‹ Œuvres de Frédéric le Grand (volume 4)Chapitre 69 sur 104 · I. (a) ODE A MON FRÈRE HENRI · texte numérisé non relu

I. (a) ODE A MON FRÈRE HENRI

Mais ses rayons vaillants au point du jour éclipsent Ces flambeaux lumineux, ces astres qui pâlissent, Et l'obscurité fuit

Et telle m apparaît couverte de ténèbres Ma patrie éplorée, à ses voiles funèbres

Attachant ses regards, "De nos calamités l'àme encore effrayée, Sur nos lauriers flétris tristement appuyée ,

Maudissant les hasards.

Mais le cœur déchiré de ses maux mémorables, Et courbé sous le poids des fléaux implacables

Contre elle déchaînés, J'entrevois, à travers cette ombre que j'abhorre , Les prémices charmants et la naissante aurore

De ses jours fortunés.

Les dieux pour les mortels ne font plus de miracles; Entourés de périls , de dangers et d'obstacles

Qui bordent leur chemin, Ils leur ont départi l'audace, le courage, Utiles instruments dont le pénible ouvrage

•'Asservit le destin.

* Texte primitif :

•De nos fameux revers l'âme mortifiée. .

Vers amélioré, à la marge :

« De nos calamités l'âme encore effrayée. • " Texte primitif:

« Subjugue le destin. .

À la marge : « Asservit »

APPENDICE

Le tribut de la mort, qu'on paye à la nature, Peut vous rendre fameux, si vous vengez l'injure

De vos lares, Prussiens.

L'amour de la patrie, à Rome secourante, Changeait en demi - dieux de ce peuple adorable

Les moindres citoyens.

Eh quoi! notre siècle est -il donc sans mérite? Du inonde vieillissant la masse décrépite

Est -elle sans vertus?

Par ses productions la nature épuisée Laisse-t-ellc en ces temps la terre sans rosée,

L'Océan sans reflux ?

Non, non, de ces erreurs écartons les chimères. Rome, de tes guerriers les vertus étrangères

Ont illustré nos camps; Nos triomphes, témoins de cent faits héroïques, Transmettent de nos chefs aux fastes historiques

La gloire et les talents.

Vous, que notre jeunesse avec plaisir contemple , De leurs futurs exploits le modèle et l'exemple,

L'ornement et l'appui , Soutenez cet État, dont la gloire passée, Mon frère, sur le point de se voir éclipsée,

Chancelle aujourd'hui.

Ainsi les temps féconds qui jamais ne s'épuisent Te fourniront, ô Prusse! autant que d'astres luisent, D'appuis à ta grandeur;

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