O POESIE
Ton ambroisie ? ah ! c'est l'ivresse Du travail et son saint tourment, L'indulgence dans la tendresse, Le bonheur dans l'apaisement;
C'est l'espoir et la foi première Qui nous reviennent plus profonds :
C'est la grandeur dans la lumière, L'essor charmé loin des bas-fonds.
O poésie! ô poésie 1 Reste-moi jusqu'au dernier jour !
Ce cœur que rien ne rassasie Trouve en toi son dernier amour.
LE J.iXfDin.
1 AN DIS qu'au coin du feu nonchalamment assise, Pour oublier le froid, le brouillard et la bise, Vous rêvez ou lisez peut-être des romans (A moins que vous n'ayez d'autres amusements), Moi, je vis au soleil, et je passe ma vie En plein air, au jardin, et j'ai l'âme ravie. Ce jardin est charmant, c'est un séjour divin. Comme un long promontoire entre un double ravin, Il s'allonge au penchant de la verte colline, Et regarde la mer, que de loin il domine. A travers les rameaux qu'agite un vrai zéphyr. On voit la nappe bleue en golfe s'arrondir, Et pqur mieux couronner cet horizon sublim.e. Le Djurdjura neigeux élève au fond sa cime. On se croirait aux jours les plus beaux du printemps : Le soleil verse à flots ses rayons éclatants. Et partout sous mes pas des fleurettes sans nombre,