‹ uvres de Édouard GrenierChapitre 23 sur 128 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

Puis-je acheter trop cher le don de votre cœur? »

La voix était si douce et le propos si tendre !

Je ne me lassais point, hélas! de les entendre.

Je buvais malgré moi la douceur de ce miel ;

L'avouerai-je? un moment je fus presque entraînée.

Mais je suis du pays où Jeanne d'Arc est née.

Tout à coup une image aux regards anxieux,

Terrible, se dressa lentement sous mes yeux :

Une femme immortelle et sainte, la Patrie,

Toute navrée encor des coups qui l'ont meurtrie,

M'apparut dans sa triste et suprême beauté.

Avec mon père en deuil debout à son côté...

Le grand amour vainquit. Dieu prit en main la barre.

« Adieu, dis-je à Karol, adieu ! tout nous sépare.

— Ah ! vous ne m'aimez pas, dit-il. — Je vous aimais,

Et je vous quitte, adieu! — Pour jamais? — Pour jamais!

Il étendit la main sans rencontrer la mienne.

Frémissant, l'œil en feu, plein de rage et de haine,

Il partit. J'écoutai longtemps ses derniers pas.

Et Gritty me reçut mourante dans ses bras.

T)eux

après.

Ils se sont rencontrés sous les pins dès l'aurore, Paul est tué. Karol, quoique atteint, vit encore. Est-ce assez de douleurs, de remords et d'effroi? Seigneur! qu'ai-je donc fait? que voulez- vous de moi?

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