RÉSULTATS DES EXPERIENCES
Je reproduirai d'abord, en y ajoutant quelques indications sur la nature des substances étudiées, le tableau déjà publié dans les Compte» rendus des séances de l'Académie des sciences (séance du 6 avril i863), où se trouvent réunis les résultats des expériences des trois premières séries, qui, par l'accord des déterminations individuelles, m'ont paru le plus dignes de confiance. Bien que ces résultats ne soient pas tout à fait définitifs, ils m'ont permis d'importantes conclusions générales, auxquelles je n'ai rien à changer.
On pourra remarquer dans ce tableau l'indication d'un certain nombre de liquides, tels que la créosote du commerce et diverses essences dont la nature est assez mal définie et qu'il ne serait pas très-facile de se procurer deux fois dans un état identique. Ne cherchant plus en effet de relation entre la nature chimique des corps et leur action sur la lumière, j'ai choisi la plupart des liquides étudiés uniquement à cause de la grandeur de leur pouvoir rotatoire magnétique, et j'ai été ainsi conduit à expérimenter sur quelques liquides très-réfringents d'origine organique, que j'ai simplement pris dans le commerce, sans travailler à les purifier ou même à les définir bien exactement. J'en ai seulement déterminé le point d'ébullition sous la pression atmosphérique, afin de m'assurer qu'ils ne différaient pas trop du liquide pur désigné sous le même nom dans les traités de chimie: quelquefois je les ai entièrement distillés, afin de diminuer la coloration qu'ils pouvaient offrir, par suite de la présence de quelque matière étrangère moins volatile.
Les premières colonnes du tableau contiennent, pour les divers liquides étudiés, les valeurs relatives des rotations correspondant
f> Voir la note B à la fin du mémoire.
aux raies C, D, E, F, G, la rotation correspondant à la raie E étant constamment prise pour unité (1) . Dans la septième colonne, marquée K, est indiquée la moyenne des valeurs absolut* du double de la rotation correspondant à la raie E (2) ; la huitième, marquée N, fait connaître la série d'expériences à laquelle appartiennent les déterminations rapportées dans les colonnes précédentes; la neuvième renferme les observations auxquelles chaque expérience peut donner lieu. Enfin, en tête du tableau, j'ai placé la suite des nombres qu'on aurait du observer si la loi des phénomènes avait été rigoureusement la loi de la raison réciproque du carré des longueurs d'ondulation.
{l) J'ai choisi lu raie E pour terme constant de comparaison , à cause de la précision que peuvent atteindre les observations dans la région du spectre qu'elle occupe. L'erreur qui s'ajoute, dans le calcul des valeurs relatives , à Terreur des valeurs absolues a été ainsi rendue la plus petite possible.
(,) Ces valeurs ue sont mentionnées que pour l'aire juger de la grandeur des phéuoinènes observés , car ell»»s no se rapporlenl pas à une intensité constante du courant ou de* forces magnétiques.