‹ uvres de Édouard Grenier (volume 2)Chapitre 10 sur 41 · LA GROTTE I · texte numérisé non relu

LA GROTTE I

Ne crains donc pas que je t'oublie, O grotte du pays natal I Mon âme est à jamais remplie De ton souvenir virginal;

Car c'est là que pâle et muette, Inclinant son cou frêle et blanc, Rêveuse, Elle a posé sa tête Un instant sur mon cœur tremblant!

Abbaye de la Grâce-Dieu. iS;...

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3)ous le tertre sans nom d'un humble cimetière, Poussière ensevelie au sein de la poussière, Te voilà donc couché dans l'ombre pour jamais ! Et c'est là que ton cœur, ô sombre et dur mystère ! Après avoir connu les grandeurs de la terre. Devait enfin trouver le repos et la paix !

O mon prince 1 cœur fier, âme douce et trop tendre. Je ne sais si tu peux m'entrevoir et m'entendre De la couche sanglante où tu t'es endormi ; Mais j'apporte en pleurant à ta tombe ignorée Les regrets, les soupirs et l'âme déchirée D'un serviteur fidèle et d'un fidèle ami.

Oui, d'un ami, d'un fils; car dans ta cour prospère Tu me traitais en fils et je t'aimais en père. Tes enfants m'acceptaient comme un frère plus vieux. — Hélas! quel souvenir! et combien il me touche! Ma joue est tiède encor du baiser que sa bouche Y posa tendrement à l'heure des adieux.

Puisque ton cœur aimait mes accents de poète, O mon prince ! ma voix ne sera pas muette. J'embaumerai ton corps d'un vivant souvenir; Et, comme un marbre blanc sculpté par les génies, Ma muse en deuil, versant des pleurs et des nénies, Signalera ta tombe au lointain avenir.

Ne crains pas que j'allume au feu de l'hyperbole Les vers qui serviront à ton nom d'auréole : Ton front fut assez haut pour ne pas le grandir. Puis la tombe est un temple où veille un saint nn-stère; Et la vérité seule et la justice austère Comme des lampes d'or y doivent resplendir.

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