LIVRE III
Juin iSSi.
Comme l'âme a de peine à vaincre ses penchants ! Nos instincts sont-ils donc par nature méchants ? Malgré ma vie active et si bien occupée, Malgré tout mon vouloir, je sens par échappée Mon courage mollir, et dans mon faible cœur Pénétrer le venin de la vieille langueur ; Et je me laisse aller à la mélancolie. Mais bientôt, rougissant de ma lâche folie, Je me dis • N'es-tu pas la fille d'un soldat? Et je reprends ma tâche et retourne au combat. Quand je sens revenir ces heures de faiblesse. Je vais trouver madame Heller; je me confesse, Je lui conte ma peine, et toujours je reviens Plus forte, plus heureuse, après ces entretiens. Sa grande âme est un lac calme, profond, limpide. Que n'atteint nul orage et que nul vent ne ride, Où chacun peut puiser, comme en un réservoir, La paix, la foi, la force et l'amour du devoir.
Juillet iSSi.
Je vais au cimetière et j'y reste des heures A rêver longuement, et ce sont les meilleures.