‹ Œuvres de É. Verdet (volume 4)Chapitre 53 sur 176 · COLORÉS DES PLAQUES ÉPAISSES · texte numérisé non relu

COLORÉS DES PLAQUES ÉPAISSES

62. Influence du degré de poli de 1» aûrfaee réfléHii»- ■ante ou réfringente. — La diffusion de la lumière dans toutes les directions par les surfaces dépolies ne doit pas ^tre regardée comme un phénomène particulier distinct de la réflexion et de la réfraction régulières; elle ne doit pas être attribuée non plus à la réflexion ou à la réfraction de la lumière par les aspérités de la s\irface, car on observe encore unedifl'usion très-sensible lorsque ces aspérités sont opaques et dépourvues de tout pouvoir réfléchissant, comme cela a lieu, par exemple, quand la lumière tombe sur une plaque de verre où l'on a projeté du noir de fumée en poudre.

Tous les points de la surface de séparation de deux milieux devant être regardés comme des centres d'ébranlement, la difl'usion est au contraire le phénomène général, et ce qui a besoin d'explication, ce n'est pas l'éparpillement de la lumière dans toutes les directions par une surface dépolie, mais au contraire le fait de la réflexion et de la réfraction de la lumière dans une direction déterminée par des surfaces qui ne sont jamais mathématiquement régulières, quel que soit le soin avec lequel on les ait polies. Les raisonnements par lesquels nous avons démontré la destruction des mouvements vibratoires émanés des difl'érents points de la surface réfléchissante ou réfringente dans toutes les directions sauf une seule reposent en eflel sur l'hypothèse qu'en aucun point de celte surface le rayon de courbure ne soit comparable à la longueur d'ondulation; ils deviennent donc en général inapplicables si la surface ofl're dos aspérités. Mais ces raisonnements subsistent si le temps employé par la lumière pour se propager du point lumineux au point éclairé en touchant la surface réfléchissante ou réfringente n'est altéré par la présence de ces aspérités que d'une quantité très-petite par rapport à la durée d'une vibration. Cette dernière considération explique comment les surfaces peuvent réfléchir ou réfracter régulièrement la lumièiv

sans être parfaitemeDl polies, et permet de définir ce qu'on doit entendre, au point de vue de la théorie des ondulations, par poli tpéculaire d'une surface.

Nous allons maintenant entrer dans quelques détails relativement à l'influence exercée sur les phénomènes de la réflexion et de la réfraction par les aspérités de la surface réfléchissante ou réfringente. Occupons-nous d'abord de 4a réflexion; soil 2 (fijr. 5^i ) une surface réfléchissante idéale sur laquelle le rayon de courbure n'est en aucun point de l'ordre de grandeur de la longueur d'ondulation; appelons S le point lumineux , P Icpoint éclairé, A le point de la surface Z oii un rayon provenant du point S est réfléchi régulièrement vers le point P. Supposons qu'il existe en A une aspérité que, pour plus de simplicité, nous considérerons comme ayant la forme d'un prisme droit et dont nous désignerons la hauteur, comptée normalement à la surface 2, par h. Le rayon incident SA rencontre en B la surface supérieure de cette as])érilé; (es mouvements qui seraient envoyés au point P par le point A et les points voisins sont donc remplacés par ceux qui proviennent du point B et des autres points de la surface supérieure de l'aspérité. Pour que tout se passe comme si l'aspérité n'existait pas, c'est-à-dire pour qu'il, y ait réfleùon régulièn; au point B, il faut par conséquent que la somme des distances au point lumineux et au point éclairé ne diffère en B de ce qu'elle est en A que d'une très-petite fraction de la longueur d'ondulation. Nous sommes ainsi conduits à évaluer la différence SA + AP-(SB + BP).

En appelant t l'angle d'Incidence du rayon SA , on a

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