XI. EXAMEN DE L'ESSAI
taifomier, leur goÂt pour le mcrveilkiiz, la piiÎMaiioe du éetf/t el l» moyens qa'U a pour ae loatenir. Ainsi, dans im pays peuplé de seize millions d*âines, comme on les compte tn France, il-&ul des le début renoncer à la conversion de quinse millions huit cent mille âmeS) que des obstacles insunnontaUes attachait à leurs opinions; reste donc à deux cent mille pour la philosophie. C'est beaucoiip, et je n'entrepi'endrais jamais de donner le même tour de pensée à ce grand nombre, aussi dillerent par sa compréhension, son esprit, son jugement, sa manière d'envisager les choses, que par les traits qui diâtinguent les physionomiesi. Supposons encore que les deux cent mille prosélytes aient re^^ les mêmes instructions; chacun n*en aura pas moins ses pensées originales, ses opinions séparées, et peut-être il ne s*en trouvera pas deux dans cette multitude qui penseront de même. Je vais plus loin, et j*ose presque assurer que, dans un Etat où tous les préjugés seraient détruits, il ne se pesterait pas trente .années, qu*on en verrait renaître de nouveaux, et qu'enfin les erreurs s'étendraient avec rapidité, et l'inonderaient entièrement. Ce qui s'adresse à l'imagination des hommes l'emportera toujours sur ce qui parle ^ lem' entendement. Knriii j'ai prouvé que de Umi temps l'erreur a dominé dans le momie: cl romme une cliose aussi constante peut élre eavlsagée comme une loi générale de la nature, j'en conclus que ce qui a été toi^ours sera toujours de même.
Il faut cependant que je rende justice à l'auteur, quand elle lui est due. Ce n est point la force qn'H se propose d'employer pour faire des prosélytes à la vérité; il insinue qu'il se boine à ôter aux ecclésiastiques Téducation de la jeunesse, dont ib sont en possession, pour en charger des philosophes; ce qui préservera et garantira la jeunesse contre ces préjugés religieux dont jusqu'à présent les écoles l'avaient infectée dès la naissance. Mais j'ose lui représenter que, si même il avait le pouvoir d exécuter ce projet, son alleuLe se trouverait troinj»* *' , en lui citant un t'xcniple de ce qui se passe eu France, presque sous ses yeux. Les cal\ inistes s'y trouvent dans la contrainte d'envoyer leurs enfants aux écoles catholiques : qu'il voie ces pères, comme à leur retour ils sermoimeut leurs enfants, comme ils leur font répéter le catéchisme de Calvin, et quelle horreur ils leur inspirent pour le papisme.
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Ce fait est non seulement connu, mais il est de plus évident que sans la persévérance de ces chefs de famille, il y a longtemps qull n y aurait plus de huguenots en France. Un phUosophe peut s*élevcr contre une teUe oppresnon des protestants, mais il n'en doit pas suivre Texemple; car c*est une violence d*6ter aux pères la liberté d'élever les enfants selon leur volonté; c'est une violence d'envoyer ces enfants à l'école de la relisjion naturelle, quand les pères veulent qu'ils soient catholiques ( onune eux. Un philosophe persécuteur serait un monstre aux yeux du sage; la niodératiou, l'humanité, la justice, la tolérance, ces vertus doivent le caractériser^ U faut que ses principes soient invariables, que ses paroles, ses projets et ses actions y répondent en conséquence.
Passons à Fauteur son enthousiasme pour la vérité, et admirons Tadresse dont il se sert pour arriver à ses fins. Nous avons vu qu'il attaque un puissant adversaire, la leUgion dominante, le sacerdoce qui la défend, et le peuple superstitieux rangé sous ses étendards. Mais comme si ce n'en était pas assez pour son courage d'un ennemi aussi redoutable, })our illustrer son triomphe et rendre sa victoire plus éclatante il en excite encore un autre; il fait une vigoureuse sortie sni- le gouvernement, il foutrage avec autant de grossièreté que d'indécence, le mépris ([u'il en témoigne révolte les lecteurs sensés. Peut-être que le gouvernement, neutre, aurait été le spectateur paisible des batailles qu aurait livrées ce héros de la vérité aux apôtres du mensonge; mais lui-même il force le gouvernement de prendre fait et cause avec l'Église pour s'opposer à Tennemi commun. Si nous ne respections pas ce grand philosophe, nous aurions pris ce trait pour une saillie de quelque écolier étourdi, qui lui mériterait une correction rigoureuse de ses maîtres.
Mais ne peut -on faire du bien à sa patrie qu'en renversant, qu'en bouleversant tmit l'ordre établi? et n'y a-t-il pas des m(j\ens plus doux qui doivent, par prédilection, être choisis, employés, et préférés aux autres, si on veut la ser\'ir utiJemeut? Hoire philosophe me parait tenir de ces médecins qui ne connaissent de remèdes que fémétique, et de ces chirurgiens qui ne savent faire que des amputations. Un sage qui aurait médité sur les maux que l'Église cause à sa patrie ferait sans doute des efforts
XL EXAMEiN DE L'ESSAI
pour l'en délivrer; mail il agirait avec circon^etion. Au lieu de renvener un ancien édifice gothique. Il s'appBquerait à loi ^Vter les défauts qui le défigurent; il décréditerait ces fiiUes absurdes qui servent de pâture à rhnbéeînjté publique; il s'élèverait contre ces absolutions et ces indulgences qui ne sont que des encouragements au crime, par la facîKté que trouve le pénitent à les expier et en même temps à calmer ses remords; il déclamerait contre toutes ces compensations que TEglise a introduites poui' racheter les plus grands forfaits, coiiUc ces pratiques extérieures qui remplacent des vertus réelles par des momcries puériles; il crierait contre ces réceptacles de fainéants qui subsistent aux dépens de la partie laborieuse de la nation, contre cette multitude de cénobites qui, étoufïant rinstinct de la nature, contribuent, autant qu'il est en eux, au dépérissement de Fespèce humaine; il encouragerait le souverain k borner et restremdre ee pouvoir énomie dont le clergé fait un usage coupable envers son peuple et envers lui, à lui dter toute influence dans le gouvernement, et à k soumettre aux mêmes tribunaux qui jugent les laïques. Par ce moyen, la religion deviendrait une matière de spéculation indifférente pour les mœurs et pour le gouvernement, la superstition diminuerait, et la tolérance deviendrait de jour en jour plus unîverseDe.
Venons à présent à l'artide où Fauteur traite de la poHlique. Quelque détour dont il se serve pour ne paraître envisager cette matière qu'en général, on s'aperçoit cependant (jii il a toujours ia France devant les yeux, et qu'il ne sort pas des limites de ce royaume. Ses discours, ses critiques, tout s'y rapporte, tout y est relatif. Les chargts de la justice ne se mondent (inen France; aucun Etat n'a autant de dettes que ce royaume ; en aucun lieu on ne crie tant contre les impôts. lisez les remontrances du parie* ment ctmtre certains édits bursaux, et nombre de brochures sur le même sujet; le fond des plaintes qu'il pousse contre le gouvernement ne peut s'aj^quer k aucun pays de r£urope qu'à la France; c'est dans ce royaume uniquement que les r ev ens se perçoivent par des traitants. Les pliOosophes anglais ne se plaignent point de leur clergé; jusqu'ici je n'ai entendu parier ni de philosophe espagnol, ni portugais, ni autrichien; ee ne peut donc être qu'en Fianoe 0h les philosophes se phdg&ent des prêtres;
enfin tout désigne «a patrie, et il lui serait aussi difiScile qu'impossible de nier que ses satires s'y adressent direetement.
11 a cependant des momimts où sa eolàre se eafane , et ou son
esprit plus tranquillisé hn permet de raisonner avec plus de sagesse. Lorsqu'il soutient que le devoir du pnnce est de faire le bonheur de ses sujets, tout le monde convient avec lui de cette ancienne vérité. Lorsqu'il assure que l'ignorance ou la paresse des souverains est préjudiciable k leurs peuples, on Tassureque chacun en est persuadé. Lorsqu'il ajoute que l'intérêt des monarques est inséparablement Ké avec celui de leurs sujets, et que leur gloire consiste à régner sur une nation heureuse, personne ne lui disputera révidence de ces propositions. Mais quand, avec un acharnement violent et les traits de la plus àcre satire, il calomnie son roi et le gouvernement de son pays, on le prend pour un frénétique échappé de ses chaînes et livré aux transports les plus violents de sa rage.
Quoi ! HK in sieur le philosophe, protecteur des mœurs et de la vertu, ignorez -vous qu'un bon citoyen doit respecter la forme de gouvernement sous lacjueile il vit? Ignorez- vous qu'il ne convient point à un particulier d'insulter les puissances, qu'il ne faut calomnier ni ses confrères, m ses souverains, ni personne, et qu'un auteur qui abandonne sa plume à de tels excès n'est ni sage ni philosophe?
Rien ne m'attache personnellement au Roi Très -Chrétien, « j*aurai8 peut-être autant à me plaindre de lui qu*un autre; mais Pindignation contre lee horreurs que Tautenr a vomies contre lui^ et surtout Tamour de la vérité, plus forte que toute antre eonsî-
de ra lion, m'obligent à réfuter des accusations aussi fausses que
révoltantes.
Voici ces chefs d'accusation. L'auteur se plaint qne les premières maisons de France sont seules eu possession des premièi"cs dignités; qu'on ne distingue point k mérite; qu'on honore le clei|;é, et qu'on méprise les philosophes; que l'ambition du souverain adlume sans cesse de nouvelles guerres ruineuses; que deshour* reanx mercenaires, épithète élégante dont il honore les guerriers, jouissent seuls des récompenses et des distinctions; que les charges de justice sont vénales, les lois mauvaises, les imp^U excessift,
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les vezatiom intolérables, et réducation des souTeraios aussi mal
entendue que blâmable. Voici ma réponse.
L'avantage de FEtat demande que le prince reconnaisse les services importants rendus an gom ernement; cL lorsque ses récompenses s'étendent jusqu au descendants de ceux qui ont bien mérité de la pallie, c'est le plus grand enoouragenunL (|u'il puisse donner aux talents et h la vertu. Prodaiic dos f;i milles devenues florissantes par les belles actions de leurs ancèties, n'est-ce pas exciter le public à bien servir l'État pour laisser sa postérité comblée de semblables bienfaits? Chez les Romains, Tordis des patriciens l'emportait sur celui des plébéiens et sur celui des chevaliers; il n'y a qvCeti Turquie où les conditions soient confondues, et les choses n'en vont pas mieux. Dans tous les États de r£arope la noblesse jouit des mêmes prérogatives. La roture se fiwye quelque* fois le chemin aux places distingiuées, quand le génie, les talents et les services Tomoblissent. D*ailleur8, ce préjugé, si vous voulez le qualifier ainsi, ce préjugé, dis -je, si généralement reçu, empêcherait même le roi de France d'envoyer un roturier en mission à de certaines cours étrant;t i es. Ne pas rendre à la naissaiice ce qui lui est dù n'est point l'efTet d'une liberté philosophique, mais d'une vanité bourgeoise et ridicule.
Autre plainlt^ de l'auteur, de ce qu on ne distingue point en France le mérite personnel. Je soupçonne apparemment que le ministre se trouve en défaut envers lui, et coupable de lui avoir refusé quelque pension , ou de n'avoir pas découvert dans son galetas ce sage précepteur du genre humain, si digne de l'assister, que dis -je? de le diriger dans ses travaux politiques. Vous assu* rez, monsieur le philosophe, que les rois se trompent souvent dans le choix qu'ils font des personnes qu'ils emj^oient Rien de plus vrai; les raisons en sont faciles à déduire : ib sont hommes, sujets aux erreurs comme les autres. Ceux qui aspirent aux grands emplois ne se présentent jamais à leurs yeux que le masque sur le visage. Il arrive sans doute que les rois se laissent surprendre; les artifices, les ruses, les cabales des courtisans peuvent prévaloir dans de certaines occasions : mais si leur choix n'est pas toujours heuicux, ne les en accusez pas seuls. Le vrai mérite et les hommes à talents supérieurs sont beaucoup plus rares en tout
SUR LES PRÉJUGÉS. t4i
pays que ne Fimagine wtk rêveur spéculatif qui n*a que des idées
théoriques d'un monde qu'il n'a jamais connu. Le mérite n'est pas récompensé, c est une plainte de tout pa^ s ; Lo ut présomptueux peut dire : J'ai du ^énie et des talents, le gouvernement ne me distingue pas; donc il manque de sagesse, de discernement et de justice.
J^otre philosophe ensuite s'échauffe dans son harnois, en traitant un sujet qui Imtéresse plus dh^ectement. 11 parait excessivement irrité de ce qu*on préfèiiî, dans sa patrie, les apôtres du mensonge à ceux de la vérité. On le prie de faire quelques légères réflexions, peut-être indignes de l'impétuosité de son génie, mais toutefois capables d'apaiser sa colère. Qu'il se rappelle que le clergé forme un corps considérable dans l'État, et que les philosophes sont des particuliers isolés. Qu'il se souvienne de ce qu'il a dit lui-iJiéme, que ce clergé puissant par i aulorité qu il a su prendre sur le peuple, s'étant rendu redoutable au souverain, doit être ménage à raison de son pouvoir. Il faut donc bien, par la nature des choses, que ce cierge jouisse de prérogatives et de distinctions plus marquées qu'on n'en accorde communément à ceux qui par état ont renoncé à toute ambition, et qui, au-dessus des vanités humaines, méprisent ce que le vulgaire désire avec tant d'empressements Notre philosophe ignore- 1 -il que c'est le peuple superstitieux qui enchaîne le monarque jusque sur le trône? C'est le peuple qui le contraint a ménager ces prêtres récalcitrants et factieux, ce clergé qui veut établir statum in statu , et qui est encore capable de reproduira dès scènes aussi tragiques que celles qui terminèrent les jours de Henri 111 et du Lon roi Henri IV. Le prince ne peut toucher au culte étfihil (ju'avec dextérité et délicatesse. S'il en veut à l'édifice de la superstition, il faut qu'il v aille a la sape; mais il risquerait trop, s'il entreprenait de 1 abattre ouvertement. Lorsqu'il arrive par hasard que des philosophes écrivent sur le gouvernement sans connaissance et sans circonspection, les politiques les prennent en pitié, et les renvoient aux premiers éléments de leur science. U faut se défier des spéculations théoriques, elles ne soutiennent pas le ereuset de rexpérience. La science du gouveniement est une science à part; pour en parler congrûment, il &ttt en avoir fiât une longue étude* Ou Ton
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s'égare, ott Ton propose des remues pires que le mal dent on se
plaint; et il peut arriver qu'avec l>e«ucoup d'esprit on ne dise que
des sottises.
Voici une autre déclamatîr)n cnufre l'ambition des princes. Notre auteur est hors de lui-même, il ne ménage plus les termes; il accuse les souverains d'être les bouchers de leurs peuples et de les envoyer égorger à la guerre pour divertir leur ennui. Sans doute qu'il s'est fait des guerres injustes, qu'il y a eu du sang r^andu qu'on aurait dû et qu'on aurait pu ménager. Gela n'em* péehe pas qu'il n'y ait plusieurs eas où les guerres sont néees* saires, inévitables et justes. Un prince doit défendre ses alliés quand Ils sont attaqués. Sa propre conservation Foblige à main* tenir par les armes réquilibre du pouvoir entre les puissances de l'Europe. Son devoir est de défendre ses sujets contre les invasions des ennemis; il est très -autorisé à soutenir ses droits, des successions qu'on lui dispute, ou autres choses pareilles, en repoussant Fin justice qu'on lui fait, par la force. Quel arbitre ont les souverains? Qui sera leurjiii,'e? Comme donc ils ne peuvent plaider leur cause devant aucim tribunal assez puissant pour prononcer leur sentence et la mettre en exécution, ils rcnti'ent dans les droits de la nature, et c*est à la force d'en décider. Crier contre de telles guerres , Injurier les souverains qui les font, c*est mar^ quer plus de baine pour les rois que de commisération et d'bumanité pour les peuples qui en souffrent indirectement. Notre philosopbe approuverait -il un souverain qui, par pusillanimité, se laisserait dépouiller de ses Etats, qui sacrifierait l'honneur, l'intérêt et la gloire de sa nation au caprice de ses voisins, et qui, par d'inutiles efforts pour cons<M vcr la j)aix. se perdrait, lui, son État et ses péiijili s":' Marc-Aurèle, Trajaa, Julien furent conlinuellement en guerre, cependant les philosophes les louent; pourquoi blâment -ils donc les souverains modernes de suivre en cela leur exemple?
Non content d*insulter à toutes les têtes couronnées de VEurope, notre pbilosopbe s'amuse, en passant, à répandre du ridi> cule sur les ouvrages de Hugo Grotins. J'oserais croire qu'il n'en sera pas cru sur sa parole, et que le Droit de la guerre et delà paix ira plus loin à la postérité que VEfSùi sur les préjugés*
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SUR ^£S PRÉJUGÉS. i43
Apprenex, ennemi des rois, apprenes, Bnitos moderne, que les rois ne sont pas les seuls qm font la goerae; les républiques en ont fait de tout temps. Ignorez-vous que celle des Grecs, dans
des dissensions continuelles, fut sans cesse en proie aux g^uerres civiles? Ses annales contiennent une suite continuelle de connbats contre les Macédoniens, les Perses, les Carthaginois et les Knniaids, jusqu'au temps que la liariic des Etoliens accéléra sa ruine entière. Ignorez- vous qu'aucune monarchie n'a Hé plus guerrière que la république romaine i' Pour vous faire une récapitulatiou de tous ses faits d'annes , je serait obligé de vous copier son his« toire d'un bout à l'autre. PassoQS aux républiques modones. Celle des Vénitiens a combattu contre celle de Gènes» contre les Turcs, contre le pape, contre les Empereurs, et contre votre Louis XII. Les Suisses ont soutenu des guenes contre la maison d'Autriche et contre Charles le Hardi» duc de Bourgogne; et, pour me servir de vos nobles expressions, plus bouchers que les rois, ne vendent -ils pas leurs citoyens au service des princes qui se battent? L'Angietene, autre république, je ne vous en dis rien; vous savez par expérience à cette puissance fait la guérie, et comme elle la fait. Les Hollandais, depuis la fondation de leur république , se sont mêlés de tous les troubles de l'Europe. La Suède a fait autant de guerres dans un temps donné, étant répubiique, quelle en a en ti épris étauL monarchie. Quant à la Pologne, je vous deiiiiinde ce qui s'y passe à présent, ce qui s'y est passé dans ce siècle, et si vous croyez qu'elle a joui d'une paix perpétuelle. Tous les gouvernements de r£urope et de tout l'imivers, j*en excepte les quakers, sont donc, selon vos principes, des gouvernements tyranniques et barbares. Pourquoi donc accu* ger les monarchies seules de ce qu'elles ont de commun avec les républiques?
Vous déclamez contre la gueire. ïllle estiuneste en elle-même; mais c'est un mal comme ces autres fléaux du ciel qull faut supposer nécessaires dans Farrangement de cet univers, parce qu'ils arrivent périodiquement, et qu'aucun siècle n*a pu se vanter jusqu'à présent d*en avoir été exempt. Si vous voulez établir une paix perpétudJe, transportez -vous dans un monde Idéal où le tien et le mien soient inconnus, uu. les pnuces, leurs mioisties et