LA GROTTE
Ce sont des neiges éternelles Qui dorment sur un lit de rocs, Immobiles et solennelles Dans la majesté de leurs blocs.
L'eau qui filtre à travers la voûte Avec un doux bruit argentin Les modèle ainsi goutte à goutte En les renouvelant sans fin.
O nature ! ô source infinie De vie et de fécondité, Où l'âme humaine rajeunie Se retrempe dans la beauté !
Sur combien de lointains rivages.
Dans combien de climats divers, Sous le soleil ou les orages, Au fond des bois, au bord des mers.
Dans les vallons ou sur les cimes.
Dans les déserts ou les cités, Ai-je vu tes aspects sublimes Se dérouler à mes côtés 1
Q.ue de fois, pâle et solitaire.
L'œil ébloui de tes splendeurs, Ai-je contemplé le mystère Qiai veille au seuil de tes grandeurs!
Heureux qui te voit face à face 1 Heureux qui peut suivre en tout lieu Les vestiges de cette trace Q.ue t'imprima le doigt de Dieu 1
J'ai vu les pays d'où l'aurore Vers nous s'avance en souriant, Et l'Italie et le Bosphore, Et les palmiers de l'Orient ;
J'ai vu le Nord mélancolique Et ses archipels orageux, La pâle et brumeuse Baltique Et les Alpes au front neigeux :
Que le ciel fût pale et sans flamme, Ou m'inondât de ses clartés, Partout j'ai laissé de mon âme Aux pays que j'ai visités ;
Partout ma mémoire fidèle.
Ouvrant son invisible écrin.
Recueillit le divin modèle Que Dieu plaçait sur mon chemin.