‹ Œuvres de DescartesChapitre 8 sur 90 · DES VENTS · texte numérisé non relu

DES VENTS

Toute agitation d'air qui est sensible se ijpmme vent, et tout corps invisible et impalpable senomme air. Ainsi lorsque l'eau est fort raréfiée et changée en vapyeur fort subtile , on dit qu'elle est convertie en air, nonobstant que ce grand air que nous respirons ne soit pour la plupart composé que de parties qui ont des figures fort difiîéreïites de celles, de l'eau , et qui sont beaucoup plus déliées. Et ainsi l'air étant chassé hors d'un soufflet ou poussé par un éventail, se nomme vent, nonobstant que ces vents plus étendus qui régnent sur la susface de la mer et de la terre ne soient ordinairement autre chose que le mouvement desi vapeurs qui, en se dilatant, passent du lieu où elles sont en quelque autre où elles trouvent plus de commodité de s'étendre , en même façon qu'on voit en ces hoiries nommées des éolipyles qu'un peu d'eau s'éxhalant en vapeur fait un vent assez grand et assez fort à raison du peu de matière dont il se compose;

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et pourceque ce vent artificiel nous peut beaucoup aider à entendre quels^sont les naturels, il sera bon ici que je l'explique. ABCDE' est une boule de cuivre, ou autre telle matière, toute creuse et tonte fermée, excepté qu'elle a une fort petite ouverture en l'endroit marqué D; et la partie de cette boule ABC étant pleine d'eau , et l'autre AEC étant vide, c'est-à-dire ne contenant que de l'air, on la ]»fit sUr le feu; puis la cnaleur agitant les petites parties de l'eau, fait que plusieurs s'élèvent au- (iessus<le la superficie AC, où elles s'étendent et s'entre-poussent en tournoyant , et font effort pour s'écarter les unes des autres , en la façon tîi-dessus expliquée; et pourcequ'elles ne peuvent ainsi s'écarter qu'àmesure qu'il en sort quelques unes par le trou D, tputes les forces dont elles s'entre-poussent conspirent ensemble à chasser par là toutes celles qui en sont les plus proches, et ainsi elles causent un vent qui souffle de là vers F. Et pourcequ'il y a toujours de nouvelles parties de cette eau qui, étant élevées par la chaleur au-dessus dé cette superficie AC , s'étendent et s'écartent l'une de l'autre à mesure qu'il en sort par le trou D, ce vent qe cesse point que toute Feau de cette boule ne soit exhalée , ou bien que la chaleur qui la fait exhaler n'ait cessé. Or les vents ordinaires qui régnent en l'air se font à peu près en même façon que

' Fignre 8.

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oelùi-ci , et il n'y a principalement que deax choses en quoi ils dififèrent: la première est que les vapeurs dont ils se composent ne s'élèvent pas seu* lement de la superficie de l'eau comme en cette boule, mais aussi des terres huiïiideS) des neiges et des nues, d'où ordinairement elles sortent en plus grande abondance que de l'eau pure, à cause que leurs parties y sont déjà presque toutes déjointes et désunies, et ainsi d'autant plus aisées à séparer. La seconde est que ces vapeurs ne pouvant être renfermas en l'air, ainsi qu'en une éolipyle, sont seulement empêchées de s'y étendre également de tous cotés parla ré^stance de quelques autres vapeurs , ou de quelques nues, ou de quelques montagnes , ou enfin de quelque vent qui tend vers Tendroét où elles sont; mais qu'en revanche il y a souvent ailleurs d'autres vapeurs qui, s'épaississant et se resserrant au même temps que celles-ci se dilatent , les déterminent à prendre leur cours vers l'espace qu'elles leur laissent. Comme , par exemple , si vous imaginez qu'il y a maintenant force vapeurs en l'endroit de l'air marqué F', qui se dilatent et tendent à occuper un espace incomparablement plus grand que celui qui les contient , et qu'au même temps il y en a (l'autres vers G qui, se resserrant et se changeant en eau ou en neige , laissent la plus grande part de l'espace où elles étoient,

» Figure 9.

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VOUS ne douterez pas que celles qui sont vers F ne prennent leur cours vers G, et ainsi qu'elles ne composent un vent qui souffle vers là; principalement si vous pensez avec cela qu'elles soient empêchées de s'étendre vers A et vers B par de hautes montagnes qui y sont, et vers E pourceque Tair y est pressé et condensé par un autre vent qui souffle de C jusques à D , et enfin qu'il y a dés nues au^essus d'elles qui les empêchent de s'étendre plus haut vers le ciel Et remarquez que lorsque les vapeurs passent en cette façon d'un lieu en un autre, elles emmènent ou chassent devant soi tout l'air qui se trouve en leur chemin , et toutes les exhalaisons qui sont parmi ; en sorte que, bien qu'elles causent quasi toutes seules les vents, ce ne sont pas toutefois elles seules qui les composent; et même aussi que la dilatation et condensation de ces exhalaisons et de cet air peuvent aider à la production de ces vents , mais que c'est si peu, à comparaison de la dilatation et condensation des vapeurs , qu'elles ne doivent quasi point être mises en compte; car l'air étant dilaté n'occupe qu'environ deux ou trois fois plus d'espace qu'étant médiocrement condensé , au lieu que les vapeurs en occupent plus de deux ou trois mille fois davantage; et les exhalaisons ne se dilatent, «'està-dire ne se tirent des corps terrestres que par l'aide d'une grande chaleur; puis ne peuvent quasi

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jamais, par aucune froideur, être derechef autant condensées qu'elles Font çté auparavant; 'au lieu qu'il ne faut que fort peu de chaleur pour faire que l'eau se dilate en vapeur, et derechef que fort peu de froideur pour faire que les vapeurs se changent en eau.

Mais voyons maintenant en particulier les propriétés et la génération des principaux vents. Premièrement , on observe que tout l'air a son cours autour de la terre de l'orient vers l'occident, ce qu'il nous faut ici supposer, à cause que la raison n'en peut commodément être déduite qu'en expliquant toute la fabrique de l'univers, ce que je n'ai pas ici dessein de faire. Mais ensuite on observe que les vents orientaux sont ordinairement beaucoup plus secs et rendent l'âir beaucoup plus net et plus serein que les occidentaux ; dont la raison est que ceux-ci, s'opposant au cours ordinaire des vapeurs , les arrêtent et font qu'elles s'épaississent en nues , au lieu que les autres les chassent et les dissipent, ^e plus, on observe que c'est principalement le matin que soufflent les vents d'orient , et le soir que soufQent ceux d'occident , de quoi la raison vous sera manifeste si vous regardez la terre ABCD et le soleil S*, qui , en éclairant la moitié ABC et faisant le midi vers B et la minuit vers D, se couche en même temps au respect des peuples

* Figure lo.

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qui habitent vers A , et se lève au respect de ceux qui sont vers C. Carpourceque les vapeurs qui sont vers B sont fort dilatées par la chaleur du jour, elles prennent leur cours, partie par A et partie par C, vers D, où elles^ vont occuper Ja place que laissent celles que la fraîcheur de la nuit y condense , en sorte qu'elles font un vent d'occident vers A où le soleil se couche, et un d'orient vers C où il se lève ; et même il est à remarquef que ce vent qui se fait ainsi vers C est ordinairement plus fort et va plus. vite que celui qui se fait vers A, tant à cause qu'il suit le cours de toute la masse de l'air , comme aussi à cause que la partie de la terre qui est entre C et D ayant été plus long-temps sans être éclairée par le soleil que celle qui est entre D et A , la condensation des vapeurs a dû s'y faire plus tôt et plus grande. On observe aussi que c'est principalement pendant le jour que soufflent les vents du nord , et qu'ils viennent de haut en bas, et qu'ils sont fort violents et fort froids et fort secs : dont vous pouvez voir la raison en considérant que la terre EBFD' est couverte de plusieurs nues et brouillards vers les pôles E et F , où elle n'est guère échauffée par le soleil , et que vers B , où il donne à plomb, il excite quantité de vapeurs qui, étant fort agitées par l'action de sa lumière, montent en haut très prompteraent jusques à ce qu'elles

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soient tant élevées que la résistance deleurpesanteur fasse qu'il leur soit plus aisé de se détourner et de prendre leur cours de part et d'autre vers I et M * au-dessus des nues G et K, que de continuer plus haut en ligne droite ; et ces nues G et K étant aussi en même temps échauffées et raréfiées par lé soldl, se convertissent en vapeurs qui prennent leur cotirs de G vers H , et de K vers L , plutôt que vers E , et vers F; car l'air épais qtii est yers les pôles leur résiste bien davantage que ne font les vapeurs qui sortent de la terre vers le midi , et qui , étant fort agitées et prêtes à se mouvoir de tous côtés, leur peuvent facilement céder leur place. Ainsi , prenant F pour le pôle arctique , le cours de ces vapeurs de K vers L fait un vent du nord qui souffle pendant le jout en Europe ; et ce vent souffle de haut en bas, à cause qu'il vient des nues vers la terre ; et il est ordinairement fort violent, à cause qu'il est excité par la chaleur la plus forte de toutes , à savoir celle du midi, et de la matière la plus aisée à dissoudre en vapeur,, à savoir des nues. Enfin ce vent «est fort fi:oid et fort sec , tant à cause de sa force , suivant ce qui a été dit ci-dessus que le* vents impétueux sont toujours secs et froids , comme aussi il est sec à cause qu'il n'est ordinairement composé que des plus grossières parties de l'eau douce mêlées avec Tair, au lieu que l'humidité dépend principalement des plus sub-

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tiles: et celles-ci ne se trouvent guère dans les nues dont il s'engendre; car, comme vous verrez tantôt, elles participent bien plus de la nature de la glace que de celle de l'eau; et il est froid, à cause qu'il amène avec soi vers le midi la matière très subtile qui étoit vers le nord, de laquelle dépend principalement la froideur. On observe tout au contraire que les vents du midi soufflent plus ordinairement pendant la nuit , et viennent du bas en haut, et sont lents et humides : dont la raison se peut voir aussi en regardant derechef la terre EBFD, et considérant que sa partie D qui est sous Téquateur, et où je suppose qu'il est maintenant nuit, retient encore assez de la chaleur que lesoleillui a communiquée pendant le jour pour faire sortir de soi plusieurs vapeurs, mais que l'air qui est au-dessus vers P. n'en retient pas tant à proportion ; car généralement les corps grossiers et pesants retiennent toujours plus longtemps leur chaleur que ceux qui sont légers et subtils , et ceux qui sont durs la retiennent aussi plus long-temps que ceux qui sont liquides; ce qui est cause que les vapeurs qui se trouvent vers P, au lieu de poursuivre leur cours vers Q et vers R , s'arrêtent et s'épaississent en forme de nues , qui empêchant que celles qui sortent de la terre D ne i§ontent plus haut, les contraignent de prendre leur cours de part et d'autre vers N et vers O, et ainsi d'y foire un vent de midi qui souffle princii?

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paiement pendant la nuit , et qui vient de bas en haut, à savoir 4e la. terre vers l'air, et qui ne peut être que fort lent, tant à cause que son cours est retardé par l'épaisseur de l'air de la nuit, comme aussi à cause que sa matière , ne sortant que de la terre ou de l'eau , ne se peut dilater si proraptement ni en si grande quantité que celle des autres vents, qui sort ordinairement des nues. Et enfin il est chaud et humide, tant à cause de la tardiveté de son cours, comme aussi il est humide à cause qu'il est composé des plus subtiles parties de l'eau douce aussi bien que des plus grossières, car elles sortent ensemble de la terre; et il est chaud à cause qu'il amène ayec soi vers le nord la matière subtile qui étoit vers le midi. On observe aussi qu'au mois de mars , et généralement^en tout le printemps , les vents sont plus secs et les changements d'air plus subits et plus fréquents qu'en aucune autre saison de l'année, dont la raison se voit encore en regardant la terre EBFD, et pensant que le soleil, que je suppose être vis-à-vis du cercle BAD qui représente l'équateur, et avoir été trois mois auparavant visà-vis du cercle HN qui représente le tropique du capricorne, a beaucoup moins échauffé la moitié de la terre BFD où il fait maintenant le printemps, que l'autre moitié BED où il fait l'automne, et pqf conséquent que cette moitié BFD est beaucoup plus couverte de neiges, et que tout l'air qui l'envi-

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ronne est beaucoup plus épais et plus rempli de nues que celui qui environne l'autre moitié BED : ce qui est cause que pendant le jour il s'y diJate beaucoup plus de vapeurs , et qu'au contraire pendant la nuit il s'y en condense beaucoup davantage; car la masse de la terre y étant moins échauffée, et le^ force du «soldl n'y étant pas moindre, il doit y avoir plus d'inégalité enti^ç la chaleur du jour et la froideur de la nuit; et ainsi ces vents d'orient, que j'ai dit souffler principalement le matin, et ceux du nord, qui soufflent sur le milieu du jour, qui les uns et les autres sont fort secs, doivent y être beaucoup plus forts et plus abondants qu'en aucune autre saison. Et pourceque Içs vents d'occident qui soufflent Ip soir y doivent aussi être assez forts, par même raison que ceyx d'orienf qui soufflent le matin , pour peu que le cours régulier de ces vents soit avancé ou retardé, ou détourné par les causes particulières qui peuvent plus ou moins dilater ou épaissir l'air en chaque contrée , ils se rencontrent les uns les autres et engendrent des pluies ou des tempêtes qui cessent ordinairement aussitôt après , à cause que les vents d'orient et du nord qui chassent les nues demeurent les maîtres. Et je crois que ce sont ces v^ents d'orient et de nord que les Grecs appeloient les ornithies, à cause qu'ils ramenoient les oiseaux qui viennent au printemps; mais pour* ce qui est des étésies, qu'ils observoient après

le solstice d'été, il est vraisemblable qu'ils procèdent des vapeurs que le soleil élève des terres et des eaux: du septentrion, après avcMr déjàassez séjourné longtemps vers le tropique du cancre ; car vous savez qu'il s'arrête bien plus à proportion vers les tropiques qu'il ne fait en l'espace qui est entre deux; et il faut penser que pendant les mois de mars, d'avril et de mai , il dissout en vapeurs et en vents la plupart des nues et des neiges qui sont vers notre pôle, mais qu'il ne peut y échauffer les terres et les eaux assez fort pour en élever d'autres vapeurs qui causent des vents que quelques semaines «près, lorsque ce grand jour de six mois qu'il y fait est un peu au-delà de son midi.

Au reste, ces vents généraux et réguliers seroient toujours fels que je viens de les expliquer, si la superficie de la terre étoit psartout également couverte d'eaux, ou partout également découverte, en sorte qu'il ti'y eût aucune diversité de mers, de terres et de montagnes, ni aucune autre cause qui pût dilater les vapeurs quela présence du soleil, ou les condenser que son absence. Mais il faut re* marquer que lorsque le soleil luit, il fait sortir communément plus de vapeurs des mers que des terres , à cause que les terres se trouvant sèches en plusieurs endroits ne lui fournissent pas tant de matière; et qu'au contraire, lorsqu'il est absent, la chaleur qu'il a causée en fait sortir davantage des

terres que des mers, à cause qu'elle y deiueui^ plus fort imprimée. C'est pourquoi ou observe souvent aux bords de la mer que le vent vient le jour du côté de rea.u, et la nuit du côté de la terre; et c'est pour cela aussi q^e.ces feux qu'on nomme les ardenU conduisent de nuit les voyageurs vers les eaux, car ils suivejnt indifféremment le cours de' l'air, qui tire vers là des terres voisines, à cause que celui qui y est se condense. Il faut aussi rer marquer que l'air qui touche la superficie des eaux suit leur cours en quelque façon , d'où vient que les vents changent souvent le long des côtes. de la mer avec ses flux et reflux , et que le long des grandes rivières on sent en temps calme de petits v^its qui suivent leur cours. Puis il £aLUt remarquer aussi que les vapeurs qui viennent des eaux sont bien plus humides et plus épaisses que celles qui s'élèvent des terres, et qu'il y a toujours parmi celles-ci beaucoup plus d'air et d'exhalaisons, d'où vient que les mêmes tempêtes sont ordinairement plus violentes sur l'eau que sur la terre, et (pi'un même vent peut être sec en un pays et humide en un autre. Comme on dit que les vents de midi, qui sont humides presque partout, sont secs en Egypte, où il n'y a que les terres sèches et brûlées du reste de l'Afrique qui leur fournissent de matière; et c'est sans doute ceci qui est cause qu'il n'y pleut presque jamais : car quoique les vents de nord ve-

naiit de la mer y soi^t humides , toutefois pourcequ'avec cela ils y sont, les plus froids qui s'y trouvent, ils n*y pe,uvent pas aisément causer de pluie, ainsi que vous entendrez ci -après. Outre cela, il faut considérer que la lumière de la lune, qui est fort inégale selon qu'elle s'éloigne ou s'ap- ^proche du soleil, contribue à la dilatation des vapeurs, comme fait aussi celle des autres astres : mais que c'est seulement en même proportion que nous sentons quoUe agit contre nos yeux, car ce sont les juges les plus certains que nous puissions avoir pour connaître la force de la lumière; et que par conséquent celle des étoiles n'est quasi point considérable, à comparaison de celle de la lune, ni celle-ci à comparaison du soleil. Enfin on doit considérer que les vapeurs s'élèvent fort inégalement des diverses contrées de la terre ; car, et les montagnes sont échauffées par les astres d'autre façon que. les plaines , et les forets que les prairies,, et les champs cultivés que les déserts, et même certaines terres sont plus chaudes d'elles-mêmes ou plus aisées à échauffer que les autres; et ensuite se formant des nues en l'air fort inégales, et qui peuvent être transportées d'une région en une autre par les moindres vents, et soutenues à diverses distances de la terre , même plusieurs ensemble au-dessus les unes des autres, les astres agissent derechef d'autre façon contre les plus hautes que contre les

plus basses , et contre celle-ci que contre la terre qui est au-dessons, et .d'auti*e façon contre les mênies' endroits de la terre lorsqu'il n'y a point de nues qui les couvrent que lorsqu'il y en a , et àjprès qu'il a plu ou neigé qu'auparavam. Ce qui fait qu'il est presque impossible de prévoir les vents particuliers qui doivent être chaque jour en chaque contrée de la terre , et que même il f^en a souvent plusieurs contraires qui passent au-dessus les uns des autres; mais on y pourra bien déterminer en général quels vents doivent être les plus fréquents et les plus forts, et en quels lieux et quelles saisons ils doivent régner, si on prend exactement garde à toutes les choses qui ont été ici remarquées. Et on le.pT>Hrra encore beaucoup mieux déterminer dans les grandes mers, principalement aux endroits fort éloignés de la terre, à cause que, n'y ayant point d'inégalités en la superficie de l'eau semblables à celles que nous venons de remarquer sur les terres, il s'y engendre beaucoup moins de vents irréguliers , et ceux qui viennent des côtes ne peuvent guère passer jusque là; comme témoigne assez l'expérience de nos matelots, qui, pour cette cause 9 ont donné à la plus large de toutes les mers le nom de Pacifique. Et je ne sache plus rien ici digne de remarque, sinon que presque tous les subits changements d'air, comme de ce qu'il devient plus chaud, ou plus rare, ou plus humide que la 5. 14

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saison ne le requiert, c%)endent de? vents, non seulement de ceux qui soijt aux mêmes régions où se font cas changements , mais aussi de ceux qui en sont proches , et des diverses cause» dont il?, procèdent. Car, pa? exemple , si pendant que njpus senr tons ici un vent de midi , qui , ne pro«érfant que de quelque cau9^ particulière, et ayant son origine fort près d'ici , n'Anène pas beaucoup de chaleur, il y en a un de nord aux pays voisins qui vienne d'assez loin ou d'assez haut, la matière très subtile qu^ celui-ci amène avec soi peut aisément parvenir jusques à tious, et y causer \in froid extraordinaire; et ce vent de midi, ne sortant que du lac voisin , peut êU^ fort humide , au lieu que s'il venoit des campagnes désertes qui sont au-delà, ilseroit plus sec; et, n'étant causé que par la dilatation des vapeiirs de ce lac, sans que la condensation d'aucunes autres qui soient vers le septentrion y con^ tribue, il doit rendre notre air bien plus épais et plus pesant que s'il n'étoit causé que 'par cette condensation, sans qu'il se fit aucime dilatation de vapeurs vers le raidi. A quoi si nous ajoutons que la matière subtile et les vapeprs qui sont dans les pores de la terre , prenant divers cours , y font aussi çomnie des vents qui amènent avec ^pi des exhalaisons de toutes sortes, selon le? qualités des terres par où il$ passent , et outre cela que les nùée«, en s'abaissent, peuvent causer un vent qui chasse

l'air de haut en bas, ainsi que je dirai ci-après, nous aurons , je crois , toutes les causes des changements d'air qui se remarquent.

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