‹ Œuvres de DantonChapitre 22 sur 26 · AFFAIRE CHABOT ET COMPLICES · texte numérisé non relu

AFFAIRE CHABOT ET COMPLICES

Interrogé sur son nom, surnom, âge, qualité et demeure; Danton a répondu se nommer Georges-Jacques Danton, âgé de 34 ans, natif d^Arcis-sur'^ Aube, avocat, député à la Convention, domicilié à Paris, rue des Cor délier s. A la demande de son domicile, Danton a d'abord répondu : bientôt le néant, et mm, nom au Panthéon.

Lb Président. — Accusés, soyez attentifs à ce que vous allez entendre.

Le greflBer lit le rapport d'Amar, rapport qui n'est que la répétition de celui qu'avait lu le 31 mars, devant la Convention, Saint-Just au nom du comité du salut public.

(Numéro 16 du Bulletin du tribunal.)

Lé numéro 20 et une partie du 21® renferment les interrogatoires des coaccusés de Danton — puis commence celui de ce dernier inculpé.

Demande.— Danton, la Convention nationale vous accuse d'avoir favorisé Dumouriez, de ne l'avoir pas lait connsdtre tel qu'il était, d'avoir partagé ses projets liberticides, tels que de faire marcher une armée sur Paris, pour détruire le gouvernement républicain et rétablir la royauté.

ie.

RÉPONSE. — Ma voix qui, tant de fois, s'est fait entendre pour la cause du peuple, pour appuyer et défendre ses intérêts, n'aura pas de peine à repousser la calomnie.

Les lâches qui me calomnient oseraient-ils m'attaquer en face, qu'ils se montrent et je les couvrirai eux-mêmes de rignominie, de l'opprobre qui les caractérise? Je l'ai dit et je le répète : mon domicile est bientôt^ dans le n^ant^ et mon nom au Panthéon!,.. Ma tête est là, elle répond de tout!... La vie m'est à charge, il me tarde d'en être dôUvré!...

Le Président à l'accusé. — Danton, l'audace est le propre du crime, et la modération est celui de l'innocence. Sans doute la défense est de droit légitime, mais c'est une défense qui sait se renfermer dans les bornes de la décence et de la modération, qui sait tout respecter, même jusqu'à ses accusateurs. Vous êtes traduit ici par la première des autorités; vous devez toute ob^ssauce à ses décrets, et ne vous occuper que de vou$ justilier des différents chefs d'ac* cusation dirigés contre vous; je vous invite à vous eu acquitter avec précision, etsurtout à vous circonscrire dans les faits.

Réponse. — L'audace individuelle est sans doute réprimable et jamais elle ne put m'étre reprochée ; mais L'audace nationale dont j'ai tant de fois donné l'exemple, dont j'ai servi la chose publique; ce genre d'audace est peimia» et il est môme nécessaire en révolution, et c'est de cette audace que je m'honore. Lorsque je me vois si grièvement, si injustement inculpé, suis-je le maître de commander au sentiment d'indignation qui me soulève contre mes détracteurs. Est-ce d'un révolutionnaire comme moi, aussi fortement prononcé qu'il faut attendre une réponse froide? Les hommes de ma trempe sont impayables, c'est sur leurs fronts qu'est imprimé en caractères ineffaçables le sceau de la liberté, le génie républicain; et c'est moi que l'on accuse d'avoir rampé aux pieds de vils despotes, d'avoir toujours été contraire au parti dé la liberté, d'avoir conspiré avec Mirabeau

et Dumouriezl Et c'^t moi qu^ Ton somme de répondre âi la justice inévitable, inflexible!.... Et toi» Saint-Iuat, tu répondras à la postérité de la diffamation lancée contre le meilleur ami du peuple^ contre son plus.ardi»itdéfea8eur I... En parcourant cette liste d'borreurs, je sens toute mon existence frémir.

Dantoa allait continuer sur le môme ton» brsqiae le président lui obser^ de nouvi^au qu^il manque tout à la fois à la représeution nationale, au tribunal et au peuple souver£an,.qui a le droit incontestable de lui demander compte defiieftactlon&:.

Marat fut accusé comme tous. Il sentit la nécessité de se justifier, remplit ce devoir, eu bon citoyen, établit sou innocence en termes respectueux, et n'en fut que plus aimé du peuple dont il n'avait cessé, de stipuler les intérêts. Marat ne s'indigna pas contre ses calomniateurs ; à des fôits, il n'opposa point des probabilités,, des Vraisemblances, il répondit catégoriquement à l'accusation portée contre lui, s'appliqua à en démontrer la fausseté et y parvint. le.iie puis vous proposer de meilleur modèle, il est de votre intérêt de vous y conformer.

Réponse, — Je vais donc descendre à ma j^ustiflcation, je vais suivre le plan de défense adopté par Saint- Just. Moi, vendu k Mirabeau, à d'Orléans, àDumouriez! Mol, le partisan des royalistes et de la royauté. Â-t-on donc oublié que )'ai été nommé administrateur, contradictoirement avec tous les contre-révolutionnaires qui m'exécraient? Des intelligences de ma part avec Mirabeau ! Mais tout le monde sait que j'ai combattu Mirabeau, que j'ai contrarié tous ses pro jets, toutes les fois que je les ai crus funestes à ta liberté. Me taisais-je sur le compte de Mirabeau lorsque je défendais 'Marat attaqué par cet homme altier? Ne faisais-]e pas plus qu'où u'avait droit d'attendre d'un citoyen ordinaire? Se me

8Uis-]e pas montré, lorsque Ton voulait soustraire le tyran, en le traînant à Saint-Gloud?

(Numéro 21 du Bulletin du tribunal.) Danton continue :

N'ai- je point fait afficher au district des Cordeliers la nécessité de s'insurger? J'ai tonte la plénitude de ma tête lorsque je provoque mes accusateurs, lorsque je demande à me mesurer avec eux... Qu'on me les produise et je les replonge dans le néant dont ils n'auraient jamais dû sortir ! ..• Yils imposteurs, paraissez, et je vais vous arracher le masque qui vous dérobe à la vindicte publique !

Le Président. — Danton, ce n'est point par des sorties indécentes contre vos accusateurs que vous parviendrez à convaincre le jury de votre innocence. Parlez-lui un langage qu'il puisse entendre ; mais n'oubliez pas que ceux qui vous accusent jouissent de l'estime publique, et n'ont rien fait qui puisse leur enlever ce témoignage sérieux.

Réponse. — Un accusé comme moi, qui connaît les hommes et les choses, répond devant le jury, mais ne lui parle pas ; je me défends et je ne calomnié pas.

lamais l'ambition ni la cupidité n'eurent de puissance sur moi; jamais ces passions ne me firent compromettre la chose publique : tout entier à ma patrie, je lui ai fait le généreux sacrifice de mon existence.

C'est dans cet esprit que j'ai combattu l'infâme Pastoret, Lafayelte, Bailly et tous les conspirateurs qui voulaient s'introduire dans les postes les plus importants, pour mieux et plus facilement assassiner la liberté. II faut que je parle de trois coquins qui ont perdu Robespierre. J'ai des choses essentielles à révéler ; je demande à être entendu paisiblement, le salut de la patrie en fait une loi.

Le Président. — Le devoir d'un accusé, son intérêt per-

— 2So f-

sonnel veulent qu'il s'explique d'une manière claire et précise sur les faits à lui imputés; qu'il établisse lumineusement sa justification sur chaque reproche à lui fait, et ce n'est que lorsqu'il a porté la conviction dans l'âme de ses juges, qu'il devient digne de quelque foi,, et peut se permettre des dénonciations contre des hommes investis de la confiance publique; je vous invite donc à vous renfermer dans votre défense et à n'y rien joindre d'étranger.

C'est la Convention tout entière qui vous accuse, je ne crois pas qu'il entre dans votre plan d'en faire suspecter quelques-uns; car en admettant le bien fondé de ces soupçons envers quelques individus, l'accusation portée contre vous en nombre collectif n'en serait nullement affaiblie.

Réponse. — Je reviens à ma défense. 11 est de notoriété publique que j'ai été nommé à la Convention en très petite minorité par les bons citoyens, et que J'étais odieux aux mauvais.

Lorsque Mira:beau voulut s'en aller à Marseille, je» pressentis ëes desseins perfides, je les dévoilai et le forçai de demeurer au fauteuil, et c'est ainsi qu'il était parvenu à me saisir, à m'ouvrir la bouche ou à me la fermer! C'est une chose bien étrange que l'aveuglement de la Convention nationale, jusqu'à ce jour sur mon compte, c'est une chose vraiment miraculeuse que son illumination subite!

Le Président. — L'ironie à laquelle vous avez recours ne détruit pas le reproche à vous fait de vous être couvert en public du masque du patriotisme, pour tromper vos collègues et favoriser secrètement la royauté. Rien de plus ordinaire que la plaisanterie, les jeux de mots aux accusés qui se sentent pressés, et accablés de leurs propres faits, sans pouvoir les détruire.

Réponse. — Je me souviens effectivement d'avoir provoqué le rétablissement de la royauté, la résurrection de toute la puissance monarchique, d'avoir protégé la fuite du tyran.

eu m opposaut de toutes mes forces à son voyagé ae SaiaU Gloud, et iaisaQt hérisger de piques et de baîoHuettessaa passage, eu eachaânaai eu quelque sorte ses cour^rs leii» gueux ; si c'est là se déclarer le partisan de la royauté, s'eu montrer Tami, si à ces traits ou peut recoDualtre Tbomme favorisant la tyraume,. dans cette bypoihèse ^'a^voua être coupable de ces crimes. J'ai dit à ua patriote rigide, dans UQ repas, qu'il compromettait la bonne caxise en s?éQartai>l du cbenûife où marchaient Barnaiie et bameib, qui abandonnaient le parti populaire.

le soutiens le fait de toute fausseté, et je détie à qui q^e ce soit de me le piKmver. A Tég^urd de mes motions rektives au Champ-de-Mars , j'oSTre de prouver qjue la péUtioft à laquelle j'ai concouru^ ne contenait que de& intentions pufes, que, comme Tun des auteurs de cette pétition, je devais être assassiné comme les autres, et que des meurtriers, furent envoyés chez moi pour m'immoler à la rage des contre-révolutionnaires. Étais-je donc un objet de reconnaissance pour la tyrannie, lorsque les agents de mes cruels persécu» teurs, n'ayant pu m'assassiner dans ma demeure d'Arci^ sur-Aube, cherchaient à me porter le coup le pkis sensible pour un homme d'honneur, en obtenant contre moi un décret de prise de corps, et, essayant de le mettre à^eiiécution dans le corps éiectoraJ.

Le Président. — Ne vous êtes-vous pas émigré au 17 juil» let 89? N'êtes- VOU& pas passé en Angleterre?

Réponse. — Mes beaux- frèrea allaient en ce pays pour affaire de commerce, et je profitai de Toccasion; peut-on m'en faire un crime?

Le despotisme était encore dans toute sa prépondérance; et alors, il n'était encore permis que de soupirer en secret pour le règne de la liberté. Je m'exilai donc^ je me bannis, et je jurai de ne rentrer en France que quanti la liberté y serait admise.

Le PRÉsiDENr. ^ Marat, dont vous prétende:^ avx)ir été le

défenseur, le protecteur, ne se conduisait pas ainsi, lors- (pi'il s'agissait de poser les fondements de la liberté; lorsqu'elle était à son berceau et environnée 4u ï^us grand (langer, Il n'hésitait pas à le partager.

Réponse. — Et moi, je soutiens qoe Marat est passé deux fois en Angleterre, et que Ducos et Fonfrède lui doivent leur Sralut.

©ans le temps 'oti la palssaiice royale était encore la plus redoutable, je proposaila loi de ValériusPublitola, qui perincttait de tuer un homme sur la responsabilité de sa tête. J'ai dénoncé Louvet; j'ai défendu les sociétés populaires au péril âe ma vie, et même dans un moment où les patriotes étaient en trôs-ipetit nombre.

L'ex-roiniîrtre Lebrun étant au feuteuil, a été par moi démasqué; appelé contre lai, j'ai démouiré sa culpabilité avec Brissot.

'On m'iccuee ^de m -être retiré à Arcis-sur-Aube, au moment où la journée du 10 août était prévue, où le combat des hommes libres devait s'engager avec les esclaves.

À cette inculpation je répoadsavois déclaré ù cette époque que le peuple français serait victorieux ou que je «erais inort.; je demande à produire pour témoin de ce fait iecitoyen Payen; il me faut, ai-je ajouté, des lauriers ou la mort.

Où sont donc tous ces hommes qui ont eu besoin de cesser Danton pour Pengager 4 se montrer dans cette journée? Où «ont donc tous ces êtres privilégiés dont il a empruaté l'énergie?

Depuis-deux jours le trifatrtial cannait Danton, demain il espère s'endormir dans le sein de la gloire, jamais il n'a demarodé^ràce, et on te v«rravoler à l'échafaud avec la sérénité ordinaiTO au calme de la conscience.

Potion, sortant de la comnmne, vint aux Cordeliers, îl nous dit que le tocsin devait sonner à minuit, et que le lendemain devait être le tombeau de la tyrannie; il nous dit

que Tattaque des royalistes était concertée pour la nuit, mais qu'il avait arrangé les choses de manière que tout se ferait en plein jour et serait terminé à midi, et que la victoire était assurée pour les patriotes.

Quaot à moi, dit Danton, je n'ai quitté ma section qu'après avoir recommandé de m'avertir, s'il arriyait quelque chose de nouveau.

Je suis resté pendant douze heures de suite à ma section, et y suis retourné le lendemain, à 9 heures. Voilà le repos honteux auquel je me livrai, suivant le rapporteur. À la municipalité, on m'a entendu demander la mort de Mandat. Mais suivons Saint-Just dans ses accusations. Fabre, parlementant avec la cour, était l'ami de Danton. Et, sans doute, on en donnera pour preuve le courage avec lequel Fabre essuya le feu de file qui se faisait sur le Français.

Un courtisan disait que les patriotes étaient perdus. Que fait Danton? Tout pour pouver son attachement à la Révolution.

On se demande quelle est l'utilité de l'arrivée de Danton à la Législature?

Et je réponds qu'elle est importante au salut public, et que plusieurs de mes actions le prouvent. J'ai droit d'op; poser mes services lorsqu'ils sont contestés, lorsque je mé demande ce que j'ai fait pour la Révolution.

Pendant mon ministère, il s'agit d'envoyer un ambassadeur à Londres pour resserrer ralliance des deux peuples. Noël, journaliste contre-révolutionnaire, est proposépar Lebrun, et je ne m'y oppose pas. A ce reproche je réponds que je n'étais pas ministre des atlaires étrangères. On m'a présenté les expéditions : Je n'étais pas le despote du conseil. Roland protégeait Noël; l'ex-marquis Chauvelin disait que Noël était un trembleur, et qu'ils se balanceraient l'un l'autre avec Merger, jeune homme de dix-huit ans, qui était mon parent.

J'ai présenté .à la Convention nationale Fabre comme un homme adroit. J'ai annoncé Fabre comme Tauteur du Philinte et réunissant des talents. J'ai dit qu'un prince du sang, comme d'Orléans, placé au milieu des représentants du peuple, leur donnerait plus d'importance aux yeux de l'Europe.

Le fait est faux : il n*a d^importance que celle qu'on a voulu lui donner. Je vais rétablir ce fait dans son intégrité. | Robespierre disait: Demandez à Danton pourquoi il a faltj nommer d'Orléans : il seraiPpTaisant de le voir figurer dans] la Convention comme suppléant.

Un juré observe que d'Orléans était désigné comme de-] vant être nommé le vingt-quatrième suppléant, et qu'il le! fut effectivement dans cet ordre de rang.

Danton poursuit: On m'a, déposé cinquante millions, je' l'avoue; j'offre d'en rendre un fidèle compte : c'était pour donner de l'impulsion à la Révolution. ^

Le témoin Gambon déclare avoir connaissance qu'il a été' donné 400,000 liv. à Danton pour dépenses secrètes et autres, et qu'il a remis 130, 000 liv. en numéraire.

Réponse. — J'ai dépensé, à bureau ouvert, 200, 000 iiv^ Ces fonds ont été les leviers avec lesquels j'ai électrisé les départements. J'ai donné 6, 000 liv. à Billaud-Varen-; nés, et m'en suis rapporté à lui.

J'ai laissé Fabre à la disponibilité de toutes les sommes dont un secrétaire peut avoir besoin pour déployer toute son âme ; et en cela je n'ai rien fait que de licite.

On m'accuse d'avoir donné des ordres pour sauver Duport à la faveur d'une émeute concertée à Melun, par mes émissaires, pour fouiller une voiture d'armes.

le réponds que lé fait est de toute fausseté, et que j'ai; donné les ordres les plus précis pour arrêter Dupont, et j'invoque, a cet égard, Panis elDuplain.

Ce fuit pourrait regarder Marat plutôt que moi, puisqu'il a produit une pièce ayant pour objet de sauver Duport, qui|

ayoulum'assassiner ayec Lameth : le jugement criminel des relaxations existe; mais je n'ai pas voulu suivre cette affaire, parce que je n'avais pas la. preuve acqiiise de Tas^ sassinat prémédité contre moi.

Marat avait une acrimonie de caraot^e qui} quelquefois, le rendait sourd à mes observations, il ne voulut pasm'écouter sur Topinion.que je lui donnais da ces deux.iudividus : Duport et Lameth.

Oii nfaocuflft ^core d^ôtre d'intelligence avec Guadet» Brissot, Barbaroux et toute la faction proscrite. Je réponds que le fait est bien contradictoire avec l'animosité que md témoignaient ces individus; car Barbaroux demandait la tête de Danton, de Robespierre et de Marat».

Sur les faitsr relatifs à mes prétendues intelligences arec Dumouriezy je réponds ne l'avoir VU' qu'une seule foia^an sujet d'un particulier avec lequel il était brouilléi ^ de 17| 000, 000 dont je lui demandais compte.

Il est vrai que Dumounez essaya de me mnger de son parti, qu'il chercha à flatter momambition emme propesant le ministère,. mais je lui déclarais ne voubir occupier de pareilles places^ qu'au bruit du canon.

On me reproche encore d^avoir eu des • entretiens paittoiir liers avec Dumouriez, de lui avoir juré une^amitié étemdle, et ce, au moment de ses trahisons. Axes faits ma rénonse est facile. Dumouriez. avait la* vanité, de se faire passer pour général; lors- de sa^ victoire remportée à Sainte Mena^ liottld, je n'étais pas d'avis qn'il<repas8àt>la MarDe,.e.t c'est à ce sujet que je lui envoyais > Fabre en ambassade, avec re* commandation expresse de caresser* l'amourrpropre de cet orgueilleux. Je dis donc à.Fabre de persuader àDuuiouriez qu'il serait généralissime, et à Kellermann qu'il serait nommé maréchal de France.

On me parle aussi de Westennann,.mai&je n'.ai rien eu de commun avec lui; je sais qa'à la journée du 10 août, Wes-

termann sortit des; Tuileries, tout couvert du saog des royalistes^ et moi je disais qu^avec 17^ OOO.hojnmea, dis* posés comme j'en aurais doimé lé plan, on aurait pu* sauver la patrie.

(Numéro 22 du Bulletin- du tribunal révolutionnaire.)

Danton. — Les jurés doivent se: fiouvenir de cette séanoe des Jacobins, où Westermann fnt^ embrassé si chaudement par les patriotes.

Un juré. — Pourriez-vous dire la raiscm pofur laquelle Dumouriez ne poursuivit par les Pruasiems^ lors de leur retraite.

Réponse. — Je ne me mêlai» de la guer re* que sous ^ées rapports politiques; les opérationsmilitaires-m^'étaient tota* lèmentétrangè^es^.ÂKi surplus, j'avais chargé Biliaud^Va^ rennes de surveiller Dumouriez ; c^st lui qu'il faut inter* roger sur cette matière. Il doit un compte, particulier des observations dont il était chargé.

Le juré. — Comment se fait-il que Billaud-Varennes n'ait pas- pétïélté les^ projets de Dumourier, qu'il n'ait pas pressenti ses trahisons et-ne les ait pas dévoilées?

Réponse. — Lorsque Tévéhement a prononcé, il est bien facile de juger ; il n'en est pas de môme tant que le voile de l'avenir existe; mais-d'aiilèurs, Billaud-Yànennes a fait à la Gonventian son rapport sur DUmouriezet^ses agents.

Billàud m'aparu^for^'embarrassé-suple-eamptedô ce Du* mouriez; Il n'ânrait pas-une*opiûion bien déterminée surtje fourhô^adroit qui avait rassentiment dé tous les représentants : « Dumouries, me- disait Billàudl nous serl4l fidèlement; ou est-œ-utt traître? Je n'ose le déeidar. ^

Quant à moi, dit^Danton^ oelr homme- m'était su^ct à certains^ égards; aussi meswisp^je^fait un* devoir ée le dé* noncer.

Danton parlait depuis longtemps avec cette véhémence, cette énergie qu^il a tant de fois employée dans les assem« blées. En parcourant la série des accusations qui lui étaient personnelles, il avait peine à se défendre de certains, mouvements de fureur qui l'animaient ; sa voix altérée indiquait assez qu^il avait besoin de repos. Gejtte position pénible fut sentie de tous les juges, qui Tinvitôrent à suspendre ses moyens de justification, pour les reprendre avec plus de calme et de tranquillité.

Danton se rendit à Tinvitation et se tut. (Numéro 23 du Bulletin du tribunal révolutionnaire.)

Suit rinterrogatoire de quelques-uns des autres accusés; ceux-ci se récriant, Taccusateur public leur dit;

Il est temps de faire cesser cette lutte tout à la fois scandaleuse et pour le tribunal, et pour tous ceux qui vous eutendent ; je vais écrire à la Convention pour connaître son vœu, il sera bien exactement suivi.

(Numéro 24 du Bulletin du tribunal.)

Dans la séance de la Convention du 15 germinal, Saint- Just, au nom du comité de salut public et de sûreté générale, monte à la tribune et dit :

L'accusateur public du tribunal révolutionnaire a mandé que la révolte des coupables avait fait suspendre les débats de la justice jusqu'à ce que la Convention ait pris des mesures. Vous avez échappé au danger le plus grand qui jamais ait menacé la liberté ; maintenant tous les complices sont découverts, et la révolte des criminels aux pieds de la justice même, intimidés par la loi, explique le secret de leur conscience ; leur désespoir, leur fureur annonce que la bonhomie qu'ils faisaient paraître, est le piège le plus hypor crite qui ait été tendu à la Révolution.

Qael innocent s'est jamais révolté devant la loi ? Il ne faut pas d'autres preuves de leurs attentats que leur audace. Quoi! ceux que nous avons accusés d'être les complices de Dumouriez et d'Orléans, ceux qui n'ont fait une révolution qu'en faveur d'une dynastie nouvelle ; ceux-là qui ont conspiré pour le malheur et l'esclavage du peuple, mettent le comble à leur infamie !

S'il est ici des hommes véritablement amis de la liberté, si l'énergie qui convient à des hommes qui ont entrepris d'affranchir leur pays, est dans leur cœur, vous verrez qu'il n'y a plus de conspirateurs cachés à punir, mais des conspirateurs à front découvert, qui comptant sur l'aristocratie avec laquelle ils ont marché depuis plusieurs années, appellent sur le peuple la vengeance du crime.

Non, la liberté ne reculera pas devant ses ennemis : leur coalition est découverte. Billon, qui ordonne à son armée de marcher sur Paris, a déclaré que la femme de Desmoulins avait touché de l'argent pour exciter un mouvement, pour assassiner les patriotes et le tribunal révolutionnaire. Nous vous remercions de nous avoir placés au poste de l'honneur; comme vous, nous couvrirons la patrie de nos corps.

Mourir n'est rien pourvu q\ie la Révolution triomphe ; voilà le jour de gloire, voilà le jour où le Sénat romain lutta contre Gatilina, voilà le jour de consolider pour jamais la liberté publique. Vos comités vous répondent d'une surveillance héroïque. Qui peut vous refuser sa vénération dans ce moment terrible, où vous combattez pour la dernière fois contre la faction qui fut indulgente pour vos ennemis, et qui aujourd'hui retrouve sa fureur pour combattre la liberté?

Vos comités estiment peu la vie, ils font cas de l'honneur. Peuple, tu triompheras, mais puisse cette expérience te faire aimer la Révolution par les périls auxquels elle expose tes amis.

Il était sans exemple que la justice eût -été mstil fée ; et:, elle le fut, ce n'a|aïnaisété quepar des émigrés iiisensés, pre- 1 phétisant la tyrannie. Ehbi^n, les nouTeaux conspira^^iï^ ont récusé la conscience publique. Que faut-ii de plus pocr achever de nous convaincre de leurs attentats? Les raàheureux, ils avouent leurs cirmes en résistant aux lois. H n'y a que les criminels que l'équité terrible épouvante. Combien étaient-ils dangereux tous ceux qui sous des formes simples cachaient' leurs complots et leur audace. Ea ce moment ont conspire dans' les prisons en leur faveur; en cemoment raristocratie se remue: la lettre qu'on va vous lire vous démontrera vos dangtjrs.

Est-ce par privilège que les accusés se montrent insolents? Qu'on rappelle donc le tyran, Gustine et Brissol du toçabeau, car ils n'ont point joui du privilège épouvantable d'insulter leurs juges. Dans le péril de la patrie, dans le degré de majesté où vous a placés le peuple, marquez la distance qui vous sépare des coupables. C'est dans ces vues que te comité vous propose le décret suivant :

tt La Convention nationale, après avoir entendu le rapport de ses comités de salut public et de sûreté . généiate, décrète que le tribunal révolutionnaire cootînuera l'instiHetioarelativeà la conjuration (de Lacroix, Danton, et autres, que le président emploiera tous les moyens que la loiifli donne pour faire respecterson autorité et eeHe du tribunal révolutionnaire, et pour réprimer toute tentative de la part des accusés pour troubler la tiaaquiillié publique, et-e&traver la inarelie.de«k justice :

a Décrète que tout prévenu de conspiration /qui rêsisteia ou insultera la justice nationale, sera mis hors des débets sor-te-^hamp.

Billaud-Varennss. — Avant de rendre te décret, je de-

, ** . mande que la CionTentioni entende la lecture de la lettre nue "" nies comités ont reçue de radminisliation de la police; oa *^^^ ^"Verra quel péril menace la liberté, et quelle intimité règne 1" , feutre les conspirateurs traduits au tribunal et ceux des pri- ^°°^ -'bous: eetle' lecture' contient le récitde leurs attentats.

nibk é^

Lx ps ï^^ secrétaire fait .lecture de cette lettre, elle est ainsi leur m conçue :

leur ô!?

ç^„j^. Commune de 'Paris, cejourffhui !5 germinal.

Nous, administpateups du département dO'police, sur une tmlt^ lettreù nous écrite, par le cooeierge de la maison d'arrêt du )i du tu Luxembourg, nous nom sommes à rinslant transportés en ible éi ladite maison d'arrêt,- et avons fait comparaître devant nous 3 ie t le citoyen Laflotte, ei-devant ministre de la République à î dùiz Floreiïce, détenu en ladite maison depuis environ six jours, niûî' lequel nous a déclaré qu'hier, entre 6 et 7 heures du soir, étant dans la chambre du citoyen Arthur Dillou, qae lui déclarant a dit ne eonnaitre que < depuis aa détention, ledit Dillon, après l'avoir tiré à part, lui avait demancfé ^dfil avait eu connaissance de ce qui avait eu li«u oejourd'hui au tribunal révolutionnaire; que«ur'Une réponse négative de la part dudit Laflotte, ledit Dillon lui avait dit que les accusés 0aaton, Lacroix, Hérault, avaient déclaré ine vouloir parler qu'en présence des'Oiembres.de la. Convention, Robespierre, Barrère, ' Saint-iJust et autres, que le peuple avait , applaudi \> que le jury embarrassé avait ^it une lettre à la Convention, qui ^ était passée à ( L'ordre du jour ; qu'à la ko* ; ture dudit décret, le peuple avait donsé de fortes marques ^ dïmprobatioq, qui s'étaient ré{midues jusque «ur le* pont (bruit que. ledit Dillon;avait eu soin dei répandre diaos la prison) ; que «a^ crainte était que les comités de aalut public et de sûreté gésécale ne fissent égorger les .prise iHiicrs dctenusà la. CoRciergerie, et que le même sort ne iût /ré-

tu:

serve aux détenus des autres maisons d'arrêt; qu'il fallait résister à l'oppression ; que les hommes de tête et de cœui devaient se réunir; que ledit Dillon dit encore qu'il voulait la République libre.

Dilion ajouta qu'il avait un projet concerté avec Simon, député de la Convention, et qui était détenu dans ladite maison d'arrêt, homme de tête froide et de cœur chaud, qu'il voulait le communiquer à lui déclarant; que lui déclarant, sentant l'importance dont il pourrait être de découvrir le projet pour la chose publique, prit le parti de dissimuler et d'entrer dans ses vues; que ledit Dillon lui dit qu'il viendrait le trouver chez lui, qu'il amènerait Simon, qu'il ferait en sorte aussi d'amener Thouret, député détenu; il donna alors à un porte-clefs, que lui déclarant croit se nommer Lambert, une lettre; sur l'observation du porte-clefs, le dit Dillon coupa la signature, qu'il lui dit alors que ladite lettre était pour la femme de Desmoulins; qu'elle mettait à sa disposition mille êcus, à l'effet de pouvoir envoyer du monde autour du tribunal révolutionnaire; après quoi, il sortit de la chambre; que lui déclarant se rendit dans la sienne et que, réfléchissant sur l'importance dont pouvait être la découverte de leur projet, il se décida à avoir l'air de partager leurs idées pour mieux connaître leur plan.

Vers huit heures et demie arrivèrent, en effet, Dillon et Simon, après lui avoir tous les deux confirmé les nouvelles que Dillon lui avait précédemment dites, ils cherchèrent à émouvoir en lui toutes les passions qui pouvaient le porter à adopter leurs projets, tantôt en éveillant les mécontentements qu'ils lui supposaient de sa détention; tantôt en lui faisant voir la gloire à laquelle il pouvait participer, en travaillant à rétablir la liberté qu'ils disaient perdue, tantôt enfin en cherchant à exciter son ambition par l'espérance des places auxquelles il devait être porté. Enfin quand ils crurent s'être assurés de sa personne, quand ils

B^aginèreot l'avoir associé à leurs infilmes complots, ils lui détaillèrent;; et discutèrent devant lui les différents projets.

Ne cherchant qu'à gagner du temps et à connaître ses complices, lui déclarant accéda à tout; quand il se fut persuadé qu'ils étaient les seuls dépositaires de leur secret ; quand ils lui eurent donné parole de ne point le révéler avant d'avoir appris les nouvelles du lendemain, il les congédia contents de s'être acquis une créature. Il était 9 heures du soir, les guichets étaient fermés ; et il ne pouvait faire sa déposition sans donner Talarme à la prison ; il eut la présence d'esprit, pour ne point donner suspicion à Dillon, de rentrer encore dans sa chambre et de rester jusqu'à onze heures à une partie de whist. 11 veilla toute la nuit et à la pointe du jour il descendit au guichet, dont il se fit ouvrir la porte, et accourut dire au citoyen Goubert, qui a la confiance du concierge, ce qui s'était passé la veille, afin qu'il en fit son rapport au concierge pour s'assurer des conspirateurs.

Quant au projet discuté par Simon et Dillon dans sa chambre, il se réserve, sous le bon plaisir des comités de salut public et de sûreté générale, d'aller lui*méme en faire le rapport, croyant que la prudence l'exige ainsi.

Lecture faite au citoyen Laflotte, il a dit que la présente déclaration contient vérité et a signé avec nous; ajoutant encore le déclaranr que, sur l'escalier du sieur Benoit, concierge, ayant rencontré le citoyen Laminière, aussi détenu, celui-ci lui avait dit que le citoyen Arthur Dillon était des* cendu dans les autres chambres, vers les 8 heures; qu'il lui avait aussi fait part de ces nouvelles et de ses craintes, que ledit Laminière avait traitées de chimères, et que ledit déclarant lui avait dit qu'il allait voir à en conférer avec lesdits citoyens Simon, Thouret, et lui déclarant a signé.

Alexandre Laflotte.

Sur qaoi noas, adminietratears ée poliee, distms^xja'il sera à l'instant référé aux comités âe^iûrèté gteérale^t de salut public, pour par eux être ordonné ce qu'il aippartiendra.

'WiTCOSKiLB, administrateur de. police.

Le décret, présenté, par Saint- Jnst est adopté àTanaui- Bkité.

ROBESHBUS.-*— Je463isiide qae cette lettre et le rapport d6:fiaint-J«st.*8(}iftnt envoyés au tribunal réyolatâonoaire, et qu'il lui soiL-^nioint de lesilira à l^audienee.

Ces propositionssoQt adoptées.

i^oniteur du^^Yiil d4,)

Pendant que le rapport de Saint-Just et la dénonciâtionMe Làflotte se lisaient à la Convention, riilterrogatoire se poursuivait au tribunal révolutionnaire.

^L'A€Cïï9XTK6iR»»mciG, -^Oallton,^TM•^l6Meal6édn«Mir Mâmé Henriot dsm la: joaruée ida 3 1 mai ; lée^ liamnaooiâé de Youtoir v^onsassassiftep et d'avairiéenundé. laiiéteide «e l^triote ^i servait si bien la itt)eî(é;.et.eiEcela* tous Mes d'accord avec Hérault et Lacroix ;• vous lnifaîsies.antîniBe du mouvement cpiMl iavait lait pour écbapper àinnade d'oppresfiioa de votre pitt;LcmDifie vous présa^^ iapette de Paris.

Danton. — 'G'estTmemoBStrueuse càlomâie dirigéeceatro moi; je ne fus point Femiemi de 4a révélation ula 31 mai, ni de pensées, ni d'actions, et je combattis fortement les opinions disnard; je m'éleTài fortement contre les prôsa-

gesvjedis : y a^UU'ciiiquautetncmbre&tsofBme nous, eela suffirait paur extermiaer le» coaspirateurs.

(No 24 dr Bulktmdu tribmal)

L'accusateur public. — Fayant pu consonraier yotre projet, Yous dissimulâtes votre fureur, vous regardâtes Heinriot, et liii dites d'un ton hypocrite : N'aie pas peur, Ta toujours ton train.

Danton. — Bienlongtemps avant ftasurrcctian, feUeavàit été prévue par moi, et ne nous sommes présentés devant la force armée que pour constater que la^Uonvention ûMtait pas esclave. Je somme de nouveau les témoins qui pourraient m'accuser, comme j'invoque fatfdititMi'de'CCttx propres à m'absoudre... Je n'ai point demandé TarrestaticHii d'flenHot, et je fus un de ses plus fermes appuis.

A l'ouverture de la troisième 8êance,'Danton et ^Lacroix ont renouvelé; leurs indécences, et ont demandé,, en termes peu te9peetucuJX,illandition de leurs témoins: on voyait que leurrjbut était de. soulever l'aiîditôire, et d'exciter quelque xnouvejaent^prppre à. les sauver.

14'acciisateur public, pour arrêter les suites de ces sorties scandaleuses, a invité le greffier à faire lecture du décret tout récemment rendu par TÂssemblée nationale, t^i metttithors'des débats tout accusé tfai ne- saurait pas; respecter le tribunal; iha déclaré bien formdlement aux accudés Lacroix et Danton, qu'il avait uae 'fouie *de lécnoins à t>rdduire'C(mtpe wix, tt -qui 4e«tf teadaient aies confoodre ; mais qu'en se conformant aux ordres de la GonventiOD, il *s^aè8tiendfait'âef iàire eateQiâr& tous ces tômeins, et qu'eux accusés ne^idevftieat point oompier de faire entendre les

leurs; qu'ils ne seraient jugés que sur des preuves écrites, et n'avaient à se défendre que contre ce genre de preuves.

Il a également rendu compte des tentatives faites par Dil-; Ion, dans les prisous^ pour soulever les détenus contre toutes les autorités constituées, et de sommes répandues dans le public pour sauver les accusés. Les débats ont ensuite été repris.

Après plusieurs interrogatoires adressés aux frères Frey,: Dauton et Lacroix demandaient à continuer leur défense, lorsque Taccusateur public, conformément au décret quii I veut que le jury soit interrogé, s'il est suffisamment éclairé,quand uxie affaire a duré plus de trois jours, a invité les jurés à faire leur déclaration à cet égard.

lis ont demandé à se retirer dans leurs chambres pour délibérer.

Alors les accusés et principalement Lacroix et Danton ont crié à l'injustice et à la tyrannie : nous allons être jugés sans être entendus, ont-ils dit. Point de délibération, ont-ils ajouté, nous avons assez vécu pour nous endormir dans le sein de la gloire; que Ton nous conduise à Péchafaud.

Ces sorties indécentes ont déterminé le tribunal à faire, retirer les accusés; le jury de retour s'est déclaré suffisamment instruit, les questions ont été posées, et, d'après la question unanime du jury, il est intervenu le Jugement' suivant :

» D'après la déclaration du jury portant :

» Qu'il a existé une conspiration tendante à rétablir la monarchie, à détruire la représentation nationale et le gouvernement républicain;

» Que Danton est convaincu d'avoir trempé dans cette, conspiration.

» Le tribunal, faisant droit sur le réquistoire de Taccusateur public, condamne le dit Danton à la peine de mort,

coDformément à la loi du 23 ventôse dernier; déclare les biens dudit condamné acquis à la République conformément à l'article 2 du titre 2 de la loi du 10 mars 1793.

» Ordonne qu'à la diligence de l'accusateur public, le présent jugement sera mis à exécution dans les 24 heures, sur la place de la Révolution, à Paris, imprimé et affiché dans toute la République. » (Ituméro 26 du Bulletin du tribunal révolutionnaire.)

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