EPILOGUE
'Deux ans après.
VJ ne dernière fois je prends encor la plume, Et puis je fermerai pour jamais ce volume. Franz, pour qui je n'ai rien de caché, Franz l'a lu Du premier au dernier feuillet ; car j"ai voulu Que mon époux connût et ma vie et mon âme, Et qu'il pût posséder ainsi toute sa femme. Son grand cœur a compris la franchise du mien.
A ce trop long récit il ne manque plus rien Qu'un cri de gratitude ineffable et ravie Pour tous les biens dont Dieu comble à présent ma vie. Oh ! oui, je suis heureuse, et d'un bonheur si grand Que je suis éblouie et que la peur me prend ! Quel lot ! Franz et sa mère, et Gritty ! puis pour clore Le rêve de ma vie, un enfant que j'adore...
Il6 FRANGINE
Ne dois-je pas sans fin crier à Dieu : merci 1
Car c'est près d'un berceau que j'écris tout ceci.
Un enfant! un petit garçon qui lui ressemble 1
Un pauvre être innocent que nous aimons ensemble !
Que de félicités! et comment notre cœur
Peut-il sans se briser suffire à ce bonheur?
Il est déjà très beau ; plus tard il sera brave ;
Ainsi que son aïeule il sera digne et grave ;
De son père il aura la secrète grandeur,
La fermeté, l'esprit et la rare candeur.
Mutilée ou complète, il aimera la France;
Il sera le soldat de sa juste espérance;
Et tant que ce grand jour ne sera pas venu,
Nous guiderons ses pas au roc du mont Chesnu.