XI. £XAM£N D£ L*£S^A
leurs sujets soient tous sans passions, et où la raison soit généra^ lement suivie; ou bien assodes-yous aux projets de défiiot Falibé de Saint- Pierre;* ou, si eela vous répugne, parce qu*il a été
prêtre, laissez aller les choses leur train; car dans ce monde -ci il faut vous attendre qu'il y aura des guerres, comme il y en a toujours eu depuis que les actions des hommes nous ont été transmises et connues.
\ oyons à présent si vos exagérations vagues contre le gouvernement français ont quelque fondement. Vous accusez Louis XV, en le désignant et sans le nommer, qu'il n'a entrepris que des gueires injustes. Ne pensez pas qu'il suffis^ d'avancer de tels faits avee autant defîronterie que d'impudenee; il faut les prouver, ou, tout philosophe que vous voulez paraître, vous passerez pour un insigne calomniateur. Examinons donc les pièces du prooës, et jugeons si les raisons qui ont déterminé Louis XV aux gueires qu'il a entreprises ont été mauvaises ou valables. La première qui se présente est celle de 1733. Son beau «père est élu roi de Pologne. L'empereur Charles VI, ligué avec la Russie, s'oppose à cette élection. Le roi de France, ne pouvant atteindre à la Russie, attaque Charles VT pour soutrair les droits de son beaupère deux fois élevé sur le même trône; et ne pouvant prévaloir en Pologne, il procure eu dédommagement la i^orraine au roi Stanislas. Condamnera- 1- on un lieaii-fds qui assiste son beaupère, un roi qui soutient lt"s droite d Hno nation libre dans i>ts élections, un prince qui empêche des puissances de s'arroger le droit de donner des royaumes? A moins que d'être transporté d'une anîmosité et d'une haine implacable, il est impossible de blâmer jusqu'ici la conduite de ce prince.
La seconde guerre commença en i j^i ; elle se fit pour la succession de la maison d'Autriche, dont l'empereur Charles VI, dernier mâle de cette maison, venait de mourir. Il est eertdn que cette fameuse pragmatique sanction sur laqudle Charles VI fondait ses espérances ne pouvait déroger aux droits des maisons de Bavière et de Saxe à la succession, ni porter le moindre préjudice aux prétentions que la maison de Brandebourg formait sur quelques dficbés de la Silésie. Il était très-vraisemblable, aucom-
* Voyei ci - dessus , p. 33.
SUR L£S PRÉJUGÉS. i45
inencemetit de cette guerre, qu'une année fraiiçaise envoyée alors en Allemagne rendiaiL Louis XV l'arbitre de ces princes qui étaient en litige, et les obligerait, selon sa volonté, de s'accommoder à l'amiable pour cette succession. 11 est sûr qu après le rôle que la France avait joué à la paix de Westphalie, elle ne pouvait en jouer ni de plus beau ni de plus grand que celui-là. Mais parce que la mauvaise fortune et toute sorte d'événements concounirent à déranger ces desseins, faut- il condamner Louis XV, parce qu^une partie de cette guerre fut malheureuse? Un philo^ sophe doit- il juger d*un projet par révénement? Mais il est plus facile de dire des injures à tout hasard que d*ekaminer et de réfléchir à ce qu'on veut dite. Quoi! cet homme qui se donne, au commencement de son ouvrage, j>oiu' un zélateur de la vérité, n'est qu'un vil exagéra leur qui associe le mensonge à sa méchanceté pour insulter les souverains!
J'en viens h la guerre de ij'Si]. il faut (]ue cet auteur des Pré- Jugés ait bien des préjugés lui-même, et beaucoup d'aigreur contre sa patrie, s'il ne convient pas de bonne foi que ce fut alors l'Angleterre qui força la France à prendre les armes. Reconnaîtrai -je ce tyran sanguinaire et barbare que votis nous peignes avec de sa sombres couleurs, dans le pacifique Louis XV, qui usa d'une patience et d*une modération angélique avant de se déclarer contre ÎÂngleterre? Que peut- on lui reprocher? Prétend- on qtt*0 ne devait pas se défendre? Mon ami, ou tu es un ignorant, ou tu as le cerveau bnUé, ou tu es un insigne calomniateui-, rboisis; mais poui- philosoplie, tu ne Tes pas.
En voilà pour les souverains, 'a Qu'on ne s'imagine pas que l'auteur ménage davantage les autres conditions; chacune est en butte à ses sarcasmes. Mais .avec quel mépris insultant, avec quelle indignité ne traite-t-il pas les gens de guerre ! A l'entendre, il semble que ce ne soient que les plus vils excréments de la société* Mais en vain son orgueil philosophique tente-t^il d'abaisser leur mérite; la nécessité de se défendre en fisra toujours sentir le ^rix. Mais soui&irons-nous qu'un cerveau brûlé insulte au .
Ce morrp.in -i ét»^ fourni par un militaire iadigné du silence de ses confrères, pour (|ue les plul<>M)|)lL( s ne prisseiil pan leur silence pour uu couseutcment tacite aux sottises c[u xis se suui mis eu goût de leur dire depuis un certain temps.