‹ uvres de Édouard GrenierChapitre 113 sur 128 · X.OS C\CE%ES · texte numérisé non relu

X.OS C\CE%ES

IIeureux qui tout enfant dans cette vie amère A connu le sourire et l'amour d'une mèrel Le lait de la tendresse humaine a pénétré Ce cœur où pour jamais goutte à goutte est entré Le culte et le respect attendri de la femme. C'est aux mères qu'on doit le meilleur de son âme. Heureux, et d'un bonheur plus rare et plus entier, L'homme qui peut asseoir sa mère à son foyer, Et lui rendre les soins qu'enfant il reçut d'elle. Oh ! que son sort est doux et que sa part est belle 1 Il peut guider ses pas que l'âge en sa rigueur A rendus chancelants, la serrer sur son cœur, Caresser sur son front où passait un nuage Ces cheveux que la vie a blanchis avant l'âge.

Par des propos virils ou des mots enfantins Lui rappeler parfois les jours déjà lointains, Dissiper ses regrets et ses mélancolies, Faire éclore un sourire à ses lèvres pâlies. Hélas 1 et lui cacher sous un air de gaieté Combien tout ce bonheur si grand est limité; Enfin, changeant de rôle, et fils pieux sans cesse, [usqu'à son dernier jour l'entourer de tendresse. Car lorsque sur leur front Dieu met des cheveux blancs, Nos mères à leur tour deviennent nos enfants!

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