COS^C'ME'H.T
A MADAME
'J IGNORE comment je vous aime, Mais je vous aime infiniment.
Au fond, tenez-vous bien vous-même A préciser ce sentiment?
Q.u'il soit une amitié trop tendre, Un pâle amour silencieux.
Cette flamme n'a pas de cendre Et ce rêve est délicieux.
Cette tendresse aérienne Qui plane sur vous doucement, Sans que nulle tempête vienne Troubler la paix du lac dormant;
Cette attention inquiète Qui vous fait le centre de tout, Ce regard dont l'ardeur discrète Vous suit de près, de loin, partout;
Ce sentiment qui remplit l'âme.
Et dont on n'est jamais lassé, Vaut mieux que les rêves de flamme Et les orages du passé.
La fleur de l'âme s'y respire Et s'y cueille même parfois, Sans que le réel nous déchire Et nous ensanglante les doigts.
Laissons-le se nommer lui-même :
Amie, amante, femme ou sœur, Qu'importe! il suffit que l'on s'aime Et que la vie ait sa douceur.