AC = ^^^, BC = BD-CD
Pour trouver BD, remarquons qu'en vertu du déplacement du
corps Téther est entraîné, avec une vitesse égale à -zi dans une
direction perpendiculaire à celle des rayons incidents. Cette vitesse n'influe en rien sur la vitesse de propagation de la lumière dans la direction de ces rayons, et, par suite, comme la longueur BD est parcouinie par la lumière dans le milieu réfringent pendant Tunité
de temps, on a BD = a. D'ailleurs , CD = 6 zzrz\ donc
* cos r
^sinr 4/^ cosr ucosr — CFsmr
Ali = : = ; •
sm r sm r cos r
En mettant pour AC et CK leurs valeurs dans l'équation
1 = AK sin I , \\ vient
a cos r — 6 sin r . , . /» sin r
sm r cos r
sinl + ô-- — cos (I — r).
cosr V
On a donc les deux équations
sin (a? — I) = ô cos {x — r), (u cos r — ô sin r) sin I + 9 ûv? r cos (I — r) = sin r cos r.
En développant, il vient
— cos 0? sin I + sin a; cos I =« 6 cos (x — r), (u cos r — ô sin r cos^r) sin I + 6 sin^ r cos r cos I =» sin r cos r.
Divisons cette dernière équation par cos r, nous aurons (u — 6 sin r cosr) sin I -h fl sin^r cos I = sin r.
Eliminons successivement cos I et sin I , nous aurons
[u sin a: — ô sin r cos r sin a? + 6 cos x sin^ r] sin I = sin r sin j:>
ou , en simplifiant ,
[tt sin ^ — 0 sin r sin {x — r )] sin I « sin r sin a?>
et de même
[tt sinx — O sin r sin (x — r)] cos I = sin r cos x-huO cos (jc — r).
Elevant au carré et ajoutant, il vient
[ttsina? — flsinrsin (^ — r)p=sin^r+ sudsinrcos^cos (x — r).
Développons le premier membre et supjirimons les termes en ^, comme nous l'avons fait plus haut, nous aurons successivement
u^sin^x— QMÔsinrsinxsin(a;— r) = sin^r+îîMÔsinrcosa:cos(a:— r).
tt^sin^d? = sin^r + 9m9 sin r cos r,
. „ sin*r , ^sinr sin*r / , 2Ôucosr\.
sm-^x^ — r + 3v cosr = — r- * H ' ) ^
u* u tt* \ smr /
d'où Ton tire, en extrayant la racine carrée au même degré d'approximation ,
/ V . sin r / , 6iivosr\ sin r , ^
(1 ) smx= 1 H : = hOcosr.
V / tt \ sni /• / tt
r est Tangle absolu d'incidence, mais cet angle n'est pas égal h l'angle apparent d'incidence. En effet, pendant que la lumière va de B en D, c'est-à-dire pendant l'unité de temps, l'éther se déplace dans la direction BA d'une quantité égale à ô (i — w^); si donc on prend BB'=6(i — tt^), ce sera le rayon SB' qui viendra passer par le point D; de plus, quand la lumière sera arrivée en D, le point B', en vertu du mouvement du corps, sera venu en un point B*' tel, qu'on ait B'B"==Ô; B"D sera donc la direction apparente du rayon incident.
Soit y l'angle apparent d'incidence, on a
BB"=B'B"^BB'=Ô-ô(i-u2)=Ôm2, BB"=BDtangBDB"=utang(y-r)=eu^;
d'où
tang(y — r)«=6M.
VITESSE DE PROPAGATION DE LA LUMIÈRE. 703 L'angle y — r étant très-petit, on peut écrire
d'où
et
sin y = sin (r -f- ou) = sin r -+- Su cos r,
en prenant s\n0u=6u et cosdu=i, ce qui est permis puisqu'on néglige les quantités de l'ordre de 6*^. Or l'équation (i) donne
u sin X == sîn r+6u cos r ;
un a donc
tisinx^siny.
Donc , dans ce cas encore , la loi de Descartes est vraie très-approximativement entre les angles apparents d'incidence et de réfraction.
il 0 0 . Démonstratioii expérimentale direete du prlneipe
de Freenel par M. FiaeiMi. — L'hypothèse de Fresncl explique, comme nous l'avons vu, un grand nombre de phénomènes; cependant elle parut d'abord étrange à la plupart des physiciens, qui continuèrent à supposer l'éther complètement entraîné dans le mouvement des milieux pondérables, de sorte que le phénomène de l'aberration fut longtemps regardé comme ne pouvant s'expliquer complètement dans la théorie des ondulations.
C'est à M. Fizeau que l'on doit d'avoir démontré, par une expérience décisive, l'exactitude du principe posé par Fresnel. Cette expérience consiste à observer le déplacement des franges d'interférence produites par deux faisceaux lumineux dont un traverse un milieu pondérable animé d'un mouvement dans la direction du rayon. Le déplacement peut se calculer soit en supposant la vitesse de l'éther égale à celle du milieu pondérable, soit en lui donnant la valeur qu'assigne le principe de Fresnel. En comparant le résultat du calcul avec le déplacement observé, on pourra prononcer entre les deux hypothèses. Pour rendre le phénomène plus sensible, on est conduit naturellement à prendre deux corps identiques animés
Vmmt, ]V. — GoDférencefl de physique. âf»
704 LEÇONS SUil LOPTIOLE.
de iiiouvcmpiils de sens contraires et traversés chacun {)ar ud des faisceaux lumineux; comme il faut de plus employer des corps transparents d'une grande épaisseur pour avoir un déplacement appréciable, il était naturel d'avoir recours à des r^lonnes liquides : c'est ce qu'a fait M. Kizeau.
llOl. Appareil 4'Arac« pour étauUvr l'UUlNMMe «m
•ouelini d'atr d'Inéc»!* dcBsiié. — L'appareil dont s*est serri
M. Fizeau est une modilicalion de celui qu'a employé Arago ponr étudier les franges d'interférence de deni faisceaux lumineux qui traversaient deoi colonnes de gaz d'une grande longueur.
On ne peut évidemment employer dans ce ras ni les miroirs de Fresncl ni le bïprime. Arago s'était orrclté au dispositif suïvaiiL. La source de lumière est une fente ëlnilB^S (tig. 253) perpendiirulaire au plan da li figurt^: à quelque distance est plae^ÔM lentille achromatii^ue L dont la fenteo^ cupe le foyer principal. Les rayons ■ di! la lentille parallèlement à son axe et 1 tomber sur un écran MN percé de deux i vertures larges séparées par un intc opaque de quelques centimètres. On a ainii deux faisceaux un peu éloignés, ce qui est nécessaire pour qu'on puisse disposer sur leur passage les deux tubes AB, A'B', remf'f'y^- plis de gaz, qu'ils doivent traverser; ces
deu\ tubes sont fermés par des plaques de verre tout à fait identiques. A cet effet on coupe en deux une plaque de verre parfaitement homogène et qui a en tous ses points la même épaisseur, comme on s'en est assuré au sphéroniètre , et l'on se sert des deux moitiés pour fermer les extrémités correspondantes des deux tubes. Derrière les deux tubes se trouve une deuxième lentille achromatique L' dont l'axe est exactement parallèle à celui de la première; les rayons des deux faisceaux sont rendus convergents vers le foyer en S'; le
passage des rayons à travers cette lentille ne leur donne, comme on sait, aucune différence de marche, et l'on pourra observer les franges dans le plan focal de la lentille. Les franges sont très-resserrëes à cause de la distance des deui faisceaux qui interfèrent, distance considérable par suite de la largeur de l'intervalle opaque: mais elles sont très-brillantes, et l'on peut les grossir beaucoup à l'aide d'une loupe et même d'un microscope, sans qu'elles cessent d'être nettes.
402. Appareil de IM. Flseau. — M. Fizeau a introduit dans cet appareil un perfectionnement important, qui consiste à augmenter la largeur des franges, malgré la grande distance des deux ouvertures 0 et 0', sans diminuer leur intensité, et à rendre ainsi le phénomène plus sensible. A cet effet, entre les deux tubes et la lentille L, on dispose sur le trajet des faisceaux lumineux deux laïues de verre à faces parallèles HS, R'S'(fig. 956), obtenues en coupant en deux une lame bien homogène et ayant partout la môme épais$eur : ces lames sont également inclinées sur tes deux fais- . ceauv , qui les traversent sans prendre aucune différence de marche, mais qui sortent suivant ST, ST, parallèlement à leur direction primitive , en se rapprochant l'un de l'autre; il en résulte que les franges d'interférence que produisent les deux faisceaux lumineux auront la même largeur que si l'intervalle 00' était plus petit. En employant des lames de verre suffisamment épaisses et fortement inclinées sur les directions des rayons, on peut rapprocher beaucoup les deux faisceaux et par suite augmenter notablement la largeur des franges sans pour cela diminuer leur intensité.
Pour réaliser l'expérience imaginée par M. Fiseau, ii suffirait de remplir les tubes AB, A'B' d'eau courante circulant en sens contraires dans les deux lubes; le déplacement obsi-rvé des franges d'in-
terférence permettra de calculer le rapport de la vitesse de i'éther à celle de l'eau. En effet, soient t' la vitesse de propagation de la lumière dans le vide , u cette vitesse dans l'eau , 0 la vitesse de l'eau, / la longueur de chacun des tubes AB, A'B', 6x la vitesse de l'éther. Dans le tube où Teau marche dans le sens de la propagation des rayons lumineux, la vitesse de propagation de la lumière est ti + 9x;
le temps que met la lumière à parcourir ce tube est ^' Dans
l'autre tube, Teau marche en sens contraire des rayons lumineux; la vitesse de propagation de la lumière est u — Ox; le temps eni-
ployé par la lumière pour parcourir ce tube sera — r- • Eln sorliot
des tubes, les deux faisceaux ont donc une différence de màrdbe égale à l'épaisseur du vide que la lumière traverserait dans le-tMOc
Si l'on représente cette différence de marche par y, on aura diMÉl
Or cette différence de marche y peut se déduire du déplacemeilt4plH serve des franges d'interférence : on connaît v, u, 6^ l; on peutdùie de l'équation précédente déduire la valeur de x et voir si rrttn qwÉ tité est égale à l'unité, comme le veut l'hypothèse qui suppose Télher
complètement entraîné par la matière pondérable , ou bien à — -r—
comme le veut la théorie de Fresnel.
M. Fizeau a encore introduit quelques perfectionnements dans l'appareil que nous venons de décrire ; il a renoncé à employer deux tubes séparés, car, malgré toutes les précautions, l'eau pouvait y être à des températures différentes et avoir par conséquent des densités et des indices de réfraction différents, ce qui devait produire entre les deux faisceaux une différence de marche et rendre par suite l'expérience tout à fait inexacte. 11 s'est servi d'un tube unique (|u'une cloison incomplète sépare en deux moitiés dans lesquelles l'eau circule en sens contraires; elle arrive en A et sort en A'. Enfin»
VITESSE DE PROPAGATION DE LA LUMIÈRE. 707 pour être bien sf^r que les différences qui peuvent exister entre les deux colonnes liquides ne donnent pas aux deux faisceaux une différence de marche indépendante du mouvement de l'eau, M. Fizeau a disposé l'appareil de manière que chacun des faisceaux traverse les deux tubes en sens contraires.
On prend pour source lumineuse un point S (fij;. 357) placé sur le c4té; les rayons qui en émanent tombent sur une lame de verre réfléchissante MN et reacontrent ensuite la lentille achromatique L, disposée de telle sorte que son foyer principal coïncide avec l'image S' du point S donnée par lu surface MN. Les rayons, après s'être réfractés à travers la lentille , en sortent parallèlement à son axe, traversent les deux ouvertures 0 et 0' de l'écran , puis les deux tubes AB et A'B', et vont tomber sur la lentille achromatique L' dont l'axe est parallèle à celui de la lentille L et qui les fait convei^er à son foyer principal. En ce point se trouve un petit miroir plan M' perpendiculaire à l'axe de la lentille; les rayons réfléchis vont tomber de nouveau sur la lentille L', mats les rayons qui ont traversé la partie inférieure de la lentille vont après la réflexion traverser la partie supérieure; donc les rayons qui ont traversé AB dans le sens du mouvement de l'eau vont traverser le tube A'B' aussi dans le sens de ce mouvement, et les '^"■' rayons qui ont traversé A'B' en sens con-
traire du mouvement de l'eau traverseront encore le tube AB en sens contraire de ce mouvement. Au sortir du tube, les rayons vont tomber sur la lentille L, qui les fait converger en son foyer principal S'; c'est en ce dernier point qu'on observe le système des franges d'interférence. On se sert dans cet appareil de deux lames de verre obliques B et R', destinées , comme nous l'avons vu , à rapprocher les faisceaux el à élargir les franges.
àdS. ■«mUtet de« cxpèricnoe» de M. Vtmtmm. — Ë
riant à l'eau une vitesse de -j mètres par seronde, M. Fizeai tenu des résultats sensibles; mais il a fallu porter la vitesse 7 mètres par seconde pour avoir des effets mesurables. M. F obtenu un déplacement égal à o,/|6 d'une largeur de frai théorie de Fresnel donne o,4o; l'hypothèse qui supposerait animé de la même vîlesse que l'eau donne o,(}9. Comme guère à choisir qu'entre ces deux hypothèses, on peut rega: principe de Fresnel comme vérifié par l'expérience.
En opérant avec de l'air animé d'une vitesse de aS mèti seconde, M. Pizeau n'a pas trouvé d'effet sensible.
3° VITESSE DE PROPAr.ATION DES RAYOTtS DE DIVERSES COOLB
àOà. Andenne Idée de Newton, reprise plua «ar Helvll et CvurUvron, et cnflii par Armg». — Depui:
temps les [ihysiciens se sont demandé si, dans le vide, les de différentes couleurs se propagent avec la même vitesse, i d'autres termes, s'il y a ou non dispersion dans le vide. Ni dans une lettre à Flamsteed, l'engage déjà à observer al(eDti\ l'immersion ou l'émersion des satellites de Jupiter et à voir phénomènes ne sont pas accompagnés de coloration. En effet vitesse de propagation n'était pas la même dans le vide pt rayons de différentes couleurs, les rayons rouges se propageai vite que les rayons violets, à l'immersion les rayons rouges raient de nous arriver avant les rayons «oletset le satellite ( se colorer en bleu ou en violet: de même, à l'émersion, les i rouges devraient nous arriver en premier lieu, et le satellite une teinte rouge. Flamsteed n'observa rien de semblable el le: de Newton furent oubliées jusiju'au milieu du xviii' siècle, oi membres de la Société Royale de Londres, Melvil et Court appelèrent l'atlenlion des astronomes sur cette question. Les lats de l'observation furent négatifs.
Arago eut l'idée de substituer à l'observation de l'immersi de l'émersion des satellites de Jupiter, observation qui ne pei très-eiiqcte à cause du peu d'éclat d^ ces satellites el de |a i
VITESSE DE PROPAGATION DE LA LUxMIÈRE. 709
durée du phénomène, robservation des éclipses de soleil produites à la surface de Jupiter par les satellites. D'après ce que nous avons dit plus haut, les points que vient d'atteindre le cône d'ombre devraient disparaître colorés en violet; ceux qu'il vient de quitter seraient rouges. Dans cette méthode, au lieu de déterminer les changements d'un astre d'un éclat très-faible, on compare la teinte d'un petit disque à la teinte du reste de la planète, teinte qui est invariable. Les conditions sont donc beaucoup plus favorables; cependant Arago n'obtint aucun résultat.
405. nétli^iie d'Aniffo fomilée sur l'obserratloii des étoiles eliaiiipe«iitea« — Il eut alors l'idée de recourir à des étoiles changeantes. Il y a certaines de ces étoiles dont l'intensité se réduit presque à zéro; parmi les étoiles visibles à Paris, il faut citer Algol qui, en quelques heures, passe de la 3* à la 6* grandeur. Supposons qu'une étoile s'éteigne complètement, ou nous soit cachée par un écran opaque, ou tourne vers nous une partie non lumineuse; si les rayons différemment colorés se propagent dans le vide avec des vitesses inégales, comme la lumière met plusieurs années pour venir jusqu'à la terre, même des étoiles les plus rapprochées, si petite que soit la différence de vitesse de ces divers rayons, il pourra en résulter une différence d'un quart d'heure ou même d'une demiheure entre les temps qu'ils emploient pour venir de l'étoile à la terre. Donc, si l'étoile s'éteint par une cause quelconque, les rayons rouges cesseront d'arriver un quart d'heure ou une demi-heure avant les rayons violets, et, pendant ce temps, l'étoile paraîtra colorée des teintes les plus réfrangibles du spectre. De même, lorsque l'étoile reparaîtra, les rayons rouges nous arriveront un quart d'heure ou une demi-heure avant les rayons violets, et, pendant ce temps, l'étoile paraîtra colorée des teintes les moins réfrangibles du spectre.
Si les changements d'intensité des étoiles ne sont pas accompagnés de changements de teintes ou si ces changements de teintes ne se font pas d'après les lois que nous venons d'indiquer, il faudra en conclure qu'il n'existe aucune différence sensible entre les vitesses de propagation des rayons de différentes couleurs dans le vide : lef changements irrégulieri^ de couleur qu'on pourrait observer devraient
être attribues à des phénomènes physiques s'opérant à la surface de rétoile. Les observations faites sur Algol ont démontré de la manière la plus nette que les changements de teintes qui résulteraient d'une inégalité de vitesse entre les rayons de différentes couleurs ne se produisent pas.
Remarquons que, pour qu'on puisse tirer de là une conclusion légitime» il est nécessaire de répéter l'observation à des époques où la terre a des vitesses différentes; sans quoi il pourrait arriver que, par une coïncidence fortuite, les rayons violets envoyés par Tétoile avant sa disparition arrivent en même temps que les rayons rouges envoyés avant la réapparition suivante, ce qui, malgré l'inégalité de vitesse des deux espèces de rayons, fait disparaître la coloration ; mais cette coïncidence ne pourrait exister que pour une position particulière de la terre, et la coloration reparaîtrait pour toute autre position.
Il est donc nettement démontré que les temps nécessaires aux rayons rouges et aux rayons violets pour venir d'une étoile dont la lumière met plusieurs années à arriver jusqu'à nous ne diflfèrent pas de cinq minutes. Donc les vitesses de propagation des rayons de différentes couleurs dans le vide ne diffèrent pas de '^^— de leur valeur, c'est-à-dire que, si cette différence existe, elle est bien audessous des quantités que nous pouvons mesurer.
A 06. Coloratloii produite |Nir le aiauveHieBf ûmm
lieiix pondéraMes. — Il nous reste à parler des changements de couleur que peut produire le mouvement des milieux pondérables. C'est là un point que Fresnel avait négligé d'examiner. Considérons un prisme entraîné par le mouvement de la terre et recevant les rayons venant d'une étoile; supposons ce prisme animé d'une vitesse dirigée vers l'étoile et égnleàd; soient v la vitesse de propagation de la lumière dans le vide, T la durée d'une vibration de l'éther dans le vide : à un certain instant les molécules d'éther qui se trouvent à la surface du prisme sont dans une certaine période de leur mouvement; les points de l'éther qui sont à une distance X=vT de cette surface sont dans la même période de leur mouvement. Si le prisme était immobile, il faudrait un temps T pour que ce mouvement
arrivât à la surface du prisme, et la durée de la vibration sur cette surface serait T; mais le prisme vient au-devant du rayon lumineux avec une vitesse 0; donc le mouvement parti des points situés à une distance X de la portion initiale du prisme rencontrera ce prisme après avoir parcouru une longueur y donnée par Téquation
d'où
A ce moment la surface du prisme sera dans la même phase de vibration qu'à l'instant initial.
La durée d'une vibration à la surface du prisme est donc le temps nécessaire à la lumière pour parcourir la distance y, temps
égal à — z; si le prisme était immobile, la durée d'une vibration
serait - : ce temps est donc réduit dans le rapport de v à y-f-fl. On
verrait de même que , si le prisme s'éloignait de l'étoile avec une vitesse 0, la durée d'une vibration serait augmentée dans le rapport de v—O h V. De ces changements dans la durée des vibrations résulte un changement de coloration ; mais les effets dont il s'agit sont très-petits. En effet, la longueur d'ondulation se trouve altérée d'environ -j^ de sa valeur, changement qui pourrait être appréciable par l'observation du déplacement des raies du spectre donné par l'étoile. Mais l'expérience présente de grandes difficultés et n'a pas encore été réalisée.
/i07. Idée de lH. Doppler sur respHeation des eouleurs complémentaire* de eertoimes étoiles doiiMee. — C'est M. Chrislian Doppler qui a le premier appelé Tattenlion des physiciens sur les changements de coloration que peut produire le mouvement des corps pondérables. Il a appliqué ces idées à l'explication du phénomène si singulier de la couleur complémentaire, que présentent assez fréquemment les étoiles d'un même système double.
On sait que ces étoiles ont des masses comparables, et qu'elles
112 LEjÇONS SUR L'OPTIQUE.
ournent, non pas l'une autour de l'autre, mais autour de entre de gravité commun; on peut donc les supposer anima néme instant de vitesses sensiblement égales et de sens contrE
Pour la lumière venant de l'étoile qui se rapproche de la t< a durée de vibration est diminuée, et, par suite, si elle était d'à ilanche, elle se colorera en bleu ou en violet. Pour la lun enant de l'étoile qui s'éloigne de la terre , la durée de vibratio ugmentée d'une quantité égale à celle dont elle est diminuée autre; cette lumière se colorera donc d'une teinte complémen le la première.
Mais dans cette théorie , pour que les colorations fussent sensil I faudrait qne la vitesse des étoiles dont il s'agit fût comparai a vitesse de propagation de la lumière, ce qui est difficile à. netlre.
Il est facile de voir que ce phénomène de coloration n'a pas lour les sources lumineuses qu'on observe à ta surface de la t< )ans ce cas la source est entraînée par le mouvement de la i ussi bien que l'observateur, et il y a compensation. En effet, < idérons un mouvement vibratoire partant de ta source: au boo emps T d'une vibration , ce mouvement a parcouru une longueo nais la source a marché de 6T en sens contraire; donc la distanc leux points qui sont dans la même phase de leur mouvemen' iratoire, ou la longueur d'ondulation, sera X-f ST. Mais l'observa narcbant vers la source avec une vitesse 6, on verrait comme laut que le temps d'une ondulation serait réduit dans le rappor à f+d,etque, par suite, la longueur de l'ondulation serait réd lans le rapport de vT à vT-i-ffT ou de X à X + ^. Donc tout sep lour l'observateur comme si la longueur d'ondulation était X.
àdS. VériflMtloB directe 4ea Idée* de H. Itopplm di e «w dn ••», p«r nn. BeaCt Ruwiell et Bii7»-B»U*t.
1. Doppler a fait remarquer que des phénomènes du même gi loivent se manifester dans le cas du son , lorsqu'on se rapprodie « orps sonore : la durée d'une vibration doit diminuer et le Qonter à l'aigu; si, au contraire, on s'éloigne du corps sonore lurée d'une vibration augmentera et le son deviendra plus grav
Ces conséquences de la tliéorie ont été vérifiées expérimentalement par deux observateurs, MM. Scott Russeli et Buys-Ballot. Ce dernier opéra sur le chemin de fer d'Utreclit Èi Amsterdam; il fit placer à des distances d'un kilomètre des personnes munies d'instrumenls à vent ou à cordes, parfaitement accordés de manière à donner la même note; il se pla^a sur une locomotive lancée à toute vitesse et reconnut que l'acuité du son augmentait è mesure qu'il se rapprochait de l'un de ces instruments et diminuait quand il s'en éloignait: la différence était d'environ un demi-ton.
&09. Expérl«Bee de H. nmeau. — M. Fizeau a opéré d'une façon plus simple: il employait deux roues concentriques (fîg. 3 58); la roue extérieure portait un certain nombre de dents aux extrémités d'un même diamètre, la roue intérieure ne portait qu'une dent. Supposons que cette dernière roue reçoive un mouvement rapide de rotation dans le sens de la flèche, la roue extérieure restant fixe et l'observateur étant placé en 0; lorsque la dent de la roue intérieure rencontre les dents su[>érieures de la roue extérieure, on a un corps sonore qui se rapproche de l'observateur; lorsqu'elle rencontre les dents inférieures, on a un corps sonore qui s'éloigne de l'observateur. '^' '" ' On doit donc , d'après ce que nous avons
dit, avoir une succession de deux sons, l'un plus aigu, l'autre plus grave ; c'est effectivement ce que l'on observe.
Galilée. Dialogo sopra i due maasinii Bislemi del moado, etc. [Le opère di GaUleo GaUlei, prima ediiione compléta, Firerus, i8S5, I. \[ll, p. AS.] (Vitesse de propagation de la lumière.)
RniiEB, Démonstration touchant le mouvement de la lumière. Ane. Mém. de l'Acad. de» KÎmeu de Parit, l et X', b-j5.
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of the fixed stai*8 whelher the rays of iight in pervading différent
média change their velocity according the law which resuhs
from sir Isaac Newton's ideas conceming the cause of refraction;
and for ascertaining their velocity in every médium whose refrao-
tive density isknown, PhiL Trans. f. 1789, 58. 1818. Fresnrl , Sur Tinfluence du mouvement terrestre dans quelques phénomènes d'optique, Ann, dechim. et de phys.^ (9), IX, 56. 1891. Delambre, Histoire de l'astronomie moderne, Paris, 1891, II, 616.
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Abh. kônigL Bôhm, Geselfsch,, III.
1 8/i5. DoppLER, Ueber d. bisherig. Erkiàrungsversuche d. Aberration, Abh. '
konigl, Bôhm. Gesellsch., III.
i8ir>. Buys-Ballot, Akustische Versuche auf der Niederlândischen Eisen-
bahn nebst gelegentlichen Bemerkungen zur Théorie des Hrn.
Prof. Doppler, Pogg. Ann., LXVI, 39 1.
18^6. Doppler, Bemerkungen zu meiner Théorie des t'arbigen Lichts der
Doppelslerne mit vorziiglicher Rùcksicht auf die von Hrn. Buys-
Ballol zu Utreclit dagegen erhobenon Bedenken, Pogg. Ann.,
lAVlII. 1.
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io3 et 107.
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parative de la lumière dans Tair et dans Teau, Comptes rendus, XXX, 563 et 771.
i85o. DoppLBR, Einige weitere Mittheilungen und Bemerkungen meine
Théorie des farbigen Lichts der Doppelsteiue betreffend, Pog^» ilnn., LXXXI, 370, et Sttzungsber. d. Wien Acad.^ i85o.
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i85â. DoppLER, Weitere Mittheilungen meine Théorie des farbigen Lichts
der Doppelsterne betreffend, Pogg. Ann,, LXXXV, 871.
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i86-j. Foucault, Détermination expérimentale de la vitesse de la lumière :
parallaxe du soleil. Comptes rendus, LV, 5oi et 799.
410. Division du sujet. — La météorologie optique comprend non-seulement l'explication des apparences lumineuses rares qui se présentent dans latmosphère, mais aussi l'étude des modifications permanentes que les rayons de lumière y éprouvent soit dans leur nature, soit dans leur couleur, soit aussi dans leur direction : nous la diviserons en trois parties.
Dans la première partie, nous étudierons la propagation des rayons lumineux dans les couches de l'atmosphère quand il n'y a au milieu d'elles aucun corps accidentel en suspension dans une proportion plus grande que l'ordinaire, et les propriétés de la lumière atmosphérique.
Nous parlerons, dans la seconde partie, des phénomènes produits par la réfraction, la réflexion et la diffraction de la lumière à la rencontre de gouttelettes d'eau en suspension dans l'atmosphère.
La troisième partie comprendra Tétude des phénomènes, d'apparences et de causes très-variées , dus au passage de la lumière à travers des particules de glace.
I. PROPAGATION ET PROPHIETÉS DES RAYONS LLMIISELX QUI SE PROPAGENT DANS L'ATMOSPHERE.