CHROMATIQUE
207. P#UMri— pes m tmintmm plaie» ^Awmgm et de H* PéiBA. — Arago, presque immédiatement après la découverte des lénomènes de la polarisation chromatique, songea à en tirer parti »ur reconnaître la présence de la lumière polarisée. Le polariscope 4rago se compose d'une plaque mince de mica ou de sulfate de laux disposée en avant d'un analyseur. La lame et l'analyseur sont sujettis dans un tube, et en avant de la lame se trouvent deux aphragmes qui ne laissent passer qu'un faisceau lumineux cylinîque. Pour peu que la lumière qui tombe sur la lame soit polasée, les deux images de l'analyseur se colorent de teintes compléentaires, et en faisant tourner l'analyseur on peut trouver la >8ition pour laquelle les colorations présentent leur maximum d'innsité.
M. Pétrina a imaginé un appareil désigné sous le nom de kaléi-
polariscope ^'^ et qui se compose d'un kaléidoscope dans lequel on
ce des fragments de gypse ou de mica d'épaisseurs différentes. On
arde dans ce kaléidoscope à travers un analyseur, et, si la lumière
dente est polarisée, les lames cristallines prennent des teintes
^es. Le contraste des teintes que présentent les différentes lames
cet instrument plus sensible que le polariscope ordinaire.
^8. C^mpenuMiteur m ùpmwkgmm eetoréee de H* ItoMaet.
compensateur de M. Babinet permet de reconnaître la présence
lumière polarisée par la production de franges colorées qui
issent même lorsque les rayons sont parallèles. Cet instru-
st beaucoup plus sensible que les polariscopes à teintes plates
>U8 venons de parler. Il se compose de deux prismes droits
taillés dans un cristal de quartz; ces prismes ont pour base
angles rectangles Irès-alIongés ABC et BCD (fig. i/i), et
132 POLARlSATrON CHROMATIQUE,
sont accoI(!s par leurs faces Hypoténuses, de manière à consliluer un prisme droit à base rectangulaire. Les faces latérales du prisme qui passent par AB et par CD contiennent l'axe , mais dans la première AB est parallèle à l'axe, tandis que dans la seconde CD est perpendiculaire à l'axe; d'oiî il résulte que, par rapport aux rayons qui tombent sur la face AB, les sections principales des deux prismes triangulaires dont se compose le compensateur sont rectangulaires. Si donc on fait arriver sur % '*• la face AB un rayon polarisé, ce rayon
se décompose en deux rayons dont chacun traverse l'un des prismes triangulaires à l'état de rayon ordinaire, et l'autre à l'état de rayon extraordinaire.
Un rayon tel que MN, qui tombe au milieu du compensateur, traverse les deux prismes triangulaires sous des épaisseurs égales; par suite, chacun des rayons dans lesquels il se décompose parcourt des chemins égaux à l'état de rayon ordinaire et à l'état de rayon extraordinaire, d'où il résulte que la polarisation du rayon MN n'est pas altérée par son passage à travers le compensateur. Mais il n'en est plus de même pour les rayons qui tombent de part et d'autre de MN. Considérons, par exemple , le rayon PQ, qui traverse le prisme ABC sous une épaisseur égale à e et le prisme BGD sous une épaisseur égale à «'; les deux composantes de ce rayon suivant les deux sections principales du compensateur présenteront au sortir du compensateur une différence de marche égale à celle que produirait une lame de quartz ayant une épaisseur égale k e — e* et dont la section principale serait parallèle à celle du prisme que le rayon traverse sous la plus grande épaisseur.
Supposons, pour fixer les idées, qu'on fasse tomber sur la face AB du compensateur un faisceau de rayons parallèles dont le plan de polarisation fasse un angle de â 5 degrés avec chacune des sections principales du compensateur. Chaque rayon émergent sera alors composé de deux rayons polarisés à angle droit, égaux en intensité et présentant une certaine différence de marche. Cette différence
APPLICATIONS POLARISCOPIQUES. 133
de marche est nulle pour le rayon MN, cl sa valeur absolue croit, pour les rayons situés de part et d'autre de MN, proportionnellement à la distance qui sépare ces rayons de MN.
Tous les rayons pour lesquels la différence d'épaisseur des deux prismes introduit une différence de marche égale à un multiple im-
pair de - entre les deux composantes sont polarisés perpendiculairement au plan primitif; tous les rayons pour lesquels cette différence de marche est égale à un multiple pair de - sont polarisés parallèlement au plan primitif. Si donc on reçoit le faisceau émergent sur un analyseur dont la section principale est parallèle au plan primitif, on verra dans l'image extraordinaire une bande noire correspondant au rayon central MN; de part et d'autre de cette bande noire seront deux franges blanches, puis viendront de chaque côté des franges colorées si la lumière est blanche, des franges alternativement brillantes et obscures si Ton opère avec la lumière homogène. L'image ordinaire présente au contraire une frange centrale blanche bordée de deux franges noires.
L'apparition des franges indique la présence de la lumière polarisée; pour déterminer la position du plan de polarisation, il suffit de faire tourner l'analyseur jusqu'à ce que la frange centrale de l'image extraordinaire soit aussi noire que possible; la section principale de l'analyseur est alors parallèle au plan de polarisation.
209. Applic»ti«ii du ••mpeiulAteur de M. BAbimet à rétude de to p«larisatloii elliptique. — M. Jamin a appliqué le compensateur de M. Babinet à l'étude de la polarisation elliptique et à la mesure des constantes qui caractérisent un rayon polarise elliptiquement ^'^ Un rayon polarisé elliptiquement peut toujours être regardé comme formé de deux rayons polarisés à angle droit et présentant une certaine différence de marche. Si donc on fait tomber sur le compensateur un rayon polarisé elliptiquement, les deux composantes de ce rayon , suivant les deux sections principales du compensateur, présenteront déjà une certaine différence de marche avant l'entrée du rayon dans le compensateur, d'où il résulte que,
<» i4iiit. éêchim. Hdephyt., (3), XIX, 996; XXIX, 963.
iU POLARISATION CHROMATIQUE.
dans les images données par l'analyseur, les franges seront déplacées latéralement et ne seront plus symétriques par rapport à celle qui correspond au rayon central MN.
On peut disposer l'appareil de façon à pouvoir mesurer la différence de marche entre les deux composantes. A cet effet , le compensateur est monté dans une bonnette sur laquelle l'un des prismes de quartz est fixé, tandis que l'autre peut recevoir un mouvement très-lent à l'aide d'une vis micrométrique. Un fil très-fin permet de déterminer la position des franges. On fait d'abord tomber sur le compensateur un faisceau de lumière polarisée rectilignement à A 5 degrés des sections principales du compensateur, et on reçoit le faisceau émergent sur un analyseur dont la section principale est parallèle au plan primitif de polarisation. La frange noire centrale dans l'image extraordinaire correspond alors au rayon central MN; on fait coïncider le fil avec cette frange, puis on tourne la vis de façon à amener sous le fil la frange qui correspond à une différence
de marche égale à - • Soit L la quantité dont il a fallu déplacer le
prisme mobile; un déplacement L correspondant à une différence
de marche égale à - ^ un déplacement quelconque / correspondra à
une différence de marche égale à -r •
Ceci posé, il est facile de comprendre comment on peut appliquer le compensateur à l'étude de la lumière elliptique. On commence par faire tourner l'analyseur jusqu'à ce que la frange centrale de l'image extraordinaire soit aussi noire que possible. Soit alors OC la direction de la section principale de l'analyseur : le rayon qui correspond à la frange noire centrale a été décomposé en deux rayons polarisés suivant les deux sections principales du compensateur et présentant une certaine différence de marche S; cette différence de marche a été détruite par le compensateur, et la polarisation rectiligne a été rétablie de façon que la vibration soit parallèle à OC. Pour connattre la différence de marche des deux composantes du rayon elliptique, il suffit de mesurer la différence de marche que produit le compensateur au point correspondant à la frange noire centrale, puisqu'elle est égale et contraire à la précédente. A cet
APPLICATIONS POLARISGOPIQUES. 1J6
effet, on ramène, à l'aide de la vis micrométrique, la frange noire sous le fil; si le déplacement est égal à /, la différence de marche
cherchée sera, d'après ce que nous venons de voir, -|- •
Quant au rapport des amplitudes des deux composantes du rayon elliptique, il est égal à la tangente de l'angle que fait la section principale de l'analyseur avec une des sections principales du compensateur. On peut donc, à l'aide du compensateur, déterminer la différence de marche des deux composantes d'un rayon elliptique suivant deux directions rectangulaires quelconques, et le rapport des amplitudes de ces composantes.
Si les sections principales du compensateur sont parallèles aux axes de la vibration elliptique, la différence de marche des
deux composantes parallèles à ces sections est égale à t * U résulte
de là que, si à l'aide de la vis micrométrique on déplace l'un des
prismes du compensateur d'une quantité égale à -9 de façon que
ie compensateur, dans la partie qui est en regard du fil , produise
une différence de marche égale à 79 il suffira, pour déterminer les
directions des axes de la vibration elliptique, de faire tourner le compensateur jusqu'à ce que la frange obscure qui occupe le milieu de l'image extraordinaire coïncide avec le fil. Les sections principales du compensateur sont alors parallèles aux axes de la vibration elliptique. Pour déterminer le rapport de ces axes, on fait tourner l'analyseur sans toucher au compensateur, jusqu'à ce que la frange placée sous le fil soit aussi noire que possible. La tangente de l'angle que fait la section principale de l'analyseur avec l'une des sections principales du compensateur est alors égale au rapport des axes de la vibration elliptique. Ce procédé offre beaucoup plus de précision que celui qui consiste dans l'emploi d'une lame d'un quart d'onde (186).