‹ uvres de Édouard Grenier (volume 2)Chapitre 13 sur 41 · SUR UN TOMBEAU · texte numérisé non relu

SUR UN TOMBEAU

Adieu donc ! adieu donc 1 pauvre tête meurtrie ! Tu ne reverras plus ta lointaine patrie, Ton palais, ta famille et tes petits enfants, Ta vigne à Sokola, nid d'ombre et de silence, La Bistrizza rapide et le Danube immense. Et Galatz qui te fit des adieux triomphants !

Tu ne reverras plus ce qui faisait ta joie. Ces cieux plus étoiles où le regard se noie; Les joyeuses Horas de ton peuple assemblé. Où tu n'as pas voulu qu'il restât un esclave; Et ce vert océan de la terre moldave Q.ai déroule ses fîots de maïs et de blé!

Tu ne reverras plus les chasseurs des montagnes.

Le regard tendre et fier de leurs jeunes compagnes ;

Les Tziganes errants campés sur les chemins;

Le paysan courbé sous les lois féodales,

Q.ui marche en longs cheveux, les pieds dans des sandales.

Ainsi que ses aïeux sous les Césars romains !

Non I mais réjouis-toi dans ton repos suprême ! Ce peuple doux et fort, ainsi que son emblème, A suivi le sillon qu'ouvrit ton noble effort. Les rois vont le juger. Le monde fait silence... Si ses droits sont trouvés légers dans la balance, Repose en paix 1 sou cœur fera rougir le sort !

Cimetière du Mée. 1857.

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