérite les éloges .qu'il vient de rece-
nos monvemeûts, et font agir les ressofts'tla patriotisme -«n sens contraire de la révélation. Snberdonnons nos' haines psrlicnUères à l'intérêt général, et n'accordons aux aristocrates que la priorité du'poi* gnard. » Le 8 janvier la discnssion s'engagea encore aax Jaeobisssar Desmoulins. 'Aobespierre demanda pour l'exemple qne- les -numéros Mu Vieux Cordelier fussent brûlés par la société. — - « C'est fort bien dit, • Robespierre, s'écria GamiUe, mais je répendrai comme Roasseau : Bmler n*eit pas répondre. » Le débat ainsi engagé entrer Camille et Robespierre menaçant de s'aigrir, Danton intervint : « GamiUe ne doit 'point s'effrayer, dit-il, des leçons tinfreu sévères ^uo K«mitiéde Robespierre vient de lui faire. Citoyens que la jasti«e «l le sang-froid président toujours à vos déciisions.'^Ën jugeant DesmottUas, prenez garde de porter un coup terrible à la liberté do la p^reese. •
voir, ce qui > eenût bon aujourd'liui donnerait > lieu demain à une imitation moios heureuse; de ià naîtraient les abus. •Ainsi/je demande le renvoi au comitéde salut publâc, qui tertainement partagera les «entiments que nou6 Tttaons d'éprouver pour un digne défeuBeur de 4a République* n
^Séance du 30 décembre. •— Bourdon de i'C^edeiBande /pi- il soit enjoint à la municipalité de Paris de £aire dies jnecherches sur les volontaires qui résident dans eeite ville, -au. lieu d*aller aux frontières : « Il y a à .Paris, obEerve âafiton, de» citoyens qui viennent pour des objets qui inté- .reaseot leurs communes, et qu'il serait dangereux d'en éeatter: il laut prendre un juste milieu. Je demande que tout citoyen: envoyé à Paris par ses concitoyens, pour un ûbjet queloojsque, soit obligé de se. faire enregistrer au comité. de«ûreté .générale, qui en rendra compta à TAssemibUe toutes les. décades. En adoptant cette, mesure, vous ne :priverez point le peuple de £aire ses réclamations' à la Con- •veaiâion naXiaoale. » Cette. propositionest adoptée.
'Année 1794.
Séance du 7 janvier. — Lejmimstre deia.gueneiBoa- Ghotte, d'une part, refusait des secours aux défenseurs^ de la piatrie, et d'autre {part donnait à Hébert 120,000 francs de subvention. iBaurdon de Tûise dénomee cet abus à ia .Convention. Danton fait décréter que les ministres ne pournront puiser dans le trésor public qu'en vertu d'une loi, et il demande que le comité de salut public fasse un rapport sur les moyens de .perfectionner.le gouvern«aient provisoire : « Ce qui épouvante TEurope, c'est de voir la manivelle de ce gouvernement entre les mains de ce comité, qui .est TAssemblée elle*même... Mais, .ajoute Danton,. je ^uis
cônraiocu qu'un conseil délibérant est mauvais, qu'il vous faut un directeur de la guerre responsable, un directeur de ISntérieur responsable, etc., et que le comité du salut public doit diriger Faction du gouvernement dont la Convention nationale Ta chargé. »
Siânee du iZjan'oîer. — Amar venait, au nom du comité de salut public, de faire son rapport sur Tarrestation de; Fabre d'Églantine. Danton demande que les prévenus soient! traduits à la barre, afin qu'ils soient jugés devant tout le| peuple : « La situation politique de la nation et de la Convention nationale est telle, que toutes les vérités peuvent lui être dévoilées sans danger. Le comité de sûreté générale a bien agi en mettant sous la main de la loi un bomme présumé coupable; mais comme la Convention n'a pas de travaux qui prolongent ses séances, pourquoi ne se char-' gerait-elle pas de la recherche des coupables? Rendons justice au peuple; pourquoi les accusés ne seraient-Ils pas traduits à la barre pour s'expliquer, après que le comité de sûreté générale aura pris les mesures convenables pour qu'aucun coupable n'échappe, qu'aucun fil de l'intrigue ne, se perde? Un décret d'accusation a été proposé d'après un, principe que j'avoue; mais pouvez-vous vouloir interdire^ aux accusés la faculté d*être entendus? Sans doute il peut| se trouver des occasions où le peuple soit pressé de punir, , où chacun ait le droit de poignarder un scélérat qui veut perdre la liberté. Brissot et consorts ne pouvaient être en-' tendus; ils étaient déjà condamnés; la liberté était menacée de trop près; mais lorsqu'on vous dévoile des turpitudes, un agiotage, des corruptions; lorsqu'on tient les principaux fils de toute l'intrigue, lorsqu'on vous dénonce un faux qui peut être désavoué et attribué à une main étrangère, pourquoi n'entendrions-nous pas ceux qu'on accuse *? »
1. Danton respecta en toute circonstance, il faut lai rendre cette
Vadiep et Bilîaud-Varennes combattent la proposition : « Ces principes, dit Vadier, nous mèneraient à la Constitution de 91, qui accordait une inviolabilité absolue aux représentants du peuple. » L'affaire de Fabre> d'ailleurs, se rattache, dit-on, à un systèmeafFreux de contre-révolution. o Dix-neuf personnes ont été arrêtées pour cet objet, poursuit Vadier; c'est à Féchafaud que de pareils conspirateurs doivent aller, et non à la barre de la Convention. » — a 11 faut, dit alors Danton, qu'un rapport général soit fait à la Convention, afin de lui faire connaître toutes les ramifications de cette horrible conspiration ; car si Vadier ne nous eût annoncé que celle qui venait d'être découverte se liait à celle dénoncée par Chabot, la République et nous l'eussions ignoré. » Mais ces observations de Danton sont relevées avec vivacité, a Limiter un délai pour faire ce rapport, dit Billaud-Varennes, serait étrangler cette aff^aire. » Et, faisant une allusion directe et menaçante à Danton, il ajoute : « Malheur à celui qui a siégé à côté de Fabre et qui est encore sa dupe !» — « Le comité, dit Amar, ne peut pas être accusé de négligence. » — « Mon intention, répond Danton, n'a pas été d'accuser le comité, je lui rends justice. » On passe à l'ordre du jour.
justice, la liberté de la défense, assez généralement méconnue dans nos assemblées révolutionnaires. Après l'assassinat de Marat, un membre, anx Jacobins, dénonça Faucbet comme complice de Charlotte Gorday. Celui-ci veut monter à la tribune pour se disculper, le président met aux voix si on le lui permettra.. — < H n'y a rien à mettre aux voix, dit Danton ; ne laissez pas souiUer la tribune par Faucbet; ordonne^, lui de se retirer à la barre, t Mais, quand sans vouloir Tentendre, on demande qu'U soit renvoyé devant le comité de sûreté générale : — < Je demande, reprend Danton, qu'on entende Faucbet, cet apostat de la liberté, qui a allumé la guerre ci. vile dans son département; tous aUez voir que tout ce qu'il dira ne fera que nous confirmer dans l'idée que nous avons qu'il est un contre-révolutionnaire. >
Séance du \h janvier. — De jeunes, élèves de la patiie viennent demander à la Convention une députation.pour. assister à une fête civique en Thonneur des martyrs de la*, liberté. Ils récitent un chant patriotique et en. demandent l'insertion au.BuUetin. Danton s'y oppose : « Le Bulletin de la Convention n'est point du tout destiné à- porter des vers dans la République, mais de bonnes lois rédigées en bonne prose. Un décret, d'ailleurs, ordonne Texamen préliminaire du comité d'instruction publiqpe pour tout ce qui peut concerner les arts et l'éducation. Je demande donc le renvoi au. comité. » Dubouchet insiste sur ce que de tels chanta produisent un effet singulier : « Il ne faut .pas invo* quer des. principes que nous reconnaissons tous, pour en tirer des conséquences fausses. Sans doute, les hymnes patriotiques sont propres à enflammer, à électriser l'énergie républicaine: mais qui de vous est en état de prononcer sur la chanson qu'on, a. chantée à la. barre? En avez- vous bien entendu etl« sens et les mots? Pouvez-vous.m!en instruire , car moi je n'ai pu en jpger. Pourquoi donc empêcher la Convention de se. mettre en mesure pour juger avec connaissance de cause! Le- vf ai. moyen, est le reavoi au comité d'instruction publique. Qui plus que moi s^it la., nécessité d'encourager les arts et les jeunes talents! Nous n'avons point fondé une République de Visigoths ; après l'avoir solidement instruite, il faudra bien s'occuper de la décorer; mais dans les petites choses comme dans les grandes, la Convention ne doit j.amais prendre dedétei:mination indiscrète et inconsidérée,. l'insisté pour le . leiir voi. » Le renvoiest, décrétée.
Séa^tce du 16 j/anwer. — Bùurdou demande que la» Gon^ vention chasse de la représentation nationale Dentsel, con-> vaincu de urètre qu'un* aristocrate.
Danton intervient pour adoucir' cette proposition: « A' jne consulter que là justice nationale^ JlprpfpsiUou dJù
Bourdon doit être adoptée; les faits qu'il a articulés contre ûentzel sont graves; s'il est coupable, comme j'incline à. le croire, la Convention ne se bornera pas à le chasser de son. sein; mais elle le traduira au tribunal révolutionnaire. Mai& suivons une marche sage qui. noua mette à Tabri des err reurs. Je demande que les comités de salut public et da sûreté générale se saisissent de l'accusation et fassent arrér ter rindividu s'ils le jugent convenable. «
Séance du 18 janmer. — Roger-Ducos observe que par redit de 1 787, le dernier tyran s'était réservé le^droit de prononcer sur les effets .civils dumariage.entre le& protestants^, suivant la qualité des circonstances et des personnes. Desc réclamations particulières s'étant élevées sur les disposir tiens de cet édit, le comité de législation demande qu'elles soient rapportées. Danton observe que les lois rendues par l'Assemblée ne permettent pas d'élever le moindre doute sur le point de fait quç Ton veut mettre en question, à savoir que la possession d'état sulHt aux enfants pour leur donner le droit de réclamer la succession de leur auteur, et que les juges ne peuvent refuser de prononcer, à. moins qii'ils ne soient des contre-révolutionnaires. Il demande l'ordre du^ jour sur le projet du comité et le renvoi de la pétition aa comité de sûreté générale, qui poursuivra ceux qui ont pu. élever unesemblable.queation..
Séance du 22 janvier. — Couturier demande, par artlole additionnel, quatous les titulaires d'offices qui auront repro-r duit leurs titres, après- les avoir déjà retirés, soient déciarésf' déchus de tout droit à liquidation. Danton appuie cette proposition : a Rien n'est plus juste. Sans doute, il faut, qu'ils soient déchus, ceux qui, par défiance ou par haine de la Révolution, n'ont pas. voulu attendre leur sort de la loyauté française; sans doute on pourrait les regarder, comme suspects,, et très-suspects. »
^ Dans la même séance, Ramel observe qne, le 26 mai 92, le Corps législatif décréta que la rente apanagère des frères du ci-devant roi soit saisissable; il faut savoir si les créanciers auront encore hypothèque sur cette rente d'un million. Danton répond : « Suivant le proverbe : Morte la bête, mort le venin; il me semble que sitôt que ces animaux-là n'existent plus» on ne doit plus parler de rente apanagère. •
Séance du 23 janvier. — Camille Desmoulins réclame contre des commissaires de sections qui avaient fait une descente chez son beau-père et avaient saisi une partie de sa bibliothèque. Danton s'oppose à l'espèce de distinction, de privilège qui semblerait accordé au beau-père de Desmoulins. La Convention ne doit s'occuper que d'affaires générales. Mais il profite de cette occasion pour demander que la Convention médite les moyens de rendre justice à toutes les victimes des mesures et arrestations arbitraires, sans nuire à l'action du gouvernement révolutionnaire.
Séance du 27 janvier. — Bourdon dénonce un abus de pouvoir du ministre de la marine Dalberade, et demande sa mise en accusation. Danton prend la parole : a La Convention doit être conséquente avec ses principes, et s'en tenir au gouvernement provisoire qu'elle a décrété. Si le fait dénoncé est constant, il doit donner lieu à un acte d'accusation; mais il faut réclaircir. Pour moi, il me semble impossible qu'un ministre ait pu sciemment dépouiller un citoyen du grade que la Convention lui a extraordinairement accordé pour une action extraordinaire. Il y a sans doute erreur de fait. Il est absurde, quand vous avez un comité de salut public chargé de surveiller toute l'action du gouvernemeat, de vouloir prendre sur cette affaire une décision précipitée. Il faut lui renvoyer la dénonciation, pour feire un rapport séance tenante. Voilà mon opiaion.
Je vois que, pour ce qui regarde les membres de la Convention, soit pour ce qui concerne les ministres, soit à l'égard des indiyiduâ, nous nous abandonnons à nos propres passions. Uénergie fonde les Républiques ; la sagesse et la conciliation les rendent immortelles. On finirait bientôt par Toir naître des partis. 11 n'en faut qu'un, celui de la raison; la raison veut que le fait soit éclairci; la raison veut qu'un ministre ne soit pas regardé comme un coupable, parce qu'il est accusé d'un fait qui implique contradiction. Je demande donc le renvoi au comité de salut public pour faire un rapport séance tenante. »
Dans la même séance, Goupilleau demande que le prince de Talmont, depuis longtemps détenu à la Conciergerie, soitiugé. Danton appuie cette motion : « Le tribunal révolutionnaire doit accorder la priorité à cette espèce de conspirateur; je demande que la Convention décrète que le ci-devant prince de Talmont sera iugé avaat tout autre accusé. »
Séance du ^{janvier. —Deux décrets rappelaient Ghasles de Lille; il avait écrit qu'il était malade et n'était pas transportable. On conteste la sincérité de cette déclaration, et Haffron demande que Cbasles soit immédiatement transporté à Paris, fût-ce en litière, s'il était vrai qu'il fût malade, et dût-il mourir en chemin.
Danton demande que la Convention ne se laisse pas compromettre par une fausse mesure : « 11 faut charger les comités de salut public et de sûreté générale de prendre toutes les mesures nécessaires pour l'exCcution du décret qui rappelle Chasles. Sans doute sa conduite a provoqué des dispositions sévères, car je le regarde comme constitué en retard et même en désobéissance. Cependant il peut se faire qu'il ne soit pas Iransportable; il peut être malade, il peut le devenir; le terme que vous lui preficriviee serait
donc ridioulô*. Vous devez vous fier & vos C0HUtâft,et>C£0ilft qu'ils ne luiief ont pas ^ràce. »
Séance du 2 février. -* Dd saus-culotte a étô nommétid im emploi public. Il n'a pu. offrir un cautiojQnement; il est sur le point de ne pouvoir jpuir de la. récompense due à Boa patriotisme et: à, son civisme* Danton prend la parole, 4 cette occasion, pour demander rabolition des cautionne*, ments : « Je ne sais si, la question, du cautionnement es^ ^core déctdôB.. QumX. à. moi» je^ la:CombatSf.et ëih eisistei une loi contraire, j'en demande rahrogation, Il n'est paa un. bon esprit qui ne- regarde comme absuide laithéone-d^ cautionnements» Si les- fonctionnaii:es sont' comptables dà deni^s^.ce n'est poinjt vm. responsabilité matériella qu'il faut, exiger d'eux,, mais- une responsiabilitémoraieL Q'&A enjcore une rouille: de l'Ancien régime à. faire disparaitie^ IiOjTsquÊ. la loi. n'an^elle aux- fonctions. publiques quelles vertus et les talents, il n'y a point lieu à descautionneoifiats pécuniaires. » Le principe est décrété.
Un débat s'engage sur les accusations portées contre Vin. cent^Ronsin. Leeointre demande qae la. Conventionné leur rende pas la liberté^ jusqu'à ce que son comité de^ sûreté générale lui ait fait un rapport détaillé. « Ge devrait être un principe incontestable parmi, les patriotes, IntorK vient Danton, qm^ par. provision, on> ne trsâtâ.t pa& commet suspects des vétérans révolutionnaires qui, de l'aveu pu*blic; ont rendu des services constants à, la liberté. »^ Il justifie des deux.citoyens et.appui^ la: proposition.du^comitô^. de lesmettreen liberté;
Siancùidu. A févriers -^Sur l'abelition^de Tesclavag.
Séanciedu'2Zféwrier. ^ €harlier propose l'exclusion des" noblesdiesi années de la République- Danton' observa quUi fautdéeréter en même tempsirex£lusion(de& nobles ùsk
tentes fotïctims. publiques. Il defcannâe en coirâéqtienee le renvoi Àe la propositicAi de Gharlier au comité de salut public, pour qu'on consacre un principe plus vaste et qu'on mudemn décret plus étendu.
Séance du ÎQ février.^ Saint-Jtfôt, au nom du comité €e salut public, lit un rapport sur les détentions et sur les moyens les plus courts de reconnaître et de délivrer Tinnot«wce^t le patriotisme opprimés, comiiie de punir les cou- )iables. Ge rapportée terminait par le décret suivant : *« Le • comité de i^ûreté générale est investi du pouvoir de nLinettre en liberté les patriotes détenus; toute .personne -» qui réclamera sa liberté, rendra compte de sa conduite » depuis le !«' mai 1789. » -*- a le demande, dit Danton, à présenter un article additionnel. De même qu'il faut,' d'après les principes du rapporteur, que chaque homme qui réclamera sa liberté justifie de sa conduite depuis 1789, je pense qu'il faudrait, que chaque comité révolutionnaire «nvo^^t au comité de sûreté générale le taMeau des membres qui le composent, ainsi que de leurs travaux révolutionnaires. C'est ainsi que vous centraliserez le bien; c'est tfnsi que le comité de sûreté générale pourra épurer ces comités des faux patriotes à bonnets rouges; c'est ainsi que les instruments révolutionnaires deviendront encore plus utiles, et que la Terreur, restant constamment à l'ordre du jour contre le» ennemis de la Révolution, les patriotes .pmirrent être sûrs de la paix et de la liberté.^» Cette proposition est cenvoTée ^u comité de salut public.
Séance du 3 Mars. — Saint- Juôt, au Bomdu comité de t'flatat public, demande que les biens provenant des ennemis Ae la. Révolution soient affectés aux eitoyens qui l'ont servie «t BOQt restés dans Fiodigence. Danton appuie cette proposition : « Sans doute nous désirons tous voir mettre à exé- 'cutioD^le vaste^plan'quevientde vous soumettre le comité
de salut public, sans doute le moment n'est pas éloigné où Ton ne rencontrera plus un seul infortuné dans toute Tétendue du territoire de la République; mais comme c'est par la jouissance qu'on attache l'homme à la patrie, je crois qu'il serait bon de faire promptement un essai des grandes vues du comité. Citoyens, il existe dans la République beaucoup de citoyens qui ont '^té mutilés en défendant la cause du peuple, ne croyez-vous pas utile de leur accorder des terres auxenvirons de Paris, et de leur donner des bestiaux, afin de mettre en activité, sous les yeux mêmes de la Convention, cette colonie de patriotes qui ont souffert pour la patrie. Alors, citoyens, tout soldat de la République se dira : si je suis mutilé, si je perds un membre en défendant les droits du peuple, je sais le sort qui m'attend; déjà plusieurs de mes frères jouissent des services qu'ils ont rendus; j'irai grossir leur nombre et bénirai sans cesse les fondateurs de la République. Je demande que le comité de salut public combine l'idée que je viens de soumettre à l'Assemblée, afin que nous ayons la satisfaction de voir bientôt ceux de nos frères qui ont bien mérité de la patrie en la défendant, manger ensemble et sous nos yeux à k gamelle patriotique. » La proposition est renvoyée au comité.
Sêûnce du 4 mars. — Levasseur demande qu'on mette en dépOt, entre les maiDs des fermiers et des cultivateurs, des étalons des différentes espèces d'animaux les plus utiles. Danton appuie cette proposition : « C'est quand une grande nation consomme beaucoup qu'elle doit prendre des précautions pour conserver et faire reproduire les espèces qu'elle consomme. Les ancie^^nes républiques appliquaient ces principes même à la population, et après une guerre longue et meurtrière, les législateurs d'Athènes, qui s'y connaissaient aussi, pour réparer la perte que l'État avait fait de ses concitoyens, ordonnèrent à ceux qui restaient
d'avoir plusieurs femmes. {On rit et on applaudit.) ^dîns' vouloir faire rapplication d'une telle mesure, et pourtant sans en faire un objet de plaisanterie, je dis que, puisqu'il entre dans notre plan, lorsque la liberté aura triomphé, de distribuer les dépouilles des ennemis du dedans et du dehors à ceux qui auront vaincu pour la liberté, c'est dans cet esprit qu'il faut discuter les vues présentées par Levasseur. Soit donc que la République accorde des primes à ceux qui élèveront ces élites d'animaux, soit que ces animaux soient élevés pour le compte de la République, les comités de commerce et d'agriculture doivent méditer et approfondir ces idées, et en faire un rapport à la Convention. 9
D prend encore la parole dans la même séance sur les propriétaires qui demandaient des indemnités pour les pertes qu'ils avaient éprouvées dans la guerre de Vendée : « Pour distribuer avec sagesse et avec justice les secours que vous avez décrétés, il faut d'abord poser deux bases incontestables : la première, c'est qu'il ne faut pas qu'un riche propriétaire prétende une indemnité proportionnée aux pertes qu'il aura faites; la seconde, c'est que les services rendus à la patrie doivent seuls déterminer la mesure des indemailés que la République accordera à ses défenseurs. Je demande donc que les bases que je viens de poser soient reconnues, et qu'un homme, propriétaire, qui n'aura pas pris les armes pour défendre la République, ne puisse prétendre à aucune indemnité; accordez des indemnités en raison des services, et non en raison des propriétés. » Le principe de la proposition est décrété.
Danton, dans la même séance, prend encore une fois la parole sur le môme sujet : a Vous avez consacré un principe juste, dit-il, en décrétant que ceux qui n'auraient pas contribué à la défense de la patrie ou qui y auraient été indifférents, ne participeraient point à la reconnaissance nationale; mais la rédaction de ce principe, de cette loi,
me^préâente degwin^es difficultés. Par- exemple, TOtre intention serait-elle d'accorder tine indemnité à celoi (jui aura consenré, je suppose, une propriété de cent mille écus? (Nen, non! s'écrie-t-on de tewites parts.) Jesttîs-atissi -dans cette même idée. Gela doit vous faire seiltir ia'ttêçes- «ilé de créer an mode de distribution tel que ceux qui en ©aront chargés ne soient point* entravés dans leurs opérations. Ne vous paraît-il pas convenable i'd*examîncr si tto citoyen qui aura coneervé ««on soi, mâi^qui "aura perdu son mobilier, -nîaupa pas droitàune arance ' nationale, lét s'il no sera pas de l'iiïtérôt de la République de la lui faites Toutes 'ces considérations vous prouvent que 'vous dev^a porter la plus grande réflexion dans la rédaction des bases décrétées. Pai demandé dans le renvoi'ffux comités d-e- salut public et des secours-public pour présentÉfUne' loi eopplémentaire. » Le renvoi est décrété.
Séance du 12 mars. — Levasseur demande qtf on défende aux particuliers de venir faire à la barredes dénonciations contre les représentants; il faut les renvoyer, dit-il, aux comités de^alut- public : « La proposition- de Levassetir,- dit Danton, pourrait entraîner des conséquences •qui? violeraient la liberté d'exprimer sa pensée sur tous les mandataires du pouplc^Chaque citoyen doit pouvoir dire publiquement ton opinion sur les législateurs et tous les fonctionnaires pii- Mcs. C'est entre- nous qu'il f«ût éviter des détets rldieuîes, mais du reste Ubertô tout entière.'»
Séance du 16 mars.-*- 'Après la lecture^d^ine pétition, «n^^erateur de section chante quelques couplets d'une chanson patriotique dont il est Vautour. Damon Finterrompt: «La salle et la barre de la Ctonvention sont deètinées ii tecevoir Téi^ssion solennelle et sérietise duvteu des citoyens; nul «e-peatse permettre de les changer en tréteaux. Je por*efdansamon caractère une bonne portion de
gaieté française, et je la conserverai, je Feepère. Je pense par exemple, qiie nous devons donner le bal à nos ennemis, mais qu'ici nous devons froidement et avec dignité et calme, nous entretenir des grands intérêts de la patrie, les dise»* ter, sonnei la charge contre tous les tyrans, indiquer et frapper les traîtres, et battre la générale contre tous les imposteurs. Je rends justice au civisme des pétltiannaires, mais je demande que dorénavant on n'entende plus à Ja barre que la raison en prose. » Cette proposition est^adoptée.
Séance du 19 mars. — A< propos de raccusation contre le ministre de la guerre Boucbotte, Danton provoque un examen 4e la conduite de tous les fonctionnaires;' publics.
La même séance fut signalée par une scène éHiouvanteu qui o£[re, au point de vue de Danton, un intérêt d^autant plus grand, que ce fut sa dernière manifestation publique, avant son^rrestation. Paehe vientiau nom de la Commune protester de son dévouement à la Convention. Le président de l'Assemblée, Rbul, lui reproche d'être veuu un peu tard faire cette, protestation, que néanmoins il se plait à regarder comme sincère. Danton relève cette réponse comme indigne de la Convention nationale, « qui ne doit pas avilir un corps entier et fpapper d'une prévention collective uœ adoâinistration collective, parce ^oe4fueiques individus de ce corps peuvent être coupables. » Daaton prononce ^quelques paroles chaleureuses qui émeuvent l'audik)ire ; Rhol l'invite à venir lui^mêmeoccuper le fauteuilqu'il va:quitter pour lui répondre. — «i Président, répond Danton, ne de^ mande pas que je monte au fauteuil, tu l'occupes dignement. Ma pensée est pure; si mes expressions Font mal rentlue, pardonne-moi une inconséquence involontaire; je te pardonnerais moi-même une pareille erreur. Vois en moi un frère qui a exprimé librement son opinion. » Rbul descend de la tribune et se jette dans les bras de Danton.
« Cette scène, dit le Moniteur^ excita le plus vif enthousiasme dans rAssembléc. »
Ce fut la dernière fois qne Danton prit la parole à la Convention. — Dans la nuit du 31 mars, il fut arrêté, en même temps que Camille Desmoulins et Lacroix ^ Le lendemain, à la Convention, Legendre tente d'émouvoir rAssemblée : a Citoyens, quatre membres de cette Assemblée sont arrêtés de cette nuit. Je sais que Danton en est un; j'ignore le nom des autres. Qu^importe leurs noms, s'ils sont coupables? Mais, citoyens. Je viens demander que les membres arrêtés soient traduits à la barre où vous les entendrez, et où ils seront accusés ou absous par vous... Citoyens, je le déclare, je crois Danton aussi pur que moi, et je ne pense pas que qui que ce soit me puisse reprocher un acte qui blesse la probité la plus scrupuleuse... {Des murmures inten^ompent Vorateur.') — Clauzel : Président, maintiens la liberté des opinions. — Le président (Tallien) : Oui, je la maintiendrai; oui, chacun dira hbremént ce qu'il pense; nous resterons tous ici pour sauver la liberté, {fin applaudit.) — Legendre : Je n'apostrophe aucun membre des comités de salut public et de sûreté générale; mais j'ai le droit de craindre que des haines particulières et des passions individuelles n'arrachent à la liberté les hommes qui lui ont rendu les plus grands, les plus utiles services. II m'appartient de dire cela de l'homme qui, en 1792, fit lever la France entière par les mesures énergiques dont il se servit pour ébranler le peuple, de l'homme qui fit décréter la peine de mort contre quiconque ne donnerait pas ses armes ou n'irait pas en frapper l'ennemi. L'ennemi était alors aux
i. c Deux jours après le supplice des Héber listes que Danton avait si puissamment conconra à délerminer, dit Levasseur (de la Sart'ie) dans ses Mémoires, ce même Danton fat arrêté pendant la
nuit La Convention fut consternée en apprenant cette non»
veile, » ajoute Leyasséùr.
portes de Paria, Danton vint et ses idées sauvèrent la patrie. J'avoue que je ne puis le croire coupable, et ici je veux rappeler le serment que nous fîmes en 90, qui engagea celui de nous deux qui verrait l'autre survivre à son attachement pour la cause du peuple à le poignarder surle-champ, et dont j'aime à me ressouvenir aujourd'hui. Je le répète, je crois Danton aussi pur que moi : il est dans les fers depuis cette nuit. On a craint sans .doute que ses réponses détruisissent les accusations dirigées contre lui. Je demande, en conséquence, qu'avant que vous entendiez aucun rapport, les détenus soient mandés et entendus. » Fayau combat cette proposition sur ce qu'elle serait un privilège. Après lui, Robespierre monte à la tribune: « Au trouble depuis longtemps inconnu qui règne dans cette Assemblée, dit-il, aux agitations qu'ont produites les premières paroles de celui qui a parlé avant le dernier opinant, il est aisé de s'apercevoir, en effet, qu'il s'agit ici d'un grand intérêt; qu'il s'agit de savoir si quelques hommes aujourd'hui doivent l'emporter sur la patrie. » Legendrei accusé par Robespierre, balbutie une justification ^ Barrère soutient comme Robespierre que les représentants livrés au tribunal révolutionnaire par les comités, ne doivent pas avoir le privilège de venir se défendre devant l'Assemblée. La proposition de Legendre n'a pas de suite et la parole est donnée à Saint-Just qui, au nom des comités de salut public et de sûreté générale, présente le rapport sur les accusés. Le décret ordonnant la mise en jugement de Danton, Ga-
i. Legendre reDonvelIa, le soir, sa justification anx Jacobins. Qaelqfnes jours après il désavoua son intervention : « J'étais avant la découverte du complot, rintime ami de Danton, j'aurais répondu dé sa conduite et de ses principes sur ma tête. Mais aujourd'hui, je suis convaincu de ses crimes, je suis convaincu <iu'il voulait plonger le peuple dans une erreur profonde: peut-être y serais-je tombé moimÊme sans aucune défiance. »
mille Desmoulins, Hérault, Philippeatfx, LàCi*ôlx,Tprévenus ée complicité atec d'Orléans , IDtHnotiriez, avec Fabre d'Églantine/et les ennemis de la Républiqpae, est'adoptô à Fananimité et au milieu des plus vifs applaudissements *.
Le chef du jury devant' lequel comparurent les' accusés, était Tfuchard; les autres jurés étaient :Renaudin,Fauvetti, Topino-Lebrun, :Souberbielle, Ganney, Leroy Hé Mout- Flobert, Sambut.
Le compte rendu de Faffaire, rédigé par Cdfflnh^l, (ïui fût publié au Bulletin du tribunal révolutionnaire, est loin d'ôtre authentique. « On peut regarder comme certain, dît M. Bougeart, que les réponses des accusés, et notamment de Danton, y sont tronquées, faussées, et le plus souvent omises. » On ne trouve dans le Moniteur aucune trace des débats qui eurent lieu à l'occasion de ce procès.
 la demande de son domicile,. Danton répondit : Bientôt le néants et mon nom au Pcnthém. Il fit une vigoureuse défense; ses coaccusés, soutenus par sou exemple, se récrièrent^aveonon moins d'énergie contre Taccusation. L'accusatenr -public, indigné de cette « lutte «candaleuse, » fit silspeudretes débats pour en référera la' Convention, qui,^ sur le rapport de Saint- Just, prit un décret portant que « tout prévenu de conspiration, qui résisterait ou insulterait la justice nationale, serait mis hors* des débats 'sur-lechanjp. » A la suite dete- décret, le tribunal, sans entendre la défense des accusés, rendit son jugement qui condamnait à mort Danton et ses complices, les dédaratit convaincus « d'avoir trempé dans une conspiration tendant à
!• Le rapport de Saint-lnst fût rédigé snrdestiotesttaf lui avaient été Ibnmies. par Robespierre. Ces notes ont été jpubHëes pour la pre- Aidre fuis «n i841 par l'éditeur Franc. Nous reproduisons plus loin, aux notes, ledisconrsde Robespierre à la Convention, les passages du rapport de Saint-Iust, qui ont trait à Danton, et Un extrait des notes de Robespierre, sur lesquelles a été rédigé ce rapport.
rétablir là monarchie, à détruire la représentation nationale et le gouvernement républicain. •
Le Moniteur annonce en ces termes la condamnation et l'exécution de Danton, dans son numéro du 17 germinal an II (6 avril 1794):
a Du i& germinal, —Après trois jours de débats, Danton, Fabre, Lacroix, Philippeaux, Desmoulins» Chabot, fiazire, Delaunay, Hérault, Westermann, Gusman, Espagnac, les deux frères Frey et Diedericksen, ont été condanmés à la peine de mort. Ils ont subi leur jugement, le même jour, à cinq heures et demie» & la place de la Révolution. »