FEMMES D ALGER 34I
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OuR la terrasse au nord, auprès d'un laurier-rose,
Le visage voilé, la femme arabe pose,
Toute en blanc, et la laine, aux grands plis ondulants.
Dessine avec ampleur ses contours opulents.
Seuls deux grands yeux tout noirs, pareils à deux étoiles,
Brillent d'un sombre éclat dans la blancheur des voiles.
Elle reste immobile, et le peintre à ses. pieds
N'a qu'à rendre ses plis avec soin copiés,
Pour en faire un pendant à la Diane antique.
Or, comme je restais à l'ombre du portique,
« Avancez, me dit-il, j'ai toute la smala :
L'aïeule et la petite-enfant sont encor là.
Regardez 1 n'est-ce pas une double merveille ?
Vous pouvez lui parler, si vous voulez ; la vieille
Sait un peu de français, mais l'enfant, pas un mot Je m'approche et je dis à l'aïeule aussitôt. Admirant le costume et les pantalons roses, Les yeux de la fillette et ses charmantes poses : « Ne lui feras-tu pas apprendre le français? » La vieille simplement me répondit : « Jamais 1 )> Mais il aurait fallu voir de quel air farouche, Et l'horreur, le mépris, qui lui tordaient la bouche I
Mustapha d'^Alger.
DOLOROS.E 343