‹ uvres de Édouard GrenierChapitre 35 sur 128 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

Karol épouse Olga 1 — Véra craint, me dit-elle, La douleur que me peut causer cette nouvelle, Ht cherche à prévenir le hasard indiscret Qui brusquement peut-être un jour me l'apprendrait.

Je viens de lui répondre, et la bonne marquise

Sera sans doute aussi contente que surprise

De voir sa crainte vaine et combien peu d'effet

C ' grand événement si terrible m'a fait.

11 n'en eût pas été, certe, ainsi, l'autre année.

Moi-même, à dire vrai, je suis tout étonnée

De cette indifférence et du calme profond

Où je suis. J'ai sondé mon âme jusqu'au fond;

Dans ses derniers replis m'efforçant de descendre.

De cet amour éteint j'ai remué la cendre;

Pas la moindre étincelle au foyer n'a jailli;

Pas une seule fibre au cœur n'a tressailli ;

Tout était mort, bien mort, ni regret, ni tristesse.

Plus rien. Oh! quel bonheur! quelle immense allégresse!

Ainsi donc je suis libre ! et ce récent passé.

Qui m'a fait tant souffrir, est donc bien effacé,

Puisque ma vanité même n'est pas saisie

De la plus vague et plus lointaine jalousie I

Chère Olga! vous avez été bonne pour moi;

Recevez tous mes vœux! ils sont de franc aloi.

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