‹ Œuvres de Frédéric le Grand (volume 3)Chapitre 35 sur 97 · DES G£OM£TR£S SUR LA POKSI · texte numérisé non relu

DES G£OM£TR£S SUR LA POKSI

intégral et infinitésimal. Ces barbares prétendmt nous couvrir de ridicule en rapportant qu'un grand poëte s*étaît vanté d'avoir mis

le mot de perruque dans un vers; ' ifu ils jie rougissent donc pas d appreiulrc ce qu'ils traiteuL eu air de dédain et d'orgueil.

La poésie fraH(,'aise attache par délicatesse une idée basse à de cert^iins mots pojtulaires, quil faut périphraser quand on a absolument besoin de s'en servir; cette gêne coûte, parce quil faut exprimer une idée commune par un tour noble. Racine a même singulièrement réussi à enchevêtm* de ces termes bas entre des épithètes nerveuses qui les éclipsaient, pour ainsi dire. £n voiet im exemple :

Et son coips désormais privé de sépulture Des chiens dévorants deviendra la pâture, b

Il faut avoir fait soi-même beaucoup de vers pour sentir tout le mérite de la difficulté vaincue; mais qu*est-ce que des vers pour des despotes du firmament? Ces mêmes despotes ont observé, à ce qu'il parait, par un tube défectueux, que les vrais poëtes dédaignaient les idées riantes; ils n'en ont point euxmêmes, les pauvres gens, et ils l'avouent assex naturellement, quand ils nous assurent qu'ils s'ennuient de tout. Laissons -les bdiller tout à leur aise, fût-ce au troisième ciel, et ne renonçons aux idées riantes que dans les tragédies et les élégies. Ils ne s'en tiennent pas là, tout en bâillant; ils veulent nous enlever la province de la mythologie; mais nous les accableroas des foudres du redoutable Despréaux :

Bientôt ils déiVruironl de peindre la Prudence, De donner k Thémls ni bandeau, ni balance, etc. <^

Ds veulent bannir l'ancienne mythologie pour que nous en

• BoUeao Despréaux« JB^lre X, v. a6, tt Letirt IX, kM. de Maucroix.

^ Ces ver?, dont le seron»! est défectueux, ne sont pas deRactne; il est probable que c est une reniiniscence Inipnrfait* des vers suivants : Et moi, je lui teudais les mains pour Tembrasser; Mus j« n'ai pins trouvé qa'uft honible incUnge 0*os et de chair meurtris et trstaés dans la fange. Des lambeaux pleins de sang . et des membres afireux Que des chiens dévorants se disputaient entre eux.

Athalte, acteU, scène V.

< Boileau, L'Art poétique, chant 111, y. aa^ etaaS.

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