CSénéralité du phénoméiie des interférai
Deux systèmes d'expériences entièrement différents nous condui-
100 LUMIÈRE NON. POLARISÉE.
sent à cette même conclusion que, si des rayons originaires d'une même source viennent concourir en un même point après avoir subi des réflexions ou des réfractions, ils apportent en ce point un mouvement vibratoire dont l'intensité est maximum ou minimum, suivant que la difl'érence de marche de ces rayons équivaut à un nombre pair ou impair de demi-longueurs d'ondulation , l'intensité minimum étant nulle si les rayons concourants sont parallèles et de même intensité, et étant dans tous les cas inférieure h l'intensité que produirait un seul de ces rayons.
Si concluants que semblent ces faits contre la théorie de l'émission, .Young a fait remarquer qu'il n'est pas absolument impossible de rendre compte dans cette théorie des phénomènes d'interférence.. Il faudrait pour cela supposer les molécules lumineuses distribuées sur chaque rayon à des distances égales les unes des autres, de façon à venir frapper la rétine à intervalles égaux, et imaginer de plus que chaque action d'une molécule lumineuse sur le nerf optique est suivie d'une réaction égale et contraire ; les actions et les réactions provenant de deux rayons lumineux pourraient alors, suivant les cas, être concordantes ou discordantes, s'ajouter ou se détruire. Mais cette hypothèse, qui n'est au fond que la théorie des ondes appliquée au nerf optique et à la rétine, tombe complètement devant les expériences qui ont démontré que les interférences sont un phénomène objectif, et que les rayons interférents s'ajoutent ou se détruisent avec toutes leurs propriétés lumineuses, calorifiques et chimiques. Parmi ces expériences il faut surtout citer celle d'Arago sur les interférences des rayons chimiques, qui consiste à projeter le système des franges sur un papier imprégné de chlorure d'argent et à constater que ce papier ne noircit que dans les points où se trouvent les franges brillantes ^^^, et celle de MM. Fizeau et Foucault sur les interférences des rayons calorifiques, dont ils ont démontré lexistence en promenant dans les franges un thermomètre îi alcool de trèspetites dimensions ^^\