LIVRE TROISIEME
Verklungene Lieder Aus alten Zeiten Wie kommen sie wieder In dièse Seiteii?
O daj-s of yore, Love, joy or pain, Shall you once more Rise hère again?
J 'ai laissé mon cœur au bord de la mer, Dans un bois de pins où le myrte pousse. Un silence heureux planait seul dans l'air. J'ai laissé mon cœur au bord de la mer. Nous étions assis tous deux sur la mousse : Des voiles glissaient sur le gouffre amer... J'ai laissé mon cœur au bord de la mer, Dans un bois de pins où le myrte pousse.
Quand on est à deux seuls au fond des bois, Qu'il tient de bonheur dans une heure brève ! I.à, je fus heureux comme on Test en rêve, Quand on est à deux seuls au fond des bois. Combien faudra-t-il que le jour se. lève Pour revoir cette heure encore une fois? Quand on est à deux seuls au fond des bois, Qu'il tient de bonheur dans une heure brève !
Le bonheur passé revient-il jamais?
Qu'est-ce que la vie? une feuille morte. Un pâle débris que le vent emporte.
Le bonheur passé revient-il jamais?
De tout paradis le ciel veut qu'on sorte, Et l'année, hélas! n'a pas plusieurs Mais. Le bonheur passé revient-il jamais?
Qu'est-ce que la vie? une feuille m.orte.
J'ai laissé mon cœur au bord de la mer Dans un lit de mousse et de feuilles sèches; Mais comme un instant heureux coûte cher! J'ai laissé mon cœur au bord de la mer. Fleurs du souvenir, ô fleurs toujours fraîches ! Que votre parfum est parfois amer!...
Dans un lit de mousse et de feuilles sèches J'ai laissé mon cœur au bord de la mer.
T%IOLETS LI'BXES
IN OTRE amour est né dans les bois, Comme un petit oiseau sauvage Caché dans l'ombre et le feuillage, Notre amour est né dans les bois.
Enivré de sa propre voix- Sous un ciel d'azur sans nuage, Notre amour est né dans les bois, Comme un petit oiseau sauvage.
Comme un petit oiseau sauvage Ton coeur a tremblé sous mes doigts.
Dis-moi qu'il n'est pas trop volage.
Ce cœur qui trembla sous mes doigts!
Ma tendresse sera sa cage, Nous la suspendrons dans les bois.
Comme un petit oiseau sauvage Ton cœur a tremblé sous mes doigts.
Quand ton cœur tremble sous mes doigts,
Ne regarde pas mon visage.
Cherche mon cœur, là tu me vois.
Ne regarde pas mon visage I
On le sait, l'amour n'a pas d'âge ;
Il échappe à toutes les lois.
Cherche mon cœur, là, tu me vois;
Ne regarde pas mon visage.
Nous reviendrons plus d'une fois Sous les pins au sombre feuillage Revoir la place au fond des bois, Où naquit notre amour sauvage.
Près des flots à la grande voix.
Sous un ciel toujours sans nuage.
Heureux malgré le monde et Tâge, Nous reviendrons au fond des bois.
4o6 FLEURS DE GIVRE
so-y:,'K.ET
i\ l'ombre des rameaux frémissants des Pinèdes, S'enivrer à ses pieds de silence et de paix, En regardant la mer qui ceint le cap des Mèdes, Ah! c'était le bonheur! Reviendra-t-il jamais?
Il ne reviendra pas! le mal est sans remèdes; Car l'avenir se rit des vœux que tu formais, O poète! les dieux, comme au temps des Aèdes, Jalousent les heureux et frappent les sommets.
Tu ne la verras plus, tu ne vivras plus d'elle... Mais puisque dans l'absence, elle reste fidèle Et partage en pleurant l'angoisse de ton cœur,
Puisqu'elle t'aime encor, que ta douleur soit fière ! Comme un soleil couchant qui meurt dans la lumière Ta vieillesse à la mort peut sourire en vainqueur.