‹ Œuvres de Frédéric le Grand (volume 3)Chapitre 53 sur 97 · IX. DIALOGUE DE MORALE · texte numérisé non relu

IX. DIALOGUE DE MORALE

stériles, qui ne portent point de fruits» on lejette également les débauchés, les fiiînéants, et toute cette race d'hommes oisifs et

pour la plupai't pervers qai se concentrent en eux-mêmes, et, contents de tirer des avantages de la société, ne contribuent en rien à son utilité. Pour moi, je voudrais, si je puis y réussir, aller au delà de mes (l«n'fHrs. (lue noble émulation m'excite à imiter de grands exemples. Pourquoi jugez -vous assez niai de moi pour me croire incapable des efîorts de vertu dont d'autres hommes nous ont fourni les modèles? Ne suis -je pas doué des mêmes organes qu*eux? M'ai -je pas un eœur capable des mêmes sentiments? Ferai-je rougir mon siècle, et, par une conduite lâche, donneral-je lieu de soupçonner que notre génération dégé* nère des vertus de ses aïeux? Après tout, ne suis* je pas mortel? Sais-je quand ma course sera bornée, et, mourir pour mourir, ne vaut-il pas mieux que mon dernier moment me couvre de gloire, et perpétue nu.m nom jus»ipia i.i lin des siècle*, <pie d'expirer après avoir mené une vie fainéante et obscure, cii pi oie à des maladies plus cruelles que les traits de Tennemi, et d'ensevelir avec moi dans le tombeau le souvenir de ma personne, de mes actions et de mou nom? Je veux mériter qu'on me connaisse, je veux être vertueux, je veux servir ma patrie, et je veux occuper mon petit coin dans le temple de la Gloire.

Dbmamdk. En pensant ainsi, vous l'occuperez sans doute. • Platon a dit que la dernière pasrion du sage, c'était Famour de la gloire. Je suis ravi de vous voir dans d'aussi bonnes dispositions. Vous savez que le véritable hooheur des hommes consiste dans la vertu. Persévérez dans ces nobles smtbnents, et vous ne man(piere/. ni d'amis pendant votre vie, ni de réputation après votre mort.

Page 1