FRANC IX E
Vint tomber sur mon cœur, éperdue, hors d'haleine, Prête à s'évanouir pour achever la scène. Mais mon sauveur discret, sans ajouter un mot, Salua gravement et disparut bientôt.
Le lendemain soir.
Ce sauvetage absurde, et dont je devrais rire. Me laisse en un état que j'ai peine à décrire. C'est^une impression de dépit, de regret. Où se mêle pourtant comme un plaisir secret; Un trouble, une révolte où ma fierté se blesse De n'avoir pas su mieux défendre ma faiblesse. Un homme! un étranger! quel que fût son dessein. Ne m'a-t-il pas osé presser contre son sein? Moi dont la taille est vierge encore de l'étreinte Que la mère permet à ses filles sans crainte. Quand la valse entraînante où l'ivresse du bal Les jette aux bras ners'eux de tout danseur banal ! Je sens encor la honte et le plaisir étrange D'être emportée ainsi comme par un vol d'ange. Et dans ce mouvement rapide, aérien, De sentir palpiter son cœur contre le mien. Quel est-il ? D'où vient-il ? Et comment le connaître ? N'eùt-il pas déjà dû passer sous ma fenêtre, Par politesse au moins? Il est peu curieux. Bah! c'est assez! laissons ce beau mystérieux