‹ uvres de Édouard Grenier (volume 2)Chapitre 28 sur 41 · CHŒUR DES ARBRES · texte numérisé non relu

CHŒUR DES ARBRES

La brise avec une voix douce

Passe et s'enfuit; Le fleuve dans son lit de mousse

Glisse sans bruit;

L'insecte au soleil se balance;

L'oiseau fend l'air; Le lion bondit et s'élance

Comme un éclair.

LE PREMIER JOUR DE L li D E N

Qu'ils sont heureux! pour eux l'espace

N'existe pas :

Ils peuvent venir sur ta trace

Baiser tes pas.

Mais nous 1 le destin nous enchaîne

Au sol jaloux.

Viens donc, ô jeune souveraine!

Viens donc vers nous!

Viens ! nous t'offrons des verts asiles

La douce paix, Et de nos feuillages mobiles

L'ombre et le frais.

Viens! nous ferons flotter nos branches

Sur ton beau front, Et nos fruits jusqu'à tes mains blanches

S'inclineront.

Arbres dont le feuillage à tous les vents frissonne. Votre vie est charmante, ah ! n'enviez personne ! La terre au sort natal fixe et retient vos troncs; ALus, comme l'homme, au ciel vous élevez vos fronts. Avec vos frais rameaux pleins d'ombre et de murmure Vous êtes de l'Eden la plus belle parure. Vos feuilles, comme nous, respirent l'air du ciel;

I 94 1' O li M £ s D R A M A r I Q U E s

L'insecte dans vos fleurs butine et fait son miel;

Maint fruit vermeil reluit dans le feuillage sombre,

Et tout un peuple lieureux d'oiseaux vient chercher l'onibro

Et gazouiller ses chants sous vos asiles verts,

Q.ui bercent leurs amours, leurs nids et leurs concerts.

Page 1