‹ Œuvres de DescartesChapitre 44 sur 90 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

démonstration soit plus évidente, que d'y employer les lignes courbes qui se décrivent par l'instrument XYZ (/îg*. 6) ci-dessus expliqué. Car, voulant trouver de^ix moyennes proportionnelles entre Y A et YÈ, il ne faut que décrire un cercle dont le diamètre soit YE , et çourceque ce cercle coupe la courbe AD au point D, YD est Pune <les moyennes proportionnelles cherchées , dont la démonstration sa voit à l'œil par la seule application de cet instrument sur la ligne YD; car, comme YA ou YB , qui lui est égale, est à YG , ainsi YC est àYD,etYDàYE.

Tout de même pour trouver quatre moyennes proportionnelles entre YA et YG, ou pour en trouver six entr^ YA et Y'N^il ne faut que tracer le cercle YFG qui , coupant AF au point F, détermine la ligne droite YF qui est l'une de ces quatre proportionnelles; ou YHN qui, coupant AH au point H, détermine YH l'une des six; et ainsi des autres. ,

Mais pourceque la ligne courbe AD est du second genre, et qu'on peut trouver deux moyennes proportionnelles par les sections coniques qui sont du premier; et aussi poiircequ'on peut trouver quatre ou six moyennes proportionnelles par des lignes qui ne sont pas de genres si composés que sont AF et AH, ce ^eroil une faute en géométrie que de les y employer. Et c'est une faute* aussi,

d'autre côté, de se travailler inutilement à vouloir construire quelque problème par un genre de lignes plus simple que sa nature ne permet. De la natare Qr, afin quc je puissc jci douncr quelques règles

desëquations. , . u i» i i ' r -i

pour éviter 1 une et I autre de ces deux fautes , il ÙM que je dîe qudque chose en général de la nature des équations , c'est-à-dire des sommes composées de plusieurs termes partie connus et partie inconnus > dont les uns sont égaux aux autres, ou plutôt qui, considérés tous ensemble, sont égaux à rien : car ce sera souvent le meilleur de les considérer en cette sorte.

Combien a Sachez donc qu'en chaque équaîtion , autant que peut y avoir ^^ quantité inconnue a de dimensions , autant peut-

•dc racines en ^ ^ • ,

chaque éqna- il y avoir de diverscjs racines, c'^st-à-dire de valeurs de cette quantité; car, par exemple, si on suppose X égale à â , ou bien x — 2 égal à rien; et derechef aî=3, ou bien x — 3=(?/ en multipliant ces deux équations

X — 1^=(? y et X — 5=0 , l'une par l'autre , on aura

ou bien

qui est une équation en laquelle la quantitéo^vaut s et toujt ensemble vaut 5. Que si derechef on fait

X — 4=^> et qu'on multiplie cette somme par

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on aura

c|ui est une autre équation en laquelle x, ayant trois dimensions, a aussi trois valeurs, qui sont

a , 3 et 4-

Mais souvent il arrive que quelques unes de ces Quelles sont

. j lesfiBuisses

racines sont fausses ou moindres que rien ; comme racines. si on suppose que x désigne aussi le défaut d'une quantité qui soit 5, on a

x-|-5=(?, qui , étant multipliée par

^ — gx'-j-aôa: — 24 =<? > fait

x^ — 4^ — ^ Q^'^ 1 <>6a; — 1 2 0=0 pour une équation en laquelle il y a quatre racines , à savoir trois vraies qui sont 2 , 5 , 4 ? et une fausse qui est 5.

Et on voit évidemment de ceci que la somme Comment on

1, , . . . , . . peutdiminuer

dune équation qui contient plusieurs racines peut le nombre des toujours être divisée par un binôme composé de awrélçM-

la quantité inconnue moins la valeur de Tune des tion lorsqu'on ' counoit quel-

vraies racines , laquelle que ce sôit , ou plus la va- qu'une de ses

leur de Tune des fausses; au moyen de quoi on diminue d'autant ses dimensions.

Et réciproquement qu« si la somme d'une équa- Comment on

^ , , pcat exami-

tion ne peut être divisée par un binôme composé nersiquoiquc de la quantité inconnue -+- ou — quelque autre ^reestu^

Sgo L'A. g]éom:iétrie.

râleur d'anc quantité, ccla témoigne que cette autre quantité n'est la valeur d'aucune de ses racines. Ccrmme cette dernière

a^ — 4^* — 1 ga:**!* 1 06a; — 1 fi o =(?

peut bien être divisée par x — 2 , et par x — 3 , et

par X — 4 ? 6t par a:+5 , mais non point par ;c+ ou —

aucune autre quantité; ce qui montre qu'elle ne

peut avoir que les quatre racines 2 , 3, 4 ®* 5-

Combien il On conHoît aussi de ceci combien il peut y avoir

I^Ii^Twi' ^^ vraies racines et combien de fausses en chaque

nci en chaque équatiou : à savoir il y en peut avoir autant de

équation. *■ ^ */ i

vraies que les signes + et — s'y trouvent de fois être changés, et autant de fausses qu'il s'y trouve de fois deux signes + ou deux signes — qui s'entre-suivent. Comme en la dernière, à cause qu'après -f-x^ il y a — 4^, qui est un changement du signe + en — , et après — 19a;* il y a +1060?, et après -f-io6aî il y a — 1 fio , qui sont encore deux autres changements, on connoît qu'il y a trois vraies racines; et une fausse*, à cause que les deux signes — de ^ et igx* s'entre-suivent.

Comment on D^ plus, il cst aisé de faire en une même équafa^e^a*ci^es ^^^^ V^^ toutcs Ics raciucs qui étoient fausses ded*une équa- viennent vraies , et par même moyen que toutes

tiondeyien- . / . . , . r ^

nent vraies, celles qui étoicut vraics deviennent fausses, a sa-

**feussc"^ voir en changeant tous les signes -f- ou — qui sont

en la seconde, en la quatrième, en la sixième , ou

autres places qui se désignent par les nombres

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