IVIesures calorimétriques de Ifl]yi. de la Provostaye
et V. Desains. — Le véritable moyen de vérifier les lois des intensités est d'avoir recours aux expériences calorimétriques. L'emploi du noir de fumée permet de donnera ces mesures une précision très-grande, car on sait qu'une surface recouverte de cette substance absorbe intégralement la chaleur rayonnante qui tombe sur elle et la transforuie en chaleur à l'état statique. MM. de la Provostaye et P. Desains ont fait ces expériences ^'', et la conformité des résultats qu'ils ont obtenus avec la théorie est tellement satisfaisante qu'on doit en conclure l'inexactitude des observations d'Arago.
Ces deux physiciens faisaient réfléchir sur une surface la chaleur polarisée successivement dans le plan d'incidence et dans le plan perpendiculaire, au moyen d'un prisme biréfringent. Ils avaient choisi pour surface réfléchissante une lame de verre noircie à sa seconde face pour éviter les réflexions secondaires. L'indice de cette lame avait été mesuré au moyen de l'angle de polarisation complète et trouvé égal à i,52. Les intensités des faisceaux calorifiques étaient mesurées au moyen d'un thermo-multiplicateur.
Voici les principaux résultats obtenus pour le cas oii la chaleur est polarisée dans le plan d'incidence :
'" Ann. de ,1,1»,. H <lrjà,is: . [Z], \XX , p.^O. C.H, \\\|, r,i:..— Jnsl.. Wlll. /| :! 2 .
VERIFICATIONS DE LA THEORIE DE FRESNEL. /i67
ANGLES INTENSITÉS INTENSITES
,,. . , , , , ,, DlFFEnE.NCES.
u incidenee. observées. calculées.
So" 0,061 0,061 0,000
tlO" 0,081 0,081 0,000
60° o,i83 0,180 -H o,oo3
75° 0,407 o,io8 — 0,001
80° o,55i o,5/i6 + o,oo5
Ces nombres sont les moyennes d'un grand nombre d'observations. De plus , les expériences pour les incidences voisines de l'incidence normale n'ont pas été faites directement, à cause du peu de précision que comporte toujours la mesure d'une quantité quand on la compare à une autre très-grande par rapport à elle , et parce qu'il y a des inconvénients à se servir du galvanomètre dans des régions très-différentes. C'est pourquoi on comparait le rayon réfléchi sous de petites incidences, non pas au rayon incident, mais à des rayons réfléchis sous des incidences plus grandes et déjà étudiés.
Pour la chaleur polarisée perpendiculairement au plan d'incidence, MM. de la Provostaye et P. Desains ont obtenu les résultats suivants :