‹ uvres de Édouard Grenier (volume 2)Chapitre 8 sur 41 · L^ G%OTTE · texte numérisé non relu

L^ G%OTTE

Li X grotte s'ouvre immense et sombre.

Devant ce portique béant L'œil éperdu croit voir dans l'ombre Surgir un palais de géant.

Au fond des grands bois, solitaire, Elle se dérobe aux regards ; La fraîcheur, l'ombre et le mystère L'environnent de toutes parts.

Sur l'étroit rebord de la cime, De vieux hêtres aux troncs tordus Se penchent tremblants sur l'abîme Où leurs pieds noirs sont suspendus.

De là-haut, le regard se noie Dans la nuit du gouffre profond; Au-dessus, l'épervier tournoie Sans que son œil perce le fond.

La voûte étagée est si haute, Qu'on voit toujours dans le lointain Une vapeur blanche à mi-côte Flotter comme un voile incertain.

Mais bientôt sur les parois nues L'on entrevoit confusément Surgir des formes inconnues Dans un étrange encadrement.

Qiielles sont ces formes voilées Qui font rêver du Parthénon, Et ces blancheurs amoncelées Dans ces solitudes sans nom?

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