I. (a) ODE A MON FRÈRE HENRI
Mais ses rayons vaillants au point du jour éclipsent Ces flambeaux lumineux, ces astres qui pâlissent, Et l'obscurité fuit
Et telle m apparaît couverte de ténèbres Ma patrie éplorée, à ses voiles funèbres
Attachant ses regards, "De nos calamités l'àme encore effrayée, Sur nos lauriers flétris tristement appuyée ,
Maudissant les hasards.
Mais le cœur déchiré de ses maux mémorables, Et courbé sous le poids des fléaux implacables
Contre elle déchaînés, J'entrevois, à travers cette ombre que j'abhorre , Les prémices charmants et la naissante aurore
De ses jours fortunés.
Les dieux pour les mortels ne font plus de miracles; Entourés de périls , de dangers et d'obstacles
Qui bordent leur chemin, Ils leur ont départi l'audace, le courage, Utiles instruments dont le pénible ouvrage
•'Asservit le destin.
* Texte primitif :
•De nos fameux revers l'âme mortifiée. .
Vers amélioré, à la marge :
« De nos calamités l'âme encore effrayée. • " Texte primitif:
« Subjugue le destin. .
À la marge : « Asservit »
APPENDICE
Le tribut de la mort, qu'on paye à la nature, Peut vous rendre fameux, si vous vengez l'injure
De vos lares, Prussiens.
L'amour de la patrie, à Rome secourante, Changeait en demi - dieux de ce peuple adorable
Les moindres citoyens.
Eh quoi! notre siècle est -il donc sans mérite? Du inonde vieillissant la masse décrépite
Est -elle sans vertus?
Par ses productions la nature épuisée Laisse-t-ellc en ces temps la terre sans rosée,
L'Océan sans reflux ?
Non, non, de ces erreurs écartons les chimères. Rome, de tes guerriers les vertus étrangères
Ont illustré nos camps; Nos triomphes, témoins de cent faits héroïques, Transmettent de nos chefs aux fastes historiques
La gloire et les talents.
Vous, que notre jeunesse avec plaisir contemple , De leurs futurs exploits le modèle et l'exemple,
L'ornement et l'appui , Soutenez cet État, dont la gloire passée, Mon frère, sur le point de se voir éclipsée,
Chancelle aujourd'hui.
Ainsi les temps féconds qui jamais ne s'épuisent Te fourniront, ô Prusse! autant que d'astres luisent, D'appuis à ta grandeur;