DOLO%OS.E
HAST ES ombres de jeunes femmes, Chères et douces amitiés, Je pense à vous! Si dans vos âmes, Là-bas, au loin, vous le sentiez!
Hélas ! toutes ou presque toutes Dans ce noble et charmant essaim Perdent leur sang à larges gouttes.
Et portent une plaie au sein.
Pas une qui n'ait sa blessure !
L'une après des jours triomphants De rien au monde n'est plus sûre ; L'autre a perdu tous ses enfants.
L'autre encor si digne qu'on l'aime N'a rencontré qu'un cœur glacé; Tout a trompé la quatrième Dans le présent et le passé.
D'autres enfin, pauvres et fières, Pour assurer leur lendemain Usent leurs doigts et leurs paupières A gagner chaque jour leur pain.
Une seule est encore heureuse...
Ah 1 qu'elle le soit à jamais 1 Que jamais le chagrin ne creuse Ce front pur où siège la paix 1
Si vous saviez, quand ma main presse Votre main, de quelle pitié, De quelle ineflfable tendresse S'émeut pour vous mon amitié !
Pauvres âmes désemparées !
Puisse-t-elle vous tenir lieu De l'amour dont vous a sevrées Ce siècle froid, le monde et Dieu 1